Dernière mise à jour  3/04/2012 Retour au sommaire

Bloc-notes

Dans ce bloc-notes (traduction officielle de blog), commencé en décembre 2009, et que je ne tiendrai que de façon très épisodique, en réalité assez rarement, je donnerai mon sentiment sur certains débats, exposerai certaines idées personnelles (parfois à contre courant de la pensée commune), le tout sans aucun ordre ni aucune logique, en tâchant de conserver la modération dans mes jugements, et en tâchant de ne pas être anxiogène (tendance des médias, qui aiment à annoncer et amplifier les mauvaises nouvelles, et hésitent à rapporter les bonnes !). Le monde n'est pas que noirceur et catastrophes. Pour vous en convaincre, voyez le bloc-notes participatif de bonnes nouvelles : www.des-bonnes-nouvelles.org. Je rappelerai sans doute aussi quelques faits historiques.

Sarkozy et la dette. François Hollande ne cesse de répéter que le Président de la République a "laissé filer la dette publique de 500 milliards durant son quinquennat". Or, si l'on ne tient pas compte des effets de la conjoncture économique, le déficit "structurel" de la France sera inférieur en 2012 à celui que Nicolas Sarkozy a trouvé en 2007, après plusieurs décennies de laxisme, surtout du reste des gouvernements de gauche, tant de Rocard (explosion de la dépense publique) que de Jospin (baisses importantes d'impôt, cadeaux aux riches décidés par le ministre de l'économie, Laurent Fabius, aujourd'hui donneur de leçons). En revanche, les comptes ont été améliorés durant la période 1994-1997 (gouvernements Balladur et Jupé), et les deux dernières années du quinquennat Sarkozy (selon l'Observatoire des finances) (3 avr. 2012).

Sarkozy et les inégalités fiscales. De même, contrairement à ce qu'affirment les médias et la gauche, les réformes du quinquennat de Sarkozy n'a pas accru les inégalités fiscales. Selon l'Institut des politiques publiques, si l'ISF et les droits de succession ont été allégés, le gouvernement a créé une nouvelle taxe sur les hauts revenus, a supprimé le bouclier fiscal, a relevé la taxation de l'épargne et a plafonné les niches. En définitive, les réformes se sont annulées les unes les autres, c'est-à-dire que, globalement, la fiscalité des plus riches est équivalente en fin de mandat à ce qu'elle était au début (3 avr. 2012).

De la rémunération du président de Publicis. Il a été annoncé le 27 mars 2012 que le président du directoire de Publicis Groupe (PUB.FR), Maurice Lévy, touchera plus de 16 millions d'euros de rémunération au cours des prochains mois, en plus de sa rémunération habituelle. Cette rémunération, parfaitement légale et votée par les organes sociaux, est scandaleusement excessive. Le candidat François Hollande en a profité pour fustiger le Président de la République, en oubliant de préciser que le plus important actionnaire de la société en cause est Madame Badinter, femme de gauche bien connue, épouse de l'ancien ministre Badinter. Pendant le même mois, cette pauvre Mme Badinter a vendu pour 18 millions d'actions de Publicis  (31 mars 2012)!

Du drame des assassinats de Montauban et Toulouse; de l'angélisme ou du cynisme des socialistes.  Les assassinats horribles commis par Mohamed Merah à Montauban et à Toulouse témoignent des dangers du communautarisme qui s'installe en France, que la gauche encourage et encense (tout le monde sait que Mme Aubry a décidé des horaires réservés aux femmes dans les piscines municipales de Lille, que le PS n'a pas voté les lois antiterroristes ni la loi antiburqa dans l'espace publique, dénoncée également par Jean-Marie Le Pen). Cette gauche angélique ou cynique s'oppose aux caméras de surveillance et à la création de fichiers, qui ont montré leur efficacité à la suite de ce drame. Va-t-elle enfin admettre la réalité?  Ansi, François Hollande n'a pas voté la loi Loppsi de 2002 donnant à la police judiciaire accès aux fichiers, ni la loi Perben sur les centres éducatifs fermés, ni la loi de 2003 interdisant les rassemeblements hostiles dans les quartiers sensibles, ni  la loi de 2006 contre le terrorisme, ni la loi de prévention de la délinquance de 2007, n'a pas approuvé les ordonnances de 2009 sur le financement des réseaux terroristes, s'est opposé à la loi sur la sécurité intérieure, n'a pas voté la loi de prévention de la délinquance de 2007, ni la loi instituant les peines planchers, ni celle de 2010 contre les bandes, ni celle interdisant la burqa, ni la loi de 2012 prévoyant la création de 24.000 places de prison...(31 mars 2012).

De l'inégalité en France.  
Les médias, inspirés par la gauche, répétent à satiété que la France est un pays très inégalitaire. Or, c'est inexact. La France détient le record du monde de la dépense de protection sociale (33% du PIB), le système de retraites le plus généreux de la planète (14% du PIB, alors qu'il n'est que de 8% en moynne dans les pays de l'OCDE), les écarts de revenus (après prélèvements et impôts) les plus faibles des pays développés, et alors que 20% des ménages paient presque la totalité de l'impôt sur le revenu (5/3/2012).

De l'inégalité des civilisations.  Selon l'éminent philosophe de gauche André Comte-Sponville, "Toutes les civilisations ne se valent pas, ni tout dans chacune d'elles... Disons-le donc tranquillement : de notre point de vue, non d'Européens mais de démocrates, une civilisation qui respecte les droits de l'homme est supérieure à une civilisation qui ne les respecte pas. Une civilisation qui prône l'égalité des sexes est supérieure à une civilisation qui veut maintenir les femmes en situation d'infériorité et d'oppression. Une civilisation laïque qui protège la liberté de croyance et d'incroyance est supérieure à une civilisation intégriste..." (Le Goût de vivre, Albin Michel, p. 292). Quant à l'illustre savant qu'était Claude Lévi-Strauss, il écrivait : "Il n'est nullement coupable de placer une manière de vivre ou de penser au-dessus des autres. (...) Cela peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou communauté se conservent..." (dans sa conférence Race et culture) (12/02/2012).

Une civilisation qui n'a connu ni la Renaissance ni Les Lumières est-elle égale à celle qui a connu ces périodes? La civilisation aztèque fut brillante quant à son architecture; cependant sa pratique des sacrifices humains en grande échelle ne peut pas être considéré comme un modèle. Est-ce du racisme et du colonialisme de reconnaître cela? Et cela n'empêche pas de rappeler énergiquement, comme le fait l'Eglise catholique , que les êtres humains sont tous d'une égale dignité (9/02/2012).

"Les réactions aux déclarations de Claude Guéant sur l'inégalité des civilisations oscillent entre le ridicule, le grotesque et la sottise. Le ridicule, pour ceux qui y voient le rejet du monde musulman. Le grotesque pour ceux qui y décèlent l'inspiration de l'univers nazi. La sottise, pour ceux qui utilisent le terme de civilisation pour nier qu'il soit lié aux principes républicains de liberté, d'égalité et de fraternité. Si l'on défend ces principes universels, on doit reconnaître que la civilisation qui les a instaurés est à l'évidence supérieure à celles qui sont fondées sur la tyrannie, l'inégalité des hommes et la haine des races" (du philosophe J.-F. Mattéi, La civilisation, cultures, barbarie, Le Figaro, 11 févr. 2012).

Le rapport annuel de la Cour des comptes.  Dans son rapport annuel, la Cour des comptes reconnaît que le gouvernement a commencé le travail de redressement des comptes, mais qu'il convient de le poursuivre et de l'intensifier, surtout par une réduction des dépenses publiques de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales, tout le contraire du programme de F. Hollande, qui veut augmenter massivement les dépenses publiques, comme le font du reste depuis des années toutes les collectivités territoriales dirigées par la gauche, dont la région de ce personnage (9/02/2012).
Des emplois industriels.  La France a perdu 550.000 emplois industriels entre 1998 et 2008. En revanche, depuis 2009, la courbe s'est inverseée et le pays a regagné 10% d'emplois industriels
(8/02/2012).
Des mesure sociales
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Depuis 2007, l'allocation d'adulte handicapé et le minimum vieillesse ont  augmenté de 25% ; la politique familiale qui représentait 4,7% du PIB au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy représente maintenant 5,1% du PIB ; en matière sociale, il faut aussi relever la création du Revenu de solidarité active (RSA) (6/02/2012).

La fuite des capitaux. Depuis trente ans, 25 à 30% des familles disposant d'un patrimoine supérieur à 2,5 millions d'euros ont quitté légalement la France, et son imposition élevée. Si la gauche devenait revenir au pouvoir en 2012 et appliquer son programme, une nouvelle vague massive de départs des Français les plus fortunés interviendrait, au détriment de la Nation. "Faire payer les riches" (slogan de F. Hollande) suppose qu'il reste des riches, sinon ce sont les classes moyennes qui "trinqueront"...(5/02/2012).

L'évolution des taux de chômage. La place de la France est honorable dans l'évolution des taux de chômage des principaux pays industrialisés depuis 2007. En effet, s'il fut hélas de plus de 15% sur l'ensemble du territoire, il fut de 38% en Italie et en Suède, de 48% au Royaume-Uni, de 52% en Grèce, de 95% au Danemark, de 109% aux Etats-Unis et de 142% en Espagne. Seule l'Allemagne a fait baisser son taux de 18% (26/12/2011).

L'extravagant accord Verts-PS. Chaque jour apporte son lot de révélations sur l'extravagant accord Verts-PS du 15 novembre 2011, s'ajoutant au projet socialiste, lui-même déjà largement irréaliste. Voici un florilège partiel des propositions Verts-PS: retour intégral aux 35 heures et à la retraite à 60 ans, fin  de la franchise médicale (dont ne sont pas redevables les bénéficiaires du SMU),  destinée à responsabiliser les assurés sociaux et à deminuer le déficit de la Sécurité sociale, interdiction des expulsions des locataires ne payant pas leur loyer, suppression de la RGPP (révision générales des politiques publiques), alors qu'elle permet des économies substantielles (15 milliards d'euros de 2007 à 2011), suppression des peines planchers, officialisation des langues régionales, renoncement au siège de la France à l'ONU (et, par conséquent, à son droit de veto), régularisation massive des sans-papiers, droit de vote accordé à ceux-ci aux élections municipales, fermeture de 24 centrales nucléaires (sur le nucléaire voyez plus bas) (26/11/2011). Dans le programme des Verts figure aussi l'instauration de la semaine de 32 heures (!), l'amnistie pour toutes les condamnations des sans-papiers, l'abandon des lignes à grande vitesse (LGV), la légalisation des drogues "douces", la suppression des délilés militaires...(27/11/2011).  Rappel: Plus des deux-tiers des centrales françaises ont été construites sous la présidence de Mitterrand.

À propos de l’entente franco-allemande dans la crise actuelle. La grave crise que connaît actuellement l’Europe fait regretter que les projets d’Europe politique proposés par le Général de Gaulle n’aient pas pu aboutir. Dès juillet 1960, il avait proposé la création d’organismes intergouvernementaux nouveaux, associés à des commissions, dont une pour les affaires économiques, le tout entre les six pays membres à l’époque du Marché commun. Le 10 février 1961, une réunion des chefs d’État et de gouvernement des six chargea Fouchet d’élaborer un projet précis de statut. Ce fut le fameux plan Fouchet, prêt le 19 octobre, proposant la création d’une union aux coopérations renforcées, et dotée d’organes propres. Mais, malgré l’appui d’Adenauer, l’hostilité affichée des Pays-Bas, les vives réserves de l’Italie, les hésitations de la Belgique et du Luxembourg, firent que ce plan fut ajourné sine die en avril 1962. Telle est la raison pour laquelle de Gaulle se tourna alors en juillet de la même année vers une nouvelle solution, consistant à organiser une très grande solidarité franco-allemande dans tous les domaines, dont un rapprochement des économies, qui se concrétisa par le traité de l’Élysée du 22 janvier 1963. Cependant, le ministre Allemand des affaires étrangères, Schröder, y était très défavorable, la majorité du chancelier réservée, et Adenauer subissait de fortes pressions de Kennedy qui voyait d’un mauvais œil ce traité. Si bien que, s’il fut ratifié le 16 mai par le Bundestag, ce dernier l’avait fait précéder d’un préambule restrictif qui fut perçu par le Général comme un désaveu, car il encadrait le texte et en paralysait par avance toute évolution importante vers une union franco-allemande en tant qu’entité autonome ; désabusé, il déclara ce traité a duré « ce que vivent les roses » On en resta donc là. Le président Sarkozy et la chancelière Merkel semblent décidés à renforcer les convergences franco-allemande, pour renouer avec ce précédent, qu’ils n’ont pas cité, et qu’ils ne connaissent peut-être même pas (consulter sur cette question, P. Maillard, De Gaulle et l’Europe, entre la nation et Maastricht, Tallandier, 1995, p. 191 s.) (17 nov. 2011).

Les déviations de l'Europe. L'Acte unique européen des 17 et 28 février 1986 et le traité de Maastricht ont perverti l'oeuvre des Pères de l'Europe, en diluant l'Europe dans le libre échange mondial, par la suppression de la préférence communautaire, cause des délocalisations des entreprises préférant faire fabriquer leurs produits dans des pays où la main-d'oeuvre est peu couteuse, et cause de l'invasion chez nous de produits bon marché venant du bout du monde. Il en résulte le chômage de masse. En même temps, l'objectif unique assigné à la Banque centrale est d'empêcher l'inflation et, pour ce faire, de maintenir un "euro fort", ce qui conduit là encore à des résultats désastreux (que j'avais annoncé dans mon livre L'éthique des affaires et du management, disponible gratuitement sur ce site). Tant l'Acte unique européen que le traité de Maastricht ont été négociés et acceptés par les gouvernements de François Mitterand, de cette gauche bobo ignorante des réalités économiques. Jacques Delors, présenté maintenant comme un génie, affirmait que l'Acte unique apporterait "un surcroît de croissance de 4,5 % et une création nette de 2 millions d'emplois"; or, de 1990 à 2001, la part de l'Union européenne dans les échanges mondiaux de produits manufacturés a regressé de 7 points, passant de 44,3 à 37,3 % (Centre d'études prospectives et d'informations internationales, L'économis mondiale 2004, La Découverte, 2003, p. 110-111) ; et, depuis, la situation n'a fait qu'empirer . Pendant la campagne en faveur du traité de Maastricht, le ministre Michel Sapin (qui donne tant de leçons aujourd'hui) affirmait "L'Europe est la voie royale contre le chômage", alors que la réalité est exactement l'inverse. De plus, on a procédé à un l'élargissement sans fin de l'Union au détriment de l'approndissement ; la cris actuelle montre la folie de cette façon de faire (9 nov. 2011).  

Le nucléaire.
En décidant, dans l'accord avec les Verts du 15 novembre 2011, de ramener de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité d'ici à 2025, François Hollande, s’il est élu à la présidence de la République, modifiera radicalement le paysage énergétique du pays. L’accord entre le PS et les Verts Cet accord prévoit la fermeture de 24 réacteurs (sur les 58 exploités actuellement par EDF), d’une capacité de 900 mégawatts chacun ; le parc nucléaire d’EDF perdrait alors un tiers de ses capacités, qui passeraient de 63,1 gigawatts (GW) à 41,5 GW. Cette mesure provoquerait un bouleversement sans précédent, d’abord sur le plan technique, avec la nécessité de développer d'autres sources de production. Mais aussi d’un point de vue écologique, avec l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre; d’un point de vue financier, avec une hausse considérable du prix de l'électricité (de 30 à 40 %); enfin, dans le domaine social, car toute une filière professionnelle vit actuellement de cette activité, en France et à l’exportation (600.000 à 650.000 emplois relèvent directement ou indirectement du nucléaire). Une étude de l'Union française de l'électricité (UFE) a évalué à 60 milliards d’euros le coût que le pays devrait assumer en cas de recul de la part du nucléaire de 70 à 50 %. Mais ce scénario ne tient pas compte des dépenses de démantèlement des installations de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Il n'a pas non plus abordé le volet social d’un retrait partiel, qui frapperait des entreprises employant globalement plus de 600.000 personnes. D’autre part, cette mesure ferait perdre à la France un atout précieux, à savoir celui de l’indépendance énergétique, puisqu’elle conduirait à renforcer massivement les importations de gaz russe

Le nucléaire nous permet non seulement d'être autosuffisants en énergie, mais aussi d'exporter chaque année pour 25 milliards d'euros en électricité et en savoir-faire (construction de centrales à l'étranger). Alors qu'en cas de réduction à 50 % de la production d'électricité nucléaire, nous serions au contraire dans l'obligation d'importer du gaz ou de l'électricité, pour un déficit estimé à 6 milliards d'euros par an.

J'ai entendu à la télévision l'inénarrable Mamère pérorer sur l'exemple donné par l'Allemagne, qui a décidé de sortir du nucléaire (mais qui ne représentait que 25 % de sa production d'électricité), en oubliant de préciser que, pour ce faire, ce pays rouvrait ses mines de lignite, afin de produire de l'énergie avec du charbon, ce qui entraînera des rejets massifs de CO2 dans l'atmosphère (alors que ce pays en rejette déjà cinq fois plus que la France). Quelle merveille écologique! De plus, il oublie de préciser que les Allemands paient déjà leur électricité près de deux fois plus cher que les Français, et que la facture devrait doubler. En outreil faut comprendre que l'énergie verte n'existe pas. Ainsi, une éolienne consomme plus de matiere (pour la construire, faite notamment de métaux rares) qu'une centrale nucléaire, ramené au kwh (20/11/2011)'L'électricité « renouvelable » est un luxe ; déjà difficile à assumer en temps normal, quasiment impossible à financer en période de crise. Comparée à l'électricité produite par des centrales thermiques (à gaz ou à charbon), celle produite par l'éolien terrestre revient 50 % plus cher, un surcoût qui grimpe à 150 % pour l'éolien offshore (en mer), et à 223 % pour le solaire. De plus, l'éolien, par définition, ne fonctionne que par grand vent.

Dans Nouvelles histoires naturelles (J.-C. Lattès), l'écologiste et explorateur raisonnable, car savant, Jean-Louis Etienne montre que le nucléaire s'impose aujourd'hui comme une solution obligée pour produire de l'énergie propre. « L'atome est en soi une ressource énergétique naturelle dont on aurait tort de se priver (...). D'abord, aucune autre technologie n'est assez mature pour produire massivement de l'énergie propre. Ensuite, le nucléaire ouvre des perspectives intéressantes avec les réacteurs de quatrième génération, capables de recycler les déchets (...). En fait, nous sommes au milieu du gué: faut-il renoncer maintenant, alors que l'on peut imaginer une exploitation de l'énergie atomique compatible avec un développement durable ? »

Dans une tribune du Monde, « Nucléaire : non à l’idéologie de la peur », du 21 novembre 2011, J.-P. Chevènement rappelle quelques vérités à propos de l’arrêt du nucléaire : « […] Le coût du MW/h du parc nucléaire français est de 42 euros (chiffre inscrit dans la loi sur la nouvelle organisation du marché de l'électricité en France de 2011). Le gaz revient entre 60 et 70 euros/MWh (le prix du gaz progressera dans l’avenir). Le coût de l'éolien terrestre s'élève à 90 euros/MWh, l'éolien marin est à 150 euros/MWh et le solaire photovoltaïque à 250 euros/MWh.
Notre déficit extérieur s'aggraverait de trois façons : la réduction de nos services nucléaires exportés (6 milliards d'euros par an en moyenne), l'importation ensuite de 4 milliards d'euros de gaz supplémentaire chaque année, et enfin, la disparition progressive de nos exportations d'électricité (2,3 milliards d'euros par an), au fur et à mesure de la fermeture des réacteurs français. De plus, les entreprises françaises, qui bénéficient d'une électricité 40 % moins chère que dans le reste de l'UE, perdraient cet avantage comparatif, ce qui aggraverait leur problème de compétitivité. L'image d'un monde éclairé par la seule grâce du soleil et du vent que nous présentent les partis écologistes est un leurre. L'éolien et le solaire sont non seulement chers, mais ils produisent trop peu. Une éolienne terrestre ne produit que 20 à 25 % du temps, une éolienne maritime 30 à 35 % et le solaire photovoltaïque en France 10 à 15 %. Les éoliennes en France ayant en moyenne une puissance nominale de 2 MW, il faudrait en construire 2 500 à 3 000 pour obtenir une puissance produite équivalente à celle d'un seul EPR de 1 650 MW qui, lui, fonctionnera 90 % du temps. Belle perspective !
[…] L'Allemagne va construire dix centrales thermiques au charbon pour remplacer les réacteurs nucléaires qu'elle ferme. Or, l'industrie charbonnière fait 2 500 à 3 000 morts par an (contre deux à Fukushima) […] » (
J.-P. Chevènement).

« Une agence suisse a fait le décompte des morts entre 1969 et 2010. Le charbon a tué 23.000 personnes, le pétrole 18.000, les procédés du gaz, à peu près 8 à 9.000, l’hydraulique 22.000 par l’effondrement de barrages (...). Le nucléaire 31, qui sont bien sûr à Tchernobyl, dans le nucléaire civil », propos de Michel Rocard (ancien Premier ministre socialiste), rapportés par l’AFP le 24 novembre 2011.  
Enfin, comparer
Fukushima et la France est malhonnête. Les conditions climtiques et géologiques de Fukushima et de la France sont très différentes. Nous n'avons pas de tsunamis et les éventuels séismes dans notre pays ne peuvent être que de faible amplitude. D'autre part, les centrales japonaises étaient d'une technique ancienne, à eau bouillante avec un unique circuit de vapeur, alors que les centrales françaises sont dotées de tois circuits, donc d'une sécurité bien plus grande (27/11/2011).

Le programme de Hollande.  Le programme de François Hollande a été chiffré par l'Institut de l'entreprise à 30 milliards de dépenses supplémentaires par an. La mesure la plus onéreuse est celle à laquelle il tient le plus, qui a été critiquée vivement par Martine Aubry, est le "contrat de génération", qui devrait grever les finances publiques, cumulé sur le quinquennat, de 30,5 à 33 milliards d'euros (20 oct. 2011). Quant à la stupidité de ses vues sur le nucléaire, voyez ci-dessus.
Son programme économique "ne tient pas la route". Du reste, Selon la cour des comptes, la Corrèze, département quee dirige François Hollande, a le triste record d'être le département le plus endetté de France, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Selon le rapport, il y avait, en 2007, 831 employés au conseil général. En 2009, un an après son arrivée, donc un an après avoir constaté que le déficit hérité était très élevé, il y avait 1218.  Et lui qui n'a de cesse de vilipender la gestion du Gouvernement, a sollicité sans vergogne de celui-ci une aide exceptionnelle près de 20 millions d'euros pour pouvoir faire fonctionner son département!

L'Europe. L'Europe est la première économie mondiale (21% du PIB contre 20% pour les Etats-Unis et 17% pour la Chine), la première des destination des investissements étrangers (230 milliards d'euros contre 100 pour les Etats-Unis et moins de 80 pour la Chine), le premier marché mondial (2 378 milliards d'euros contre 1416 pour les Etats-Unis et 2235 pour la Chine). L'Europe est largement en tête pour tous les indicateurs de développement humain (pauvreté, édcation, santé, espérance de vie, mortalité infantile, égalité de revenu, sécurité du cadre réglementaire et institutionnel). Enfin, l'Europe est nettement moins endetté que les Etats-Unis (80% du PIB contre 100% du PIB) et surtout n'a pas bâti sa croissance sur le recours au crédit (E. Sales, Le Figaro 18 oct. 2011).

Les primaires pour l'élection présidentielle. Les primaires, surtout ouvertes, sont contraires à l'esprit de la constitution voulue par le Général de Gaulle. Elles donnent le pouvoir aux partis, en l'enlevant au peuple, et dévalorisent la fonction présidentielle. De plus, elle créent une élection à quatre tours, laissant une grande place aux combinaisons partisanes entre les divers candidats entre les deux premiers tours et à l'issue de ceux-ci. Le candidat fianlement désigné par les primaires sera lié par un contrat gouvernemental impossible à appliquer. Il s'agit en réalité d'élections privées, pour lesquelles sont abusivement utilisées les listes éléctorales qui n'appartiennent qu'à l'exercice public du suffrage universel, comme l'a remarqué Philippe de Saint Robert (Le Figaro, 5 oct. 2011). En outre, cela permet au parti socialiste de monopoliser abusivement le terrain médiatique (28 juin, 6 et 12 oct. 2011). Voyez sur la question des primaires le solide article du professeur d'Onorio, publié par Le Figaro du 16 octobre et reproduit à la fin de ce bloc-notes.

Les chrériens persécutés. Les violences commises contre les minorités catholiques, orthodoxes ou protestantes dans les pays islamistes ou en voie d'islamisation (et même dans certains pays boudhistes comme le Laos), notamment en Irak, en Iran, en Turquie, au Maghreb, voire en Afrique noire, sont en progression constantes et considérables, sans que les intellectuels et médias français s'émeuvent, eux qui sont des spécialistes de l'indignation (sélective). Voyez sur ces persécutions: A. Del Valle, Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde d'aujourd'hui? La nouvelle christianophobie, éd. Maxima-Laurent du Mesnil, 2011 (11/09/2011).

La dame des 35 heures. Mme Aubry se pose en docteur miracle, ayant toutes les recettes pour que tout s'améliore, et critique sans nuance l'ensemble de la politique menée depuis le départ de Lionel Jospin. On peut être dubitatif devant son programme, qui ignore superbement les risques de la concurrence internationale, ainsi que les effets pervers de la mondialisation et de l'euro (sur lequel les gouvernements européens n'ont aucun pouvoir). Mais, surtout, comment peut-elle être crédible, elle qui a instauré les 35 heures, qui a figé le pouvoir d'achat des Français, miné la productivité des entreprises (une des causes de la chute des exportations), a détruit des emplois selon l'OCDE, et a été un gouffre pour les finances publiques (environ 168 milliards, soit 10% de la dette publique)? Les 35 heures ont entraîné un décrochage dramatique de l'économie française, qui n'a plus jamais retrouvé la même force (la durée du travail est en moyenne annuelle de 1904 h en allemagne, 1856 h dans le Royaume Uni, 1813 h. en Italie, 1798 h. en Espagne et seulement de 1679 h. en France!). De plus, dans la fonction publique, les 35 heures ont été extrêmement néfastes, particulièrement dans les hôpitaux et la police. Pour celle-ci, la mesure a été équivalente à la suppression de 8000 postes... (31/08/2011). La suppression du nucléaire, figurant dans son programme, coûterait 250 milliards, tandis que l'allocation d'autronomie des étudiants, proposée aussi par F. Hollande représente 23 milliards d'eurios! Ce n'est pas la suppression des fameuses "niches" fiscales qui permettra de financer ces mesures, même si certaines niches devraient en effet être supprimées (15/10/2011 et 12/01/2012).

Immigration. L'Europe est le premier continent d'immigration au monde, les migrants représentant 4/5e de son accroissement démographique. Cela pose des questions de société qu'il ne faut pas éluder, ne serait-ce que pour les accueillir dignement. La doctrine sociale de l'Eglise précise le droit des Etats à fixer les droits et les devoirs des immigrés (Catchisme de l'Eglise catholique, n° 2241), et à en "déterminer la proportion que leur pays peut acvcueillir" (Commission pontificale Justice et Paix, 3 nov. 1988). L'angélisme en la matière est désastreux, tant pour les migrants eux-mêmes que pour les pays qui les reçoivent. De sont coôté, le président du conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, Mgr Antonio Maria Veglio, a déclaré, dans une conférence dont les propos ont été repris par l'Osservatore romano du 13 juillet 2011, que l'ouverture des frontières ne suppose pas une adhésion "à la vision d'une liberté d'immigration totale" et aveugle. "Les gouvernements ont comme devoir important de réguler la consistance et la forme des flux migratoires". Ils doivent aussi tenir compte "du bien commun, de sorte que les immigrés soient accuillis dignement et que la population du pays qui les reçoit ne se retouve pas dans des conditions propices au rejet" (22/07/2011 et 25/03/2012).

Le mariage homosexuel. Des suggestions répétées ont lieu en faveur de l'admission du mariage homosexuel, appuyées par des sondages selon lesquels la majorité des Français sont pour. C'est possible, mais n'a aucune valeur, car on ne peut pas être pour un non-sens. Le mariage étant, par définition, l'union d'un homme et d'une femme, il est contradictoire de vouloir un mariage ne remplissant pas cette base fondamentale. Si l'on veut permettre l'union de deux personnes du même sexe, ce qui est un choix de société, ce ne peut être sous l'appellation de mariage, mais sous un nom nouveau qu'il faudrait créer. Cela n'a rien de discriminatoire, mais résulte de la raison (28/06/2011).

Dépénalisation du cannabis? Certaines personnes proposent de dépénaliser la détention et l'usage du cannabis. Les socialistes espagnols avaient voté cette mesure en 1983, qui avait favorisé le passage des drogues douces aux drogues dures, ce qui provoqua l'augmentation par dix du nombre de morts par doses excessives (overdose): de 93 en 1983 elles étaient passées à 813 en 1991. Le gouvernement espagnol décida donc de mettre un terme à ce désastre, en revotant la pénalisation du cannabis en février 1992 (18/06/2011).

Présomption d'innocence. Tant les journalistes, à la radio et à la télévision, que les commentateurs et les hommes politiques répètent inlassablement ces jours-ci, à propos de Dominique Strauss-Kahn, qu'il doit bénéficier de la présomption d'innocence. Ce qui est exact, et je me réjouis de ce fait. Mais leurs propos seraient plus crédibles si, à propos d'hommes politiques de droite, notamment Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Eric Woerth, ils n'avaient pas délibérément et systématiquement ignoré cette présomption, remplacée par des déclarations répétées de conviction de leur culpabilité. Il y a vraiement deux poids et deux mesures (17/5/2011).

Voile islamique. La loi interndisant le voile islamique intégral dans les lieux publics a été votée. On peut être pour ou être contre. Mais l'argument selonlequel cette loi était inutile car elle ne concerne que 2000 personnes en France, comme l'a affirmé Eva Joly, est stupide. Celle qui réprime et donc interdit l'assassinat concerne heureusement encore moins de personnes. Faut-il la supprimer ? (13 avr. 2011).

Fonctionnaires. Les syndicats de fonctionnaires se lamentent tous et sans cesse du manque d'effectifs. Or, la France compte huit fonctionnaires pour cent habitants, contre cinq pour le Royaume-Uni et l'Allemagne. Au cours des trente dernières années, le nombre de fonctionnaires est passé de 3,86 millions à 5,2 millions; l'augmentation est largement plus importante que celle de la population (28/2/2011).

La justice. Le Président de la République a sans doute été maladroit dans ses déclarations sur la justice au début du mois de février 2011, mais la réaction des magistrats est excessive, et les propos de certains magistrats à son encontre absolument scandaleux (notamment celles d'un dénommé Trévidic). En présence de cette indignation des magistrats, un petit rappel: seuls deux magistrats refusèrent de prêter serment au maréchal Pétain ! Comparez! D'autre part, le Président de la République n'a pas cité expressis verbis les magistrats, mais a affirmé que, si des défaillances avaient été commises, leurs auteurs devraient être sanctionnés, ce qui est la moindre des choses (évidemment en respectant la procédure, les droits de la défense, etc.). Le refus d'envisager toute sanction est du pur corporatisme. Toutes les autres professions connaissent des sanctions, parfois lourdes, fulminées précisément par les mêmes magistrats. Le Conseil supérieur de la magistrature n'inflige que des sanctions très minimes et rares. Dans l'affaire d'Outreau, un seul magistrat de la toute la chaine pénale s'est vu infliger une sanction, et celle-ci n'était qu'un blâme! La plupart de la dizaine d'autres ayant eu à connaître de l'affaire ont connu un avancement... Les chefs de juridiction cochent très fréquemment le qualificatif d'exceptionnel sur les fiches d'évaluation des magistrats, alors que, par définition, seuls quelques uns peuvent être tels.

Trois trafiquants internationaux viennent d'être libérés à la légère, ruinant toute une enquête (Le Figaro, 21 févr. 2011). Le JDL sera-t-il sanctionné? Non, et peut-être même bénéficiera-t-il d'une promotion...

Face à la rengaine du manque de budget de la Justice, il faut rappeler qu'il a augmenté en moyenne de 3,5% depuis 2007 et que, loin de voir ses effectifs diminuer comme les autres ministères, le nombre de magistrats est passé de 7300 à 8500 de 2002 à 2010. Sa célérité a-t-elle été améliorée d'autant? Je crois aussi qu'il faudrait s'interroger sur la pertinence des "vacances judiciaires", pratiquement calquées sur les vacances scolaires (près de trois mois par an en les additionnant toutes, mais "seulement" deux mois à Paris), sauf des permanences, notamment pour les référés et les flagrants délits. Cela correspond à combien d'emplois ? (9, 15 et 21 févr. 2011).

Effectifs universitaires. En 1939, il y avait pour toute la France 90 000 étudiants, toutes disciplines confondues, c'est-à-dire moins que les seuls étudiants en Droit et économie de Toulouse (UT 1 Capitole) en 2011 !

Taux de détention. Contrairement à une idée reçue, véhiculée par les médias, le taux d'incarcération en France (95 pour 100000 habitants) est très inférieur à celui de la plupartt des pays de l'Union européenne (134 en Espagne, 151 au Royaume-Uni, 216 pour la Pologne; la moyenne européenne est de 122) (5 févr. 2011).

Manuscrits royaux de Corée. La décision, au dernier trimestre 2010, du Président de la République de restituer à la Corée, sous forme d'un prêt de longue durée renouvelable (en réalité définitf) les manuscrits royaux de Kanghwa détenus par la BNF a donné lieu à beaucoup de commentaires. Les conservateurs de musée, qui au demeurant n'avaient pas été consultés, se sont insurgés contre cette mesure, créant un précédent très dangereux pour les collections nationales, théoriquement inalinéables. En revanche, selon d'autres personnes, il s'agissait là d'une réparation légitime, ces manuscrits ayant été volés par les troupes françaises en 1866. Le vol est certain. Mais il faut préciser que, si l'armée de la République était intervenue, c'est à la suite du massacre de 8.000 catholiques Coréens et de neuf missionnaires Français (25/12/2010).

Mémoires de Raymond Aron. « Réduire la durée du travail sans réduire la paye hebdomadaire, abaisser l'âge de la retraite : toutes ces propositions tendent à partager le travail, non à créer des emplois. (...) La gauche va loin dans l'aveu d'impuissance : création de fonctionnaires et mises à la retraite anricipée caractérisent bien la médiocrité intellectuelle et morale d'un parti de fonctionnaires » (cité par E. de Montety, "L'oeil d'Aron", Le Figaro littéraire, 18 nov. 2010).

Grèves. Les syndicats de la RATP et de la SNCF viennent de décider une grève reconductible contre la réforme des retraites. Le paradoxe assez scandaleux est que pour l'instant la réforme ne concerne pas ces entreprises publiques. Elles continueront d'être régies par leur régime spéciaux très avantageux jusqu'en 2017. Ainsi, les conducteurs de train continueront de pouvoir prendre leur retraite à 50 ans, avec une décote, et les autres employés de la SNCF à 55 ans ! En 2017, l'âge minimum de départ à la retraite des agents de conduite sera porté à 52 ans et à 57 ans pour les autres (6/09/2010).

La France, pays d'émigration. Le flux migratoire vers la France ne cesse d'augmenter, malgré les clameurs et défilés d'organisations diverses prétendant l'inverse. Les arrivées d'étrangers ont augmenté de 8,3 % au premier semesrtre 2010 (soit 100 000 nouveaux titres de séjour), tandis que les regroupements familiaux ont progressé de 31 % et les naturalisations de 11,7%, sans compter évidemment les cohortes de clandestins. En comparaison, du début de l'année au 1er septembre, 8328 Roms ont été reconduits à la frontière (en exécution d'une décision de justice). En 2009, la France a accueilli 180 0000 personnes et 140 000 ont été naturalisées. La France est le premier pays européen en termes d'accueil de réfugiés politiques, le deuxième au monde après les Etats-Unis. (05/09/2010).

Police de proximité. Martine Aubry vante la police de proximité, qu'elle veut remettre en place si la gauche revenait au pouvoir. Or, l'expérimentation de la police de proximité de 1997 à 2002, alors que Lionel Jospin était premier ministre, fut un échec retentissant. En cinq ans, les crimes et délits augmentèrent de 17 % (les violences grimpant même à 50 %). Pire, le taux de réussite policière fut le plus bas jamais enregistré (la police et la gendarmerie ne résolvaient plus qu'une affaire sur quatre contre une sur trois aujourd'hui). Cette police de proximité déambulait le jour alors que les délinquants se manifestent surtout la nuit. Elle nécessitait d'importants effectifs, alors que la funeste loi de la même Aubry sur le temps de travail entrait en vigueur, privant d'un seul coup les forces de l'ordre de l'équivalent de 10 000 emplois à temps plein, autant que les actuelles réductions d'effectifs tant décriées actuellement par le parti socialiste (03/09/2010).

Des « affaires ». La déferlante médiatico-politique des "affaires" est consternante. On sent l'envie de certains, auquels les medias de masse prêtent la main avec joie, de détruire et de salir, amplifiant les moindres rumeurs, bafouant la présomption d'innocence, violant les secrets de la vie privée et de l'instruction. Ils répandent l'idée que les hommes politiques sont tous corrompus et ont des trains de vie fantastiques, alors qu'ils sont presque tous honnêtes et que leurs revenus sont très inférieurs à ceux des dirigeants d'entreprise, des présentateurs de télévision (si prompts à donner des conseils), des acteurs, des mannequins et des sportifs. Le discours actuel des « petits maîtres », selon lequel « ils sont tous pourris », est non seulement injuste mais dangereux pour la société et la démocratie. Aujourd'hui, tout individu se croit autorisé à accuser et à condamner (verbalement) d'autres personnes avant toute juridiction, de juger avant de comprendre et de s’informer, bafouant la présomption d’innocence et, à travers elle, la dignité de l’homme ; les rumeurs, soupçons, dénonciations, condamnations, se propagent avec célérité. Chaque citoyen, tout en croyant pouvoir marcher à la seule lumière de sa lampe personnelle (et, au fond, ayant « bonne conscience » plus que droite conscience), s’érige en juge d’autrui, spécialement des hommes politiques (il est vrai décrédibilisés depuis des années par les diverses marionnettes de l'information, dont la nocivité sur l'esprit public est patente). « Chacun tient la présomption d’innocence pour son droit à soi et la présomption de culpabilité pour le droit des autres » (J.-D. Bredin) (18/07/2010).

De la fiscalité. La moitié des Français ne paye pas d'impôt sur le revenu et est donc favorable à l'augmentation des aides de toutes sortes (et des impôts pour les autres). Ces mêmes personnes sont, soit exonérées de la taxe d'habitation soit bénéficient d'un allégement significatif de celle-ci, ce qui explique la pression qu'elles exercent sur les élus locaux afin qu'ils augment indéfiniment les dépenses locales. Jean-Philippe Delsol, qui rappelle ces faits, écrit que « l'impôt ne peut être moral s'il est à la charge de quelques-uns au profit de tous. Il en arrive vite à un déni de justice et de démocratie. (...) La démocratie exige que tous participent à la vie de la cité, c'est-à-dire aussi à sa charge. C'est pourquoi l'impôt proportionnel (...) rejoint ici l'équité. Si tous payent l'impôt, même un tant soit peu, tous seront attentifs aux dépenses publiques ». Plus simple et plus efficace que l'impôt progressif, il est aussi plus juste (16/07/2010).

Des retraites. Quelques données simples et incontestables, justifiant une réforme en profondeur. En 1950, l'espérance de vie en France n'était encore que de 69 ans pour une femme et de 63 ans pour un homme, et, en 1980, respectivement de 78 et 70. En 2007, elle est passée à 84 ans pour une femme et à 77 ans pour un homme. Il y a un demi-siècle, un retraité n'avait, en moyenne, que quelques années de vie devant lui ; il peut aujourd'hui escompter profiter d'une vingtaine d'années de "3e âge". Depuis cinquante ans, nous gagnons en France un trimestre d'espérance de vie par an.

De l'euro. Malgré la crise actuelle, l'euro demeure surévalué par rapport au dollar, au yuan et à la livre. Cet euro fort, sur lequel veille scrupuleusement la Banque centrale européenne, qui a succédé au franc fort, initié par Bérégovoy, ministre des finances puis Premier ministre de Mitterrand. Le franc fort avait été désastreux pour l'industrie française. L'euro fort l'a été pour l'Europe, sauf pour l'Allemagne. Cet objectif fixé comme un dogme, avec comme corollaire celui de l'absence d'inflation, a largement contribué à la perte de nos marchés d'exportation, à la désindustrialisation de nos pays, donc à la perte d'emploi et aux délocalisations. Une monnaie forte, l'absence d'inflation, l'équilibre budgétaire, peuvent être des objectifs souhaitables, mais ne doivent en aucun cas être regardés comme des dogmes : Tout dépend des circonstances. Ce qui compte, c'est le bien commun. Après les deux guerres mondiales, jamais la France n'aurait pu se reconstruire s'il avait fallu qu'elle se pliât à ces diktats. En revanche, la reconstruction achevée, il était nécessaire de stabiliser la monnaie. C'est par exemple ce que fit de Gaulle en 1959.

J'avais annoncé ces dangers de l'euro fort dès l'introduction de mon livre L’éthique des affaires et du management au XXIe siècle. Essai, Dalloz Dunod, 2000 ; 2e tirage 2001) de la façon suivante : La barbarie imprègne l'économie, sous le couvert d'un libéralisme effréné, du libre-échangisme et du monétarisme élevés au rang de dogmes. La politique du franc fort a causé des ravages dans notre pays, suscitant une immense cohorte de chômeurs, et le réapparition d'un nombre de miséreux, tel que la France n'en n'avait pas connu depuis le milieu du XIXe siècle (avant le second Empire). Vouloir coûte que coûte maintenir une monnaie forte, quelles que soient les circonstances et la conjoncture, est consentir à sacrifier les hommes, en acceptant un taux, lui aussi fort, de chômage. "Sous le couvert d'une prise de position technique, c'est en réalité un choix de civilisation essentiel qui est décidé : un anti-humanisme, l'homme sacrifié à cette "chose" qu'est la valeur de la monnaie" (Ph. Saint Marc, L'Économie barbare, Éd. Frison-Roche, 1994, p. 333 ) : C'est du pur matérialisme. Tout se tient. La barbarie la plus profonde est là. Les mêmes causes ayant les mêmes effets, je crains que l'euro fort, recherché par la Banque centrale européenne de Francfort (totalement indépendante des autorités politiques) conduise à des résultats humainement lourds.

Il est absolument inédit dans l'histoire de l'humanité et aberrant que les pouvoirs politiques démocratiquement élus n'aient aucune possibilité de déterminer la politique de la Banque centrale européenne, alors que les gouverments des Etats-Unis, de la Chine ou de la Grande-Bretagne mènent une politique monétaire efficace en fonction de leurs intérêts. Et il fut stupide d'adopter une monnaie unique sans une coordination des politiques économiques de la zone euro (composée de pays hétérogènes), ainsi que d'y admettre de plus en plus de pays (par un mouvement de fuite en avant irresponsable, comme celui qui conduisit aussi à élargir sans fin l'Union européenne). Il est indispensable de dévaluer fortement l'euro, et d'adopter enfin des politiques économiques et fiscales coordonnées. L'Union européenne en aura-t-elle la volonté et le courage ? Sinon, il faudrait scinder la zone euro en deux entités, l'une autour de la France, l'autre autour de l'Allemagne. D'autre par, il faut cesser d'admettre de nouveaux pays dans l'euro (et mettre un terme, mais c'est une autre question, d'élargir l'Union européenne).

L'Allemagne porte une grande responsabilité dans ce dogme de la stabilité de la monnaie et c'est elle qui imposa l'indépendance absolue de la Banque centrale européenne, au service du dogme. Ce choix de la surévaluation de l'euro est favorable à l'Allemagne, qui s'est imposé immédiatement une politique de déflation qui lui a permis de gagner un avantage compétitif important. Elle est seule capable d'exporter dans ces conditions en dehors de la zone euro, compte tenu de la haute technicité et qualité de ses produits, d'une main d'oeuvre habile et disciplinée (faisant rarement grève, connaissant peu l'absentéisme, non soumises aux 35 heures, des coûts du travail en baisse depuis dix ans de 1,4% par an en moyenne tandis qu'ils augmentaient de 0,8 par an en France, la retraite à 65 ans qui va passer porgressivement à 67 alors qu'elle est à 60 ans en France, etc.). Et elle peut exporter facilement dans la zone euro, vers les pays dans lesquels la dépense publique est plus importante et qui ont une tendance à l'inflation, ceux-ci ne pouvant plus équilibrer leurs comptes par une dévaluation, qui était le remède antérieur (22 févr. et 16 mars 2010).

Droit de "retrait" des enseignants et violence scolaire. Il y a aussi lieu de s'étonner des abus de l'aberrant "droit de retrait", en vertu duquel les enseignants se dispensent d'exercer leur métier sous prétexte qu'un incident (il est vrai parfois grave) est intervenu dans leur établissement. Quelle conception du service public cette attitude reflète-t-elle ? Ils réclament, comme toujours, des moyens supplémentaires, comme si l'arrivée de quelques surveillants en plus pourrait régler la question de la violence à l'école, et battent le pavé (quel exemple donnent-ils à la jeunesse ?). Ils s'exonèrent un peu facilement de leur responsabilité dans l'instauration de cette violence. Pendant longtemps, tous ceux qui dénonçaient la montée de la violence à l'école étaient traités rien moins que de fascistes. Et n'oublions pas que, depuis un certain nombre d'années, nombre de maîtres (certes pas tous) ont décidé qu'il n'était pas question de forcer les élèves à demeurer silencieux et concentrés, ni d'exercer une quelconque autorité, l'école étant un "lieu de vie" où chacun doit pouvoir s'exprimer et où l'enfant doit tout réinventer par lui-même (ce qui est nommé le pédagogisme) (9 févr. 2010). Trop de professeurs "excusent fréquemment les actes répréhensibles de leurs élèves et mettent les égarements de ces "jeunes" sur le compte d'une fragilité psychologique et sociale. Les enseignants réclament toujours plus de moyens mais ne se mobilisent guère pour rétablir leur autrorité et réclamer l'ordre et la discipline au sein de leur classe" (selon V. Bouzou, professeur dans une zone défavorisée ; Le Figaro, 19 févr. 2010). Leur responsabilité n'est évidemment pas la seule, la société étant devenue plus violente d'une façon générale, l'école reflète l'état de la société. Et un nombre certain d'enfants rejettent aujourd'hui l'école républicaine, parfois soutenus dans leur rébellion par leurs parents, ce qui est un phénomène inédit très inquiétant (19 février 2010). La posture idéologique de nombre d'enseignants syndiqués est aussi assez singulière. Tout en constatant qu'une immigration massive non contôlée depuis une trentaine d'années paralyse l'intégration, ils militent contre les restrictions à l'immigration et contre les expulsions des émigrés sans papier (21 février 2010).

Haïti. La tragédie d'Haïti est une nouvelle occasion pour certains Français qui détestent leur pays (V. plus loin la rubrique Fierté nationale), parmi lesquels nombre de journalistes, de jeter l'opprobre sur la France, qui serait à l'origine de tous les maux d'Haïti (à l'exception, peut-être du tremblement de terre), passés, actuels (plus de deux siècles après l'indépendance de 1804) et futurs ; et de réclamer une repentance de plus (V. plus loin la rubrique Lois mémorielles). C'est notament le cas de Claure Ribbe dans un "point de vue" outrancier publié par Le monde le 16 février 2010. Il est indéniable que ce pays a été une colonie, avec tous les vices détestables de ce système, et que Bonaparte y a adopté une conduite désastreuse et condamnable. A la Restauration, sous Charles X, il fut convenu qu'Haïti verserait 150 millions de francs pour indemniser les colons expropriés et expulsés. Elle fut ramenée à 90 millions sous Louis-Philppe par un traité en 1838 (J. Marin, L'Empire renaissant, 1789-1871, Denoël, 1987, p. 100-101). Les gouvernements successifs d'Haïti tinrent à honorer cette dette, ce qui est tout à leur honneur, jusqu'à son paiement complet, qui intervint en 1886. Les "bonnes âmes" expliquent que c'est cette dette qui ruina Haïti, et que ce pays n'a jamais pu s'en remettre. C'est absurde. Haïti était, avant la Révolution, la colonie française la plus riche et la plus prospère, "la perle des Antilles". Je reconnais que la France aurait pu se dispenser de demander cette indemnité. Mais son montant n'était pas extravagant et ne pouvait pas ruiner le pays définitivement. Pour fixer l'ordre de grandeur, il suffit de remarquer que la seule ville de Paris paya 50 millions aux occupants en 1814-1815 pour leurs "frais de séjour" (indépendamment des indemnités considérables versées par l'Etat), ou que le budget de la marine française était de 219 millions en 1866. Enfin, Haïti bénéficie depuis des années d'une aide massive de la communauté internationale sans que sa situation se soit améliorée de façon sensible (17 févr. 2010).

Aux "bonnes âmes" qui prêchent la repentance à sens unique, dont l'auteur du "point de vue" précité, il est bon de rappeler ceci (du reste Claure Ribbe le sait sans doute, puisqu'il connaît l'histoire d'Haïti). Lors de l'indépendance, les chefs insurgés nommèrent empereur Dessalines (qui fut sacré le 8 octobre 1804, sous le nom de Jacques 1er, par un capucin qui s'était autoproclamé Pape). Dessalines, nouveau desposte, infligea aux Blancs, avant d'expulser les survivants, des "supplices les plus raffinés", il fit "suspendre ses prisonniers aux arbres par les testicules, grisé de les voir descendre peu à peu, à longueur de viscères, avant que d'un seul coup les malheureux ne tombent au sol vidés comme des poulets" (A. Conte, L'Epopée coloniale de la France, Plon, 1992, p. 118)(18 févr. 2010).

Emission de télévision "C Politique". J'ai regardé dimanche dernier une émission sur France 5, "C Politique", où fut d'abord reçu M. Martin Hirch. J'ai été scandalisé par la façon dont il a été traité par le journaliste, Nicolas Demorand, faisant montre, comme d'habitude, d'une rare suffisance (qu'a-t-il fait dans sa vie, quelles sont ses réalisations?), qui n'a d'égale que son ignorance (il avance toujours des propositions erronées comme des faits avérés), et son incorrection (interrompant sans cesse son interlocuteur), d'une sorte de mépris ironique pour ses hôtes (surtout de droite), d'un ricanement permanent tournant tout à la dérision, abaissant systématiquement toute discussion vers le bas et de mesquines considérations, incapable qu'il est d'imaginer que quelqu'un puisse avoir un idéal, des convictions, le sens de l'intérêt général. Il est le représentant achevé de l'hyper politiquement correct, ressassant d'un ton pontifiant tous les poncifs à la mode, posant les mêmes questions que ses confrères, auxquelles il a été déjà répondu cent fois, sur des points subalternes, incapable d'aborder les questions de fond. Même de Gaulle aurait été sali par ce genre d'individus (hélas très répandus sur les diverses chaînes) (16 févr. 2010).

Quotas. Je suis foncièrement opposé au principe des quotas, par exemple d'enfants de certains quartiers dans les grandes écoles ou les universités (qui serait la négation même du principe des concours républicains), même s'il faut évidemment favoriser la promotion sociale et la mixité sociale. Mais celle-ci repose prioritairement par une amélioration du niveau d'enseignement et d'exigence des écoles primaires et des collèges (150 000 collégiens sortent chaque année sans savoir lire ni compter), avec la suppression de l'aberrant collègue unique, une implication encore plus forte des enseignants (avec moins de grèves et d'absentéisme), qui devraient repérer et pousser les meilleurs éléments, comme cela était le cas autrefois (11 janv. 2010). Ces meilleurs élèves devraient peut-être bénéficier du soutien d'accompagnateurs. Les bourses longues devraient être augmentées, avec aussi des prêts d'honneur et des classes préparatoires de bon niveau créées dans les banlieues. Enfin, il faudrait faciliter le passage des filières techniques aux universités et aux grandes écoles (13 janv. 2010). On ne "mesure pas l'insulte faite aux classes populaires et aux boursiers quand on suppose implicitement qu'ils sont trop nuls pour s'en tirer tout seuls. Imagine-t-on Péguy ou Senghor en normaliens quotas ? L'idée les aurait fait vomir" (Luc Ferry, lui-même ancien boursier, Le Figaro, 14 janv. 2010).

Des peurs multiples. La peur submerge notre pays. Que ce soit la grand peur de l'an 2000 (dans le domaine informatique, dont j'avais dénoncé l'inanité), de la précarité, de la pollution, du réchauffement de la planète, de la mondialisation, du libéralisme, des sectes, des islamistes, des immigrés, des jeunes, des organes de l'Union européenne, de l'augmentation de la population, de la dette, des entreprises et des profits qu'elles peuvent créer, des délocalisations, des retraites, du mariage comme du divorce, de la canicule, des orages, des ondes émises par les téléphones mobiles, des radars sur les routes, des embouteillages, de la solitude comme de la cohue, du chômage comme du travail, des voleurs, des organismes génétiquement modifiés, du sida, du tabac, de l'amiante, des acariens, de la grippe, de la listeria, du chikungunya, de la disparition de la diversité des espèces mais en même temps de la réintroduction des ours dans les Pyrénées et des loups dans le Mercantour, que sais-je encore ? Nous n'avons jamais été aussi bien portants ni aussi inquiets pour notre santé. Remarquez que ces peurs sont parfois contradictoires. Il est sans doute peu d'exemples dans l'histoire de peuple plus marqué par la peur que notre société actuelle, alors que jamais elle n'a connu un tel état de prospérité et de paix (sur ce dernier point, je rappellerai seulement que la France fut en guerre, de façon presque constante, de 1790 à 1962). Depuis mon enfance, le bien être de notre pays s'est accru de façon prodigieuse, tout autant, concomitamment, que les sentiments d'insécurité et de frustration. Rien que de 1978 à 1997, le patrimoine des Français a doublé en monnaie constante (et a été multiplié par 8 en monnaie brute). L'écart de pauvreté entre les riches et les pauvres a largement baissé depuis vingt ans (pendant qu'il augmentait en Allemagne), de sorte que c'est un des pays les moins inégalitaires du monde (même si l'inégalité a augmenté ces dernières années) ; alors qu'en 1913 la part du patrimoine se trouvant entre les mains du 1 % des Français les plus riches était de 55 %, elle n'était plus que de 20 % en 1995. En 2007, la proportion des ménages pauvres était de 13,4% de la population contre 15% en 1990 et 18% en 1970 (sont considérées comme pauvres les personnes gagnant moins de 60% du revenu médian, soit actuellement 908 euros de revenu net par mois pour une personne et 1900 euros pour un couple avec deux enfants. "Cet indicateur d'inégalité est ainsi construit que, même en doublant les revenus de tous les Français, on ne diminuerait pas le nombre de ménages pauves", relève Michel Godet).

Les mesures sociales contre la crise, décidées depuis deux ans par le gouvernement, ont été plus importantes en France que dans les autres pays (en augmentant la dette) : extension des dispositions du chômage partiel, indemnisation des chômeurs en fin de droit, création d'un fonds pour la formation, contrats aidés, primes à l'embauche, suppression des charges pour l'emploi des jeunes dans les petites entreprises, hausse du minimum vieillesse, création du RSA, suppression des deux derniers tiers de l'impôt sur le revenu pour les bas revenus en 2009, etc.

Le patrimoine des Français correspond à plus de sept années de leur revenu, leur taux d'épargne est parmi les plus élevés des pays de l'OCDE, 58 % des ménages sont propriétaires de leur logement, et le pourcentage de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté est moindre en France que dans l'ensemble de l'Europe.

L'âge de la mortalité a reculé de façon considérable (de près d'un trimestre par an depuis des années), et est un des plus élevé du monde (le deuxième après le Japon). La France a le record d'Europe du nombre de centenaires.

Certes, les sujets de crainte cités plus haut ne sont pas tous chimériques et, pour ne citer qu'un cas, le développement des risques "sériels" fut un phénomène majeur des dernières décennies. Mais leur retentissement, jumelé à leur accumulation, est tel qu'il génère une angoisse collective amollissante et une paralysie nationale. Il faut dire que ces phénomènes fâcheux ou ces événements malheureux sont amplifiés par les médias qui les dramatisent à outrance, un exemple récent, caricatural, en est l'épisode de la grippe A H1Ni. Plus l'homme domine le monde, plus la technique progresse, moins les citoyens admettent le malheur ; ils attendent plus ou moins consciemment que l'État leur garantisse une sûreté et une sécurité absolue. En outre, il n'y a pas d'adéquation entre l'insécurité objective (quantifiable) et l'insécurité subjective (le sentiment d'insécurité), "l'opinion que l'on a de sa sécurité" disait Montesquieu (Esprit des lois, Livre XII) ; aujourd'hui, celle-ci résulte plus des "incivilités majeures" que des crimes et des délits.

Le plus surprenant et le plus consternant est de constater que, encore pour la première fois dans l'histoire, les jeunes, loin d'être des créateurs d'utopie et de rêves, d'être réformistes, voire révolutionnaires, sont eux-mêmes conservateurs et animés par la peur, tout en voulant majoritairement devenir fonctionnaires ou que l'État leur garantisse un emploi à vie. Il fut stupéfiant de voir, en 2003 et en 2010, des syndicats lycéens et étudiants manifester pour leurs retraites ! Plus que la liberté, les jeunes chérissent l'égalité, et surtout la sécurité en tous domaines. Nombre d'entre eux répugnent à prendre des responsabilités. Les professeurs ont le devoir d'enseigner la valeur du risque, et de valoriser ceux qui en prennent, de donner le goût d'entreprendre. Alors que, traditionnellement, les jeunes étaient enthousiastes et optimistes, ils sont désormais souvent désabusés et pessimistes (voire désespérés ; n'oublions pas que le suicide est la principale cause de mortalité des jeunes Français, avant les accidents de la circulation et le sida). Pour autant, ils ont toujours une capacité de se mobiliser pour une cause, fût-elle mauvaise, comme à plusieurs reprises ces dernières années contre toute réforme de l'enseignement.

Cependant, selon un sondage, près de 80 % des Français se déclarent heureux. Comment le seraient-ils s'ils craignaient en permanence pour leur sûreté, celle de leurs proches ou celles de leurs biens ? Ce constat est réconfortant. Il témoigne d'une grande maturité de nos concitoyens, qui ne se laissent pas prendre aux sirènes défaitistes et anxiogènes des médias, et qui gardent leur liberté de jugement (13/12/2009, 30/04/2010 et 5/05/2010).

Les peurs liées au changement climatique. Les hommes craignent aujourd'hui d'être des apprentis sorciers, de provoquer des catastrophes durables et irréversibles. Le "postmodernisme" camoufle souvent la perte de confiance dans le progrès, voire un catastrophisme technophobe, fondé sur des affirmations présentées comme des dogmes, qui pourtant ne sont pas scientifiquement prouvées, comme le fait que le réchauffement climatique serait exclusivement causé par l'homme, alors que le grand historien Le Roy-Ladurie a montré qu'à l'époque où Jules César entrait en Gaule le climat était plus chaud qu'aujourd'hui (et plus chaud encore autour de l'an mil : En ce temps, le Groenland était couvert de prairies !) ; la planète fut aussi chaude qu'aujourd'hui durant le Moyen-Âge. De plus, certains scientifiques pensent que le soleil est le principal facteur de ce rechauffement ; telle est par exemple l'opinion de Vincent Courtillot, géophysicien et directeur de l'Institut de physique du globe de Paris. Les prédictions du GIEC reposent sur des modèles mathématiques, dont les bases (fondées sur le consensus) ne sont pas réellement scientifiques, et qui se sont révélées inexactes (depuis une quinzaine d'années on observe un arrêt du réchauffement de la planète).

Au demeurant, la plus grande menace de l'humanité, à vue humaine, n'est pas le changement climatique mais le manque d'eau (34 000 personnes meurent chaque jour par manque d'eau potable ; sans oublier le fait qu’actuellement un milliard de personnes sont sous-alimentées, un enfant meurt de faim toutes les six secondes et qu'un être humain sur six vivant avec moins de 2 dollars par jour, alors que chaque vache occidentale bénéficie d’une subvention de 900 dollars...Si 120 chefs d'Etat se réunirent en 2010 à Copenhague pour discuter du climat, il n'y en avait pas un seul en 2009 au "sommet" de la FAO et pas un seul non plus au "sommet" de l'eau en 2008). Ce catastrophisme est associé à son sous-produit, le journalisme d'épouvante. D'une société animée à l'excès par l'ivresse du progrès, nous sommes passés insensiblement à une société minée à l’excès par le risque et la peur qu'il suscite, avivée par certains idéologues écologistes antimodernistes (dont les suggestions sont souvent très contestables ; cf. J. de Kervasdoué, Les prêcheurs de l'apocalypse. Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires, Plon, 2007 ; C. Allègre, L'imposture climatique. Conversations, avec Dominique de Montvalon, Plon, 2010. - Il existe actuellement une sorte de fanatisme et de totalitarisme "vert" ; il est vrai, qu'avant d'êtres verts, la plupart des écologistes les plus exités ont été "rouges" ; au fond, nul n'est plus antidémocratique qu'un écologiste ; dans la Voix du Nord, Nicolas Hulot affirma en 2007 "Les bons sentiments ne suffisent plus. Nous devons aller vers le coercitif"). En même temps, cette vénération de la nature poussée à l'extrême sombre dans le panthéisme et le néopaganisme, en la situant sur le même plan que l'homme alors qu'elle est à son service, même s'il doit la respecter et la protéger (et effectivement réduire les émissions CO2, même si celui-ci n'intervient que pour moins de 5 % dans l'effet de serre, et modifier ses comportements, en adoptant des styles de vie plus sobres et responsables). D'où la place donnée au principe de précaution, magnifié, haussé au rang de mythe fondateur. Celui-ci tend à devenir une idéologie politique, de peur irraisonnée et de passion déréglée, collant au monde des images, où prédomine l'émotion et avec elle la paralysie, comme dans le livre et le film (Le syndrome du Titanic) de l'inénarrable Nicolas Hulot (certes, écologiste convaincu, mais habitué aux longs voyages en avion et adepte des déplacements en hélicoptère ; hostile à la société de consommation, mais vendant de nombreux produits dérivés autour de l'étiquette Ushuaïa, de son émission de télévision). Ils ont été chantés à l'excès par les médias à l'automne 2009. Ils donnent une image sympathique et généreuse à des idées plus que discutables, une écologie de la peur, associée au mythe totalitaire de la "croissance zéro", voire un plaidoyer pour la décroissance, l'anticapitalisme primaire et l'éloge des peuples "premiers" (dont pourtant ils se gardent bien de partager le mode de vie). Or, ce ne sont ni la peur ni la décroissance qui nous aideront à préparer l'avenir, mais les progrès de l'intelligence humaine, et des applications des découvertes effectuées et mises au point grâce à elle par les chercheurs. L'intelligence humaine et sociale a toujours été capable d'inventer des réponses aux nouveaux défis. Plutôt que de mettre à terre l'économie occidentale par la décroissance, avec les quotas, taxes, amendes et interdictions de toutes sortes, lançons un énorme effort de recherche dans le domaine des nouvelles énergies. "Le génie de l'homme n'a-t-il pas inventé d'innombrables et étonnantes techniques et trouvé leurs applications, en partie comme résultat de la nécessité, en partie comme celui d'une inventivité exubérante ?" (saint Augustin, La Cité de Dieu, L. XXII, ch. 24). En 1960, la malnutrition touchait 67 % de la population mondiale (2 milliards sur trois) ; aujourd'hui, elle touche 10 % ; elle a donc été notablement réduite, tout en demeurant élévée ; or, cela ne fut possible que grâce à la croissance (13/12/2009 et 28/04/2010).

Des extravagances des extrémistes du réchauffements de la planète. Selon les experts du Fonds des Nations-Unies pour la population, le climat est menacé par la natalité, de sorte qu'il faudrait réduire celle-ci. Le malthusianisme revient en force, alors que la natalité est, d'une façon générale, facteur de progrès, comme l'avait montré Alfred Sauvy. Du reste, au cours des deux derniers siècles, la population mondiale a été multipliée par plus de six et le niveau de vie a augmenté partout, y compris dans les pays pauvres. Au XVIIe siècle, la France comptait 28 millions d'habitants ; elle en compte aujourd'hui plus de 60 millions, et nous avons largement de quoi vivre. Certes, il faut aider les pays en voie de développement à connaître une croissance démographique plus modérée, non pas en limitant la natalité, mais en libérant les femmes et en les instruisant. Je suis favorable à l'écologie, mais à une écologie au service de l'homme, et non à une écologie se transformant en idéologie contre l'homme, mettant l'homme en accusation (se traduisant par une volonté de limiter la population, la décroissance économique, etc.) (13/12/09).

Précision sur les éoliennes. Le prix du Kwh éolien est très élevé. Et, comme ces appareils ne fonctionnent pas lorsqu'il fait très froid, car il y a généralement peu de vents dans cette circonstance, il est alors nécessaire de recourir aux centrales. D'autre part, la vitesse du vent pouvant passer de la valeur maximale à une valeur nulle en quelques minutes, les éoliennes peuvent perturber totalement le réseau. Ainsi, en été 2003 et en automne 2005, le réseau européen a failli disjoncter complètement à cause des éoliennes allemandes qui s'étaient arrêtées ; il a été sauvé par la mise en marche des centrales hydrauliques françaises (10 janv. 2010).

Fierté nationale. Aimer son pays, son identité nationale, être patriote, n'est pas du nationalisme ni du chauvinisme. Il est exaspérant de constater les déclarations conformistes des épurateurs éthiques s'opposant à tout échange d'idées sur ces questions (et on peut s'étonner de constater que le nationalisme est considéré par les mêmes comme une vertu lorsqu'il émane des peuples anciennement colonisés) ; dans le cas de la France, s'interroger et défendre son identité est connaître et préserver l'identité européenne. Toutefois, le débat sur l'identité nationale aurait été inutile si les mass medias ne passaient pas leur temps à dénigrer la France, son passé et ses racines (notamment chrétiennes), sa culture (dont la langue française) et ses valeurs (liberté, égalité, fraternité, laïcité, sociabilité, universalité), tout en réclamant incessamment des repentances. Comment intégrer les nouveaux arrivants en présentant le peuple Français comme un peuple fautif qui rejette et discimine, en prônant de plus le culte des différences et de la diversité ? J'aimerai que les médias et les enseignants chantent la beauté et la diversité des paysages de France, sa situation unique en Europe (seul pays donnant à la fois sur la mer du Nord, sur l'Atlantique et la Méditérranée), les merveilles de ses monuments de tous les styles et si nombreux, la richesse de sa littérature (une des plus importantes du monde), de sa peinture, de sa musique, la qualité de ses vins et de sa cuisine ; qu'ils relatent les pages glorieuses écrites par tant de grands hommes (bien des rois, des militaires, d'hommes politiques, de savants, de médecins, d'infirmières, de professeurs, d'artisans, d'artistes, de paysans, etc.), sans oublier une cohorte de saints éminents. Les citoyens ont droit à la continuité nationale (d'où l'importance de l'enseignement de l'histoire). Et, quelle que soit leur religion, leur athéisme ou leur agnosticisme, ils doivent connaître l'histoire du christianisme, sans laquelle on ne peut rien comprendre au passé de notre pays et à sa civilisation.

Certes, l'histoire est tragique, et il faut donc assumer tout autant les pages douloureuses que les pages glorieuses de notre passé. On ne peut pas choisir dans le passé pour ne retenir que certains faits ou certains personnages. Mais je me refuse aux repentances à sens unique. La mode actuelle de la repentance des fautes d'autrui, de nos ancêtres, est très contestable dans son principe, chacun ne pouvant s'accuser que de ses propres méfaits, la faute véritable étant toujours personnelle ; sans compter qu'elle est fâcheuse dans ses conséquences pour la collectivité "repentante", qui a incontestablement besoin de pardon et d'oubli, à quoi répond juridiquement l'existence des prescriptions et de l'amnistie. Au surplus, une société saine regarde vers l'avenir, et ne passe pas son temps à revenir sur le passé lorsqu'il a été douloureux et la cause de divisions. Les philosophes nous enseignent que "la conduite de terminaison est une conduite vitale" : Une société bien portante se reconnaît "à son pouvoir de tourner la page, d'en finir avec la douleur, avec le repentir, avec le deuil, avec les regrets interminables" (Jankélévitch ). "L'oubli, et je dirai même l'erreur historique, est un facteur essentiel à la création d'une nation, et c'est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger. (...) L'essence d'une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun et aussi que tous aient oublié bien des choses" (Renan, dans sa célèbre conférence sur la nation). Ces raisons guidèrent le général de Gaulle lorsque, en 1945, il s'efforça de regrouper toutes les bonnes volontés pour reconstruire le pays. Personne ne sait réellement comment il se serait comporté lors de cette époque difficile (n'oublions pas que la majorité des députés, dont Vincent Auriol, qui votèrent illégalement les pleins pouvoirs au maréchal Pétain étaient des élus de gauche, aux idées généreuses et qui, quatre ans auparavant, avaient formé le Front populaire). L'apparente humilité de la repentance cache mal une rare suffisance et un orgueil déplacé, en laissant entendre que, pour notre part, nous n'aurions jamais agi de la façon de ceux sur lesquels nous jetons l'opprobre. Enfin, elle fausse souvent l'histoire (en oubliant le contexte historique, les conditions réelles de la vie de l'époque), parce qu'elle procède de ce que le grand historien Marc Bloch appelait "ce satanique ennemi de la vérité historique : la manie du jugement" (20 déc. 2009 et 4 févr. 2011).

Lois mémorielles. Associée à la repentance, la France se complaît depuis quelques années aux lois mémorielles, destinées à lui faire accomplir son "devoir de mémoire", qui consiste à donner une vision officielle de l'histoire et à criminaliser son passé, là encore à sens unique et sans tenir compte du contexte. Le paroxysme en fut atteint, sous le gouvernement Jospin, par la loi 2001-434 du 21 mai 2001 "sur l'esclavage et la traite négrière". Elle était d'abord inutile, puisque l'article 212-1 du Code pénal réprime comme crime contre l'humanité "La déportation, la réduction en esclavage ou la pratique massive et systématique d'exécutions sommaires, d'enlèvements de personnes suivis de leur disparition, de la torture ou d'actes inhumains". Mais surtout elle est incohérente et vise uniquement à culpabiliser les méchants Français de deux façons. D'abord, par des limites dans l'espace de l'incrimination. En effet, malgré son titre, il apparaît dès son article 1er que seules la traite transatlantique et la traite qui, dans l'Océan indien, amena des Africains aux îles Maurice et de la Réunion sont considérées comme des crimes contre l'humanité. Ce n'est donc pas le cas de la traite et de l'esclavage arabes, ni de la traite interafricaine, non seulement très importante mais qui a duré dans le temps, puisqu'elle a subsisté dans certains pays Africains jusque dans les années 1980. La seconde manifestation de la volonté de culpabiliser les méchants Français découle de l'extension dans le temps de la criminalisation qui commence, selon le même article, à partir du XVe siècle. Or, la France n'entra officiellement dans la traite qu'à la fin du XVIIe siècle : Ainsi, le crime reconnu par le législateur avoir été commis par la France (en tant que crime comme l'humanité) commence avant que des Français l'aient commis. Plus extravagant encore, en parlant du XVe siècle sans autre précision, elle fustige même la traite transatlantique avant la découverte de l'Amérique ! Tout cela est consternant. Du reste la France est le seul pays démocratique a imposer ainsi aux citoyens des lois mémorielles, écrivant une histoire officielle et criminalisant le passé. Certes, l'idée de départ était de freiner les révisionnismes, mais elle se traduit par une vérité officielle, comme dans les pays totalitaires, et par une restriction funeste de la liberté de pensée (V. la solide analyse et mise en garde de P. Nora et F. Chandernagor, Liberté pour l'histoire, éd. du CNRS, 2008. Pierre Nora, historien, est membre de l'Académie française ; Françoise Chandernagor, historienne et romancière, est membre de l'Académie Goncourt).

Méditons les fortes paroles de Camus (prix Nobel de littérature) : "Si certains Français considèrent que par ces entreprises coloniales la France, et elle seule au milieu des nations saintes et pures, est en état de péché historique, ils doivent s'offire eux-mêmes à l'expiation. En ce qui me concerne, il me paraît dégoûtant de battre sa coulpe comme nos juges pénitents sur la poitrine d'autrui, vain de condamner plusieurs siècles d'expansion européenne, absurde de comprendre dans la même malédiction Christophe Colomb et Lyautey. Il est bon que notre nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut encore avoir de s'estimer elle-même. Il est dangereux en tout cas de lui demander de s'avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle" (dans Chroniques algériennes, 1958).

Petits rappels historiques : 1) Plus d'un million de chrétiens (Italiens, Espagnols et Français) furent victimes de la traite arabo-musulmane en Méditerranée du XVIe au XVIIIe siècle. Pourquoi cet autre esclavage est-il toujours passé sous silence ? (V. sur lui, R. C. Davis, Esclaves chrétiens Maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), Actes Sud, 2007 ; G. Milton, Captifs en Barbarie. L'histoire extraordinaire des esclaves européens en terre d'Islam, éd. Noir sur Blanc, 2006).

2) Sous l'influence du christianisme, l'esclavage avait complètement disparu en France avant l'an mil et en Europe dès la fin du Xe siècle (le servage continua, mais le statut des serfs et leur sort n'étaient pas comparables). Toutefois, pour ce qui concerne la France, une profonde régression se produisit puisque l'esclavage ressurgit au XVIIe siècle dans les Antilles. La traite fut interdite en 1817, mais il fallut attendre 1848 pour que l'esclavage fût aboli dans les colonies françaises.En revanche, le monde musulman n'a jamais condamné l'esclavage (et la traite à la demande de musulmans d'Afrique du Nord et du Proche-Orient continua au cours du XIXe siècle, jusqu'à ce que les colonisateurs y mettent un terme).

3) Les 12 millions d'esclaves de la traite atlantique ont été capturés, convoyés jusqu'aux côtes et vendus par des Africains.

4) Bien avant l'abolition de l'esclavage, les juges de la métropole appliquaient aux esclaves des colonies la maxime "Nul n'est esclave en France". Dès qu'un esclave avait touché le sol de France, fût-ce contre sa volonté (en suivant son maître), il devenait libre (ainsi que ses descendants), de plein droit et pour toujours, même s'il retournait dans une colonie (11 avr. 2010).

5) Les chrétiens étaient 20 % au Moyen-Orient il y a un siècle et demi. Ils ne sont plus que 2 % aujourd'hui, l'islam faisant tout ce qu'il peut pour vider cette région de toute présence chrétienne (2 juill. 2011).

Pays où il fait bon vivre. La revue irlandaise International living Magazine de février 2009 a dressé un classement sur la qualité de vie dans le monde pour 2009, fondé sur une dizaine de critères touchant au cadre de vie et à la santé des personnes (coût de la vie, économie, environnement, culture, loisirs, liberté, santé, infrastructures, risques, sécurité et climat). Pour la cinquième année consécutive, la France arrive au premier rang (80 points), suivie par la Suisse (79), les Etats-Unis (78), le Luxembourg (77), l'Australie (76), la Belgique (75), etc. Les radios et télévisions n'ont évidemment pas rapporté cette information, ayant comme habitude de toujours cracher sur la France.

Probablement aucun pays au monde n'a un système social aussi protecteur que celui de la France, légalisant en quelques sorte la solidarité (traduction elle-même de la fraternité de la devise républicaine), avec le RSA, la SMU, le SMIC, le SAMU social, la Sécurité sociale, les crèches, l'enseignement gratuit (y compris à l'université), etc. Le taux de pauvreté en France, 13,3% après transferts sociaux, est inférieur à celui de plusieurs pays de l'UE, dont Royaume-Uni (18,8%) et l'Allemagne (15,2%), selon Eurostat.

Minaret. L'émotion soulevée par la votation suisse contre la construction de nouveaux minarets est excessive. Certes, pour ma part, je n'aurais pas voté en ce sens, trouvant normal que les mosquées puissent être signalées par un minaret, à condition que celui-ci s'insère harmonieusement dans le site. Mais les réactions à cette décision furent excessives, car la liberté de religion continue d'être respectée en Suisse, qu'il continuera d'être possible d'y ouvrir des mosquées, que les musulmans ne seront pas menacés du fait de leur religion, etc. En revanche, dans certains pays musulmans, dont le nombre augmente, les chrétiens souffrent de discriminations, voire sont persécutés (V., d'une façon générale, A. Laurent, Les Chrétiens d'Orient vont-ils disparaître ? Salvator, 2008) ; c'est par exemple le cas en Egypte, en Malaisie, en Indonésie et surtout en Irak (V. notamment, S. de Courtois, Le nouveau défi des chrétiens d'Orient - D'Istanbul à Bagdad, J.-C. Lattès, 2009, signalant notamment "la menace physique et la pression sociale faisant de leur vie une Passion continuelle" ; ils subissent une pression quotidienne avec vols de voitures, de maisons, racket, assassinats, parce qu'ils sont chrétiens). Parfois, il leur est interdit de construire, non seulement des clochers, mais aussi des églises (l'Arabie séoudite), ou même de recruter des séminaristes (c’est par exemple le cas en Turquie pour le séminaire orthodoxe de Halki, où, de plus, les chrétiens assyriens et chaldéens se voient refuser la restitution de leurs églises). Presque partout, la simple annonce de sa foi est interdite, même dans des pays modérés comme le Maroc (en décembre 2009, cinq ressortissants étrangers ont été expulsés du Maroc pour "réunion non déclarée et prosélytisme évangéliste ... de nature à porter atteinte aux valeurs religieuses du royaume").

Enseignement de l'histoire. Je suis, depuis toujours, passionné par l'histoire. Je lis de nombreux livres dans ce domaine. C'est dire combien le débat actuel sur la transformation des cours d'histoire et de géographie en option en terminale scientifique m'intéresse. Mais j'avoue être étonné par les déclarations de l'association des professeurs de ces disciplines qui, après avoir accepté cette réforme, crie au scandale et affirme des contre vérités, puisque l'histoire n'est pas réellement supprimée. Son horaire augmente en première et devient optionnelle en terminale. Je me demande s'il ne s'agit pas d'une réaction épidermique et corporatiste. Les enseignants donnent l'impression de ne jamais accepter de réformes et de négliger l'intérêt général. Leur vraie revendication devrait être de demander la réintroduction de l'enseignement de l'histoire dans l'ordre chrnologique, pour remplacer la détestable méthode actuelle consistant en un saupoudrage sans cohérence (11/12/09).

Pie XII. Le pape Pie XII (élu le 2 mars 1939) condamnait évidemment le racisme et l'antisémitisme. Il fut du reste l'un des principaux inspirateurs et rédacteurs de l'encyclique de son prédécesseur Pie XI contre le nazisme (Mit brennender Sorge). Et dans sa première encyclique personnelle, Summi Pontificatus (d'oct. 1939), il reprit largement les contenus d'une encyclique préparée par Pie XI sur le racisme et l'antisémitisme, insistant sur le fait que l'Eglise ne peut en aucune façon accepter une discrimination à l'encontre d'un groupe humain ou d'une race. Contrairement à ce qui est souvent avancé, il condamna directement le nazisme à plusieurs reprises, le plus vigoureusement lors d'un message radiodiffusé à Noël 1942, où il s'indigna "de l'extermination progressive qui touche des centaines de milliers de personnes innocentes pour des raisons de nationalité et de race". S'il adopta une relative réserve, c'est qu'il pensait qu'elle permettait d'éviter des représailles massives contre les catholiques en Allemagne et dans les pays occupés (D. le Tourneau et alii, Pie XII et la Shoah: le choix du silence? Téqui, 2011). D'autre part, il sauva directement ou indirectement (par le biais de congrégations religieuses) de nombreux juifs, ce qui explique qu'un riche Juif Italien ait offert en remerciement au Saint-Siège, après la guerre, son magnifique hôtel particulier romain, dans lequel j'ai été reçu, siège actuellement de la nonciature auprès de la République italienne (22 déc. 2009). Du reste, nombreuses sont les personnalités juives ayant loués les efforts de ce pape: Albert Einstein, Golda Meir, Ben Gourion, etc.
Dans une interview à l'hebdomadaire Le Point, Serge Klarsfeld (historien et fondateur de l’association Les fils et filles des déportés juifs de France) affirme qu'"il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint". Sur la position de Pie XII pendant la Seconde guerre mondiale, Serge Klarsfeld a répondu qu'il avait "joué un rôle déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l’Est". "N’occultons pas que Pie XII a eu des gestes discrets et efficaces pour aider les juifs" (Le Figaro.fr, 24/12/2009). Bernard-Hendit Lévy a lui aussi défendu Pie XII dans une tribune du Corriere della Sera (reprise dans L'Osservatore Romano, 21 janv. 2010)
, relevant que le Pape "n'avait ni canons ni avions" et qu'il n'a pas "ménagé ses efforts pour faire part des informations dont il avait connaissance à ceux qui avaient des avions et des canons", et qui "sauva lui-même, à Rome et ailleurs, nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale". Le même auteur voit Benoît XVI, dans cette affaire, comme un "bouc émissaire", calomnié par les médias "de parti pris".
Nombreux sont ceux qui réclament l'ouverture des archives du Vatican du pontificat de Pie XII. Elles constituent une masse considétrable de documents, qui ont déjà été largement explorés en ce qui concerne la position de Pie XII sur le nazisme (cf. P. Blet, Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale d'après les Archives du Vatican, Perrin, 1997). Je gage qu'aucun nouveau document significatif ne sera découvert. A ceux qui croient que ce pontife était passéiste, voici ce que déclarait Jean-Paul II à l'angelus du 18 mars 1979 : "Nous ne pouvons oublier combien Pie XII contribua à la préparation théologique du concile Vatican II, surtout en ce qui concerne la doctrine de l'Eglise, les premières réformes liturgiques, la nouvelle impulsion donnée aux études bibliques, la grande attention portée aux problèmes du monde contemporain".
Pour ma part, si je ne suis pas scandalisé par l'éventuelle béatification de Pie XII, que j'admire, je me demande toutefois si la tendance des Papes de béatifier puis de sanctifier presque systématiquement leurs prédécesseurs est pastoralement heureuse, et s'il ne serait pas souhaitable de béatifier maintenant, donc de donner comme modèles, des ménages chrétiens (29 déc. 2009 et 22 févr. 2010).

Le colonialisme français en Afrique. Il est incontestable que l'implantation de la France en Afrique et la décolonisation furent parfois très douloureuses, particulièrement pour l'Algérie, et que le colonialisme présente donc des pages sombres, qui sont souvent rappelées. Mais il serait inexact de restreindre l'histoire du colonialisme à ces pages, en occultant d'autres faits que voici. La France a construit en Afrique 50.000 km de routes goudronnées, 215.000 km de pistes principales, 18.000 km de voies ferrées, près de 200 aéroports, plus de 60 ports, 2000 dispensaires, 600 maternités, 220 hôpitaux. Dans la seule Afrique noire, 16.000 écoles primaires, 350 écoles secondaires, collèges ou lycées, qui fonctionnaient, au moment des indépendances, avec 28.000 enseignants Français, 6 universités. Les dépenses pour ces investissements représentent 22 % des dépenses publiques totales de la France de 1900 à 1958. D'autre part, contrairement à ce qu'il est généralement affirmé, la France n'a pas "pillé" l'Afrique. En effet, elle achetait les matières premières de ces pays en moyenne à 20 % au-dessus des cours mondiaux.

La France a amélioré de façon considérable la santé, en débarassant l'Afrique de la lèpre, de la maladie du sommeil, du choléra et de la variole, en abaissant énormément le taux de mortalité, particulièrement infantile. Elle a supprimé l'esclavage (qui a parfois été réintroduit après la décolonisation), et mis un terme aux cruelles guerres ancestrales et incessantes entre ethnies rivales (qui existent à nouveau). Enfin, elle apporta le français, langue de communication entre Africains (face aux innombrables langues et dialectes de l'Afrique noire) et langue d'ouverture au monde.

Loin d'être une "bonne affaire", les colonies ont été un boulet économique pour la France. L'économiste Jacques Marseille a démontré que les dépenses considérables qui y furent consacrées freinèrent la modernisation de la France, et lui firent prendre du retard par rapport aux pays qui n'avaient jamais eu de colonies ou qui avaient décolonisé plus tôt (J. Marseille, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d'un divorce, Albin Michel, 1984, 2e éd. 2005, collec. Points 1989. L'auteur, communiste à cette époque, indique au début de son ouvrage, très documenté, avec tableaux statistiques, que son idée de départ était de démontrer objectivement le "pillage" par la France de ses colonies, mais que les faits lui prouvèrent la fausseté de cette idée préconcue).

Cela étant, je n'oublie pas le sang versé par les courageux soldats et sous-officiers Africains lors des deux guerres mondiales.

Rappel historique : Les socialistes Français, grands apôtres actuels de la repentance, furent pourtant de 1905 aux années 1950 de fervents partisans de la colonisation, au nom de la "mission civilisatrice de la République" (sic!), à laquelle la droite était généralement opposée, car elle craignait que la colonisation détournât la nation de la reconquête de l'Alsace et de la Moselle perdues en 1870. La gauche fut seule au pouvoir de 1877 à 1919, qui marqua le paroxysme des conquêtes coloniales. L'un de ses champions fut Jules Ferry, auquel s'opposait Clemenceau (10 janv. 2010).

Grand emprunt et enseignement supérieur. Je me réjouis vivement du fait que, dans le "grand emprunt", la part belle soit dévolue à l'enseignement supérieur et à la recherche, comme cela a été annoncé par le Président de la République le 14 décembre 2009 (et je regrette d'être à la retraite). L'effort consenti par l'Etat est considérable, sans précédent. Mais l'Université ne sera pas sauvée pour autant. Trois mesures essentielles seraient nécessaires, que l'actuel Président aurait pu faire voter peu après son élection, lors de son "état de grâce", à savoir : 1) La sélection à l'entrée en première année, pour éviter l'immense gaspillage de temps et d'argent constitué par les masses d'étudiants qui s'inscrivent à l'Université, dont un nombre important sont incapables de suivre des études supérieures, voire sont illétrés. A cause de cette masse invraisemblable d'étudiants, il faut recruter de nombreux enseignants et construire puis entretenir de vastes locaux. La sélection existait autrefois par les deux baccalauréats, qui étaient d'un très haut niveau. Elle a disparu depuis que l'unique bac subsistant est un chiffon de papier, dont le niveau d'exigence est inférieur à celui de l'ancien certificat d'études, que tout candidat se voit décerner, sauf à être un crétin absolu ou à avoir été malade le jour des épreuves ou encore avoir cherché l'échec ; dans l'enseignement secondaire, l'Education nationale se contente de gérer le flux des jeunes (on aimerait que les syndicats, qui se contentent de réclamer toujours plus de moyens et de s'opposer à toute réforme, même minime, sans jamais remettre en cause leur responsabilité dans ce désastre national, dénoncent le fait que notre système péagogique en soit au stade des soins palliatifs, même si beaucoup d'enseignants aiment leur métier et font de leur mieux). 2) La contribution réelle des étudiants aux frais de scolarité, en fonction des revenus des parents. 3) La modification du statut des enseignants, qui disposent d'une merveilleuse indépendance, se traduisant pour certains par l'accomplissement a minima de leurs obligations de service sans risquer aucune sanction, tandis que d'autres, qui se dévouent à leur métier, ne sont pratiquement pas récompensés. D'autre part, les universitaires sont normalement des enseignants-chercheurs ; or, certains ne cherchent pas et ne publient pas et devraient donc, en compensation, avoir plus de charges administratives et/ou d'enseignement. Et je trouve normal que le travail desdits enseignants-chercheurs soit réellement évalué (15 déc. 2009). 4) Compte tenu du nombre excessif d'universités en France, les plus petites devraient se contenter du premier cycle, et être rattachées à l'université la plus proche ; d'autres, qui n'atteignent pas une taille suffisante en nombre de chercheurs et de publications, devraient se spécialiser (7 janv. 2010).

La Poste. La Poste française a perdu la bataille de la compétitivé internationale, tout en ayant une dette de 6 milliards d'euros. Et, malgré une chute importante du nombre de plis, la distribution est de plus en plus lente (il faut une semaine pour qu'une lettre déposée pour moi au bureau dont je dépends arrive à destination), quasiment inexistante de fait les samedis et lundis. De plus, sans privatisation, dont il n'est pas question, l'activité de la moitié des bureaux de poste a néanmoins été réduite à quatre heures, tandis que, dans les autres, l'attente est longue, en partie en raison d'un archaisme invraisemblable (déposer un chèque ou retirer de l'argent dans un bureau de poste est une opération complexe et longue : comparez la procédure avec celle d'une agence bancaire). C'est ce que les syndicats nomment le "service public à la française".

Classement des écoles de commerce. Le classement réalisé par le Financial Times, publié en novembre 2009, place HEC en tête des écoles de commerce européennes pour la quatrième année consécutive. Les deuxième et troisième places restent occupées respectivement par la London Business School et l'Insead (sise en France, à Fontainebleau).

Suicides. La consommation de drogues pousse aux suicides, de plus en plus nombreux chez les jeunes (c’est en France leur première cause de mortalité), sans que la communauté nationale semble s’en émouvoir, alors qu’une série de suicides de salariés de France Telecom en 2009 a soulevé une tempête médiatique. Le taux de suicide est dans ce pays de 17 pour 100 000 (mais beaucoup plus chez les jeunes, et un peu moins chez les salariés de France Telecom : 15 pour 100 000). Le suicide est toujours un drame pour l'entourage familial et/ou professionnel, qui n'a pas su percevoir la fragilité de la personne en cause, et n'a pas su empêcher le passage à l'acte.

Rémunérations et primes. La rémunération du Président de la République fut, en 2009, de 21.133 euros mensuels bruts, soit 253.598 euros annuels bruts (avant impôts et prélèvements), exactement la même que celle du Premier ministre, mais inférieure à celle de François Hollande qui est de 361.080 euros (celle de D. Strauss-Kahn était de 421.000 dollars, exonérés d'impôts, plus une prime annuelle de 75.350 dollars). Certains trouvent ce montant élevé (la rémunération de Jacques Chirac était inférieure), mais ne s'étonnent pas que le salaire de Laurence Ferrari (présentatrice du journal de TF1 4 soirs par semaine) soit de 70.000 euros par mois, ni que Raymond Domenech ait touché, à la suite de la qualification de l'équipe de France pour le Mondial 2010, 826.222 euros de primes (en plus de son salaire déjà très élevé de 50.000 euros mensuel), soit le salaire brut d'un professeur d'université pendant quinze ans ! Est-ce raisonnable et normal ? Le nouvel entraîneur de l'équipe de France a été embauché en 2010, à 44 ans, avec le salaire extravagant de 100.000 euros mensuels, sans compter des primes faramineuses! Que dire d'autres joueurs, aux rémunérations invraisemblables et bien supérieure à la moyenne des grands patrons du CAC 40...  Voici les revenus en 2011 de quelques uns de ces personnages : Frank Ribéry, 11,6 millions ; Nicolas Anelka, 13 millions ; Cristiano Ronaldo, 29,2 millions  ; David Beckham, 31,5 millions ; Lionel. Messi, 33 millions d'euros  ; l'entraîneur José Mourinho, 14,8 millions. Pour la rencontre avec la Nouvelle Zélande lors de la coupe du monde de rugby 2011, chaque joueur de l'équipe de France a touché une prime de 140.000 euros pour les remercier de leur défaite (en sus évidemment de leurs considérables salaires et droits dérivés) ; en cas de victoire, la prime aurait été de 180.000 euros. J'ajoute que les revenus de Johnny Hallyday furent en 2009 de 11 millions d'euros (selon Le Figaro, 19 janv. 2010), que l'animateur de télévision Benjamin Castaldi perçoit plus de 2 millions nets par an, tandis que les revenus de Nicolas Hulot étaient d'un million par an dans les années 2000 (ils ne sont plus connus depuis). Je précise que je ne suis pas jaloux, et que mes revenus me permettent de vivre confortablement ! (22 oct. 2011 et 20 mars 2012). 

Il a été annoncé le 27 mars 2012, que le président du directoire de Publicis Groupe (PUB.FR), Maurice Lévy, touchera plus de 16 millions d'euros de rémunération au cours des prochains mois, en plus de sa rémunération habituelle. Cette rémunération, parfaitement légale et votée par les organes sociaux, est scandaleusement excessive. Le candidat François Hollande en a profité pour fustiger le Président de la République, en oubliant de préciser que le plus important actionnaire de la société en cause est Madame Badinter, femme de gauche bien connue, épouse de l'ancien ministre Badinter  (31 mars 2012).

François Bayrou. Je suis toujours étonné d'entendre ou de lire les imprécations de François Bayrou contre les gouvernements successifs depuis 2002, en me souvenant de son désastreux bilan en tant que ministre. En effet, alors qu'il est le ministre de l'éducation nationale qui, sous la Ve République, est resté le plus longtemps en fonction (de 1993 à 1997), son inaction a été quasiment totale, car son unique objectif était de "ne pas faire de vagues" et donc de flatter les syndicats. Sa seule initaitive fut d'imposer une réforme des examens des Facultés de Droit qui, jusqu'alors, avait un système satisfaisant et qui, depuis, ont connu un déclin considérable.
Bayrou se prétend en dehors du clivage gauche-droite. C'est inexact, puisqu'il refuse les alliances à droite pour privilégier les alliances éléctorales à gauche au second tour des diverses élections (en trahissant son électorat, majoritairement du centre ou de droite). Cette tendance n'est pas nouvelle. Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 1995, craignant une défaite de Jacques Chirac (qu'il avait jusqu'alors soutenu) face à Jospin, il proposa à sa formation politique de l'époque, le CDS, un ralliement à Jospin, qui fut combattu par Dominique Baudis, maire de Toulouse (cf. G. Ottenheimer, L'Impossible victoire, Laffont, 1995, p. 238). Bayrou ne put donc pas changer de camp, et fut hélas récompensé par sa reconduction
au ministère de l'éducation nationale, où il fut particulièrement inefficace (25 janv. 2010).
En outre, je partage le point de vue de Philippe de Saint Robert, pour lequel "Le centrisme, c'est le vichysme du temps de paix".

De Strauss-Kahn. Tous les journalistes affirment que D. Strauss-Kahn est "blanchi" aux Etats-Unis. C'est totalement inexact. Le procureur a écrit qu'une relation sexuelle "probablement non consentie" avait eu lieu, mais qu'il abandonnait les poursuites, étant donné la personnalité de la femme en cause, et alors qu'aux Etats-Unis (contrairement à la France) le jury ne peut condamner qu'à l'unanimité des jurés, et qu'il ne voulait pas prendre le risque d'un échec, étant soumis prochainement à une réelection. En France, dans une affaire semblable, il est certain que D. Strauss-Kahn aurait été traduit devant une cour d'assises (mais je ne peux évidemment pas préjuger de la sentence qu'elle aurait prononcée).

La défense de Strauss-Kahn dans le seul volet pénal lui a couté 1,3 million d'euros (selon D. Le Guay, De quoi DSK est-il le nom? éd. L'Oeuvre).

C'est devenu un lieu commun d'affirmer que D. Strauss-Kahn est un grand économiste. Pourtant, au ministère des finances, il n'a pas laissé un souvenir éblouissant, et il est l'inventeur de l'aberration des 35 heures. Au FMI il n'a pas vu venir la crise de 2008, et n'a pas su prendre les mesures pour empêcher celle de 2011 (10 sept. 2011).

Des biens immobiliers du ménage Strauss-Kahn-Sinclair. Le ménage Strauss-Kahn-Sinclair, présenté comme proche du "peuple de gauche", possède un patrimoine estimé à plus de 55 millions d'euros, dont un patrimoine immobiler considérable. Un appartement dans le XVIe arrondissement de Paris de 6 pièces, avec terrasse sur le toit donnant sur le bois de Boulogne.
- Un 2e appartement à Paris, place des Vosges, de 240 m2, acheté 4 millions d'euros en 2007, dans lequel depuis d'importants travaux ont été effectués.
- Un riad (petit palais) à Marrakech, d'une superficie au sol de 1270 m2, comportant deux patios avec jardin et piscine; acheté 500.000 euros en 2000,
d'importants travaux y ont été effectués depuis; sa valeur est estimé en 2011 à 3 millions d'euros.
- Une maison à Washington de 280 m2, estimée à 4 millions d'euros.
(source : site L'Express, 10 et 11 mai 2011).

Des 35 heures. Cette mesure, imaginée par Strauss-Kahn, mais mise en oeuvre par Martine Aubry, votée le 15 décembre 1999, a coûté au budget de l'Etat 15 milliards d'euros par an, à partir de 2002, en allégement de charges pour compenser partiellement l'augmentation de 11 % du coût du travail horaire. Mais ces aides ont été insuffisantes, de sorte que les entreprises ont été dans l'obligation de geler les salaires et d'obtenir des gains de productivité, donc d'augmenter la pénibilité et le "stress" du travail (avec des horaires de travail plus irréguliers et plus difficiles). Or, selon l'Institut COE-Rexecode, les emplois créés depuis 1999 ne l'ont été que grâce à la croissance, et non du fait de la réduction du temps de travail. Tout le monde sait depuis longtemps que le partage imposé du temps de travail ne crée pas d'emplois. Et la perte de 3 points de parts de marché de la France dans la zone euro depuis la même année serait largement impurtable aux 35 heures, qui handicapent les entreprises françaises par rapport à leurs concurrents, et a poussé certaines d'entre elles à délocaliser leur production. D'après certains analystes, un combre assez important d'entreprises ont disparu en raison de l'application des lois Aubry (14/12/2009). Petite comparaison : on travaille en moyenne 1.346 heures par an en France contre 2.390 en Corée du sud (qui n'est plus un pays en voie de développement). En 1980, un salarié Français coutait 15% moins cher qu'un Américain; aujourd'hui il est 70% plus cher (23/07/2011).

Absentéisme des enseignants du premier degré. Selon Le Monde du 2 avril 2009, chaque année, dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et 8,3 % en ont plus de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours, ce sont près de 2 millions de jours d'école sans le maître ou la maîtresse. Lorsqu'on inclut les congés maternité ou de formation, on arrive à une absence moyenne de 11,1 jours par enseignant et par an (surtout autour de Noël et au mois de mai). Comme il est difficile de laisser une classe sans maître, il faut le remplacer. Or, les remplaçants sont encore plus souvent absents que les enseignants titulaires ! Près de 17,4 jours par an en moyenne. Il y a beaucoup de "bras cassés". Ils ne sont pas totalement indisponibles, mais ils se mettent en maladie dès qu'ils n'ont pas l'affectation souhaitée !

Ecole. Autrefois, les élèves travaillaient 30 heures par semaine et 220 jours par an. Aujourd'hui, 24 h. par semaine et 140 jours par an. En outre, le travail personnel a considérablement diminué.

Un professeur et syndicaliste (vice-présidente du Snalc-CSEN), Claire Mazeron a publié en février 2010 un ouvrage dans lequel elle dénonce la faillite générale du système (L'Education nationale respire-t-elle encore ? éd. J.-C. Gawewitch). Elle montre comment l'école est minée par le relativisme, l'égalitarisme scolaire et la dilution des savoirs disciplinaires. Elle s'insurge contre les postures idélologiques catastrophiques : "Lorsqu'on refuse d'apprendre aux élèves les plus défavroisés, sous prétexte d'incompatibilité culturelle et sociale, ou même par refus de transmission d'une culture de classe, les fondements de la littérature, des sciences ou tout simplement de l'écriture, on ne prépare pas le grand soir ni le retour de la gauche au pouvoir, mais l'émeute urbaine" (9 févr. 2010).

Collège unique. L'enseignement en France a péréclité depuis l'instauration du collège unique par la loi Haby, sous le présidence de Valéry Giscard d'Estaing, imposant un moule uniforme à tous, alors que les dons et les capacités des enfants ne sont pas uniformes. Il faudrait, notamment, recréer des parcours diversifiés, correspondant aux aptitudes et aux goûts de chaque enfant, relever le niveau d'exigence, revaloriser les enseignements professionnels et technologiques qui forment à des métiers utiles et autoriser à nouveau les redoublements (13/12/09).

Des professeurs de l'enseignement secondaire.Il y a globalement un professeur pour 12 élèves, devant enseigner en moyenne entre 14 et 18 heures par semaine sur 170 jours par an, soit moins de 10 heures hebdomadaires annualisées, sans tenir compte des absences (largement supérieures à ce qu'elles sont dans le privé). Selon la Cour des comptes, le ratio français du nombre d'élèves par enseignant est un des plus faibles de l'OCDE, moyennant quoi les syndicats prétendent que le désastre de l'enseignement dans ce pays résulte du faible nombre d'enseignants ! De 1995 à 2010, le nombre d'enseigants a augmenté de 35.000, alors que le nombre délèves diminuait de 500.000! Alors que 20% d'élèves sont dans le privé, celui-ci ne compte que 10% des enseignants! - avec des classes souvent de 38 élèves, donc plus nombreuses que dans l'enseignement public. Celui-ci s'est tellement dégradé que les candidats à l'enseignement privé affluent, y compris de musulmans dans des écoles catholiques (au point qu'à la rentrée 2011, l'enseignement privé, qui a gagné 23.342 élèves tout en perdant 5594 professeurs, a refusé environ 40.000 demandes d'inscriptions). La France investit 6% de son PIB dans l'éducation, pourcentage supérieur à celui de la moyenne des pays européens (qui est de 5,5%). (Mis à jour le 5 oct. 2011).

Des effectifs des fonctionnaires. Lors des innombrables manifestations organisées par les syndicats, des récriminations récurrentes portent sur le fait que les fonctionnaires ne seraient pas assez nombreux en France (alors que ce pays détient le record du monde du nombre de fonctionnaires par rapport au nombre d'habitants), et qu'ils seraient en constante diminution. Un rapport de Cour des comptes de décembre 2009 remet les pendules à l'heure. De 1980 à 2008, on a recruté 14 % d'agents en plus dans la fonction publique d'État, 54 % dans les hôpitaux et 71 % dans les collectivités locales ! Le cas des hôpitaux s'explique surtout par les 35 heures. Celui des collectivités est plus difficilement plaidable. Certes, l'État a transféré aux régions et aux départements des compétences (lycées, aide sociale…). En revanche, les communes, où les effectifs ont bondi de 50%, sont l'échelon qui a été le moins bénéficiaire de transferts de compétences. Les communes auraient même dû réduire leurs effectifs, pour compenser la hausse de 154% des effectifs des structures intercommunales, qui donne lieu à de nombreux «doublons». Quant à l'État, relevons seulement que les effectifs du ministère de l'Agriculture et des opérateurs dans ce domaine ont doublé, pendant que le poids de ce secteur dans l'emploi total et la richesse nationale était divisé par deux. Idem à l'Éducation : + 9% d'agents, + 16% d'enseignants, - 4% d'élèves…(17 déc. 09).
Proportionnellement à sa population, la France compte 24% de fonctionnaires de plus que l'Allemagne, soit 820 000 emplois publics. Par rapport à la population active la différence est encore plkus grande: + 44% (06/06/2011).

Quant aux collectivités locales (dirigées majoritairement par la gauche), entre 1998 et 2009 elles ont créé 430.000 emplois supplémentaires, hors transferts de compétence liés à la décentralisation, pour un coût cumulé sur la période de 56 milliards d'euros (11/02/2012)

De l'inaction de la municipalité toulousaine. La municipalité de Toulouse élue en 2008 a décidé d'augmenter les impôts de 5 % (déc. 2009), en raison de l'accroissement de la masse salariale due à des embauches intempestives.

En revanche, tous les projets qui étaient en cours sont bloqués, notamment :
0 La ligne B de métro en direction de Labège-Innopôle
0 La ligne G du tramway des Arènes à Saint Orens
0 Le grand contournement autoroutier et ferroviaire de Toulouse
0 Le projet Aerospace Campus à Montaudran
0 Le transfert et l’agrandissement du Parc des Expositions à l’extérieur de Toulouse
0 Le projet d’aménagement des berges de la Garonne (actuellement laissées à l’abandon et aux squats)
0 Le projet de grand jardin public sur l’île du Ramier
0 Le grand projet d’aménagement urbain à dominante piétonne du centre-ville (secteur sauvegardé jusqu’à la gare Matabiau et la Médiathèque)
0 Le site de mémoire vivante de l’Aéropostale à Montaudran
0 Le grand auditorium de musique pour l’orchestre du Capitole
0 Le projet culturel et scientifique de la prison Saint-Michel
0 Le projet de restructuration du quartier Matabiau en quartier d’affaires
0 La salle des musiques actuelles sur l’emplacement du Théâtre des Nouveautés
0 Le théâtre de plein air du Port Viguerie en contrebas de l’Hôtel Dieu
0 Le projet de rénovation et de transformation de la Grave, avec grand hall d’expos et centre de la danse
0 La rénovation de la “Maison Giscard” sur l’art de la terre cuite toulousaine
0 L’espace Jean Dieauzaide (Lieu Z) à Saint-Cyprien
0 La Maison des Cultures du Monde au Mirail

L'investissement annuel de la ville a diminué de 35% de 2009 à 2010, tandis que l'autofinancement diminuait de 20%, alors qu'explosait l'endettement. 550 millions d'emprunt sont annoncés pour le Grand Toulouse entre 2010-2014, alors qu'en 2008 la ville n'avait aucune dette (30/11/2011).

Quelques faits historiques toulousains. Sous l’Ancien régime, Toulouse était la seule métropole régionale où ne résidait pas l’intendant, le Parlement local s’étant opposé à son installation. Ce Parlement avait été fondé en 1444, le deuxième après celui de Paris quant à sa date de création et quant à l'étendue de son territoire (14 départements actuels). Il comptait une centaine de magistrats.

Les membres du "Commun conseil" (créé au XIIe siècle) furent désignés par le nom de "capitularii", qui fut par la suite déformé en capitouls, siégeant au Capitole (qui est toujours le nom de l’hôtel de ville).

La première société par action du monde fut créée à Toulouse au XIVe siècle pour exploiter le moulin du Bazacle sur la Garonne. Les parts étaient des "uchaux". Ce moulin était d’une technique de pointe, qui resta longtemps inégalée.

De l'activité ou de l'inactivité des employés de la capitale. Un rapport de novembre 2009 de l'inspection générale des services de Paris relève que l'absentéisme représente en moyenne 20 jours par agent et par an, s'ajoutant aux généreux congés et aux RTT. Au total, un agent de la capitale travaille moins d'un jour sur deux dans l'année. En 2001, la mairie de Paris comptait un peu moins de 20.000 agents. Ils sont passés à plus de 50.000 en 2009. Les dépenses de personnel ont augmenté de 45,7 % depuis que M. Delanoë est maire !

La doctrine sociale de l’Église. L’Église s’intéresse concrètement aux hommes, dans le monde tel qu’il est, donc aux questions économiques et sociales. A partir de la fin du XIXe siècle, face à l’émergence de nouveaux courants philosophiques (le libéralisme et le socialisme), et en présence de la révolution industrielle ainsi que de l’apparition de nouvelles structures économiques et politiques l’Église, qui « scrute les signes des temps », élabora un considérable discours social, appelé « doctrine sociale ». Le point de départ fut l’encyclique Rerum Novarum (des « choses nouvelles » sur la Condition des ouvriers) de Léon XIII en 1891, qui fut suivie de nombreux autres textes, dont Mater et Magistra (l’église Mère et éducatrice) de Jean XXIII en 1961 (insistant largement sur la justice) à Populorum progressio de Paul VI en 1967 (sur le développement des peuples à la lumière du Concile de Vatican II). Jean-Paul continua dans cette voie : Laborem exercens en 1981 (première encyclique sur le travail, magnifiant celui-ci et confirmant la priorité du travail par rapport au capital), Sollicitudo rei socialis en 1987 (pour le 20e anniversaire de Populorum Progressio, relevant que les « structures de péché » sont un obstacle majeur au développement) et Centesimus annus en 1991 (une vision renouvelée et « englobante » pour le centenaire de Rerum Novarum). Benoît XVI a complété cet ensemble par son encyclique Caritate in veritate (l’amour dans la vérité) en 2009, dans laquelle il élargit le domaine d’application de la vertu de justice. Chacun de ces textes fut marquant à son époque, faisant prendre conscience aux hommes de bonne volonté d’injustices, de violations de la dignité de l’homme, voire de peuples. Certains entraînèrent des évolutions, par exemple du droit du travail, ou un nouveau regard sur le développement. Tous s’efforcent d’inspirer des attitudes justes dans le rapport aux biens terrestres et dans les relations socio-économiques.

« Experte en humanité » (Paul VI), l’Église offre dans sa doctrine sociale un ensemble de principes de réflexion, de critères de jugement et de directives d’action, tout en laissant aux fidèles laïcs le choix des voies et moyens (et du reste l’Église ne propose pas de modèle). La doctrine sociale de l’Église est une sagesse qui actualise l’Évangile. Cet enseignement est à la fois en renouvellement continuel (pour l’adapter aux changements des conditions historiques et des événements) et d’une grande continuité, car son objectif et ses fondements sont immuables.

Son objectif est le développement intégral de tous les êtres humains. Par développement intégral, il faut entendre évidemment que chacun ait accès aux soins et dispose des moyens de vivre décemment, mais aussi que chacun puisse bénéficier d’une formation intellectuelle, morale et spirituelle.

Quant aux fondements, ils peuvent être regroupés en cinq éléments. Les voici:

La dignité de la personne humaine, image de Dieu, libre et responsable, d’où découle des droits et des devoirs.

L’objectif fondamental que doivent poursuivre les divers acteurs de la vie économique et sociale est le bien commun. et non pas l’intérêt particulier d’une personne ou d’un petit groupe. Aujourd’hui, chaque catégorie sociale a tendance à réclamer avec force, y compris au moyen de la grève, des avantages particuliers, sans se préoccuper du bien commun. Le marché et l’entreprise ont un caractère positif, de même que le profit, mais à condition que celui-ci ne soit pas le seul but.

Le principe de solidarité, tant au sein des États qu’entre pays, impose aux puissants et aux riches d’aider les faibles et les pauvres ; élément de justice, puisque toutes les nations et tous les êtres humains sont égaux, la solidarité est indispensable au développement. La solidarité s’étend aux générations futures, en nous imposant de respecter l’intégrité de la création, œuvre de Dieu, et donc de leur laisser une planète en bon état. La solidarité signifie « se sentir tous responsable de tous ».

Selon la subsidiarité, ni l’État ni aucune autre entité ne doivent jamais se substituer à l’initiative des individus et des corps intermédiaires. Cela signifie que chacun doit être laissé libre d’accomplir ce qu’il est capable de faire, par exemple la commune plutôt que la région, la région plutôt que l’État.
Enfin, si la propriété est un droit naturel de l’homme, il n’est pas absolu, étant tempéré par la recherche du bien commun, la solidarité et la destination universelle des biens ; selon celle-ci, « la propriété d’un bien fait de son détenteur un administrateur de la Providence pour le faire fructifier et en communiquer les bienfaits à autrui, et d’abord à ses proches » (Catéchisme de l’Église catholique, no 2404).

De la solidarité dans la doctrine sociale de l’Église. La solidarité demeure une question centrale des nations, sur laquelle la doctrine sociale de l’Église, élément de la « nouvelle évangélisation » tant prônée par Jean-Paul II, a toujours beaucoup insisté. Au premier chef, la solidarité dans l’Église réunit, sous le nom de communion, les vivants et les morts, les saints et les pécheurs. De manière plus temporelle, la solidarité apparaît comme une partie de la vertu de justice distributive. Alors que la justice commutative traite des obligations juridiques de personne à personne (sous forme d’équivalence des biens échangés), la justice distributive règle ce que, dans une recherche du bien commun et en considérant la dignité égale de tous les hommes ainsi que de la destination universelle des biens, la communauté doit aux citoyens, proportionnellement à leurs contributions et à leurs besoins, que ce soit au sein de la famille, d’une région, d’une nation ou, plus largement encore, entre les pays. Relèvent de cette justice, au sein de notre pays, toutes les mesures de redistribution, comme les allocations familiales, les aides au logement, le RSA, etc. Et, dans les rapports internationaux, toutes les mesures d’aides et d’assistance aux pays en voie de développement.

Jean-Paul II avait montré (dans Laborem exercens en 1981) que le travail, étant pour chacun un devoir et une nécessité, instaure une solidarité entre les hommes, en visant le bien commun, et parce que chacun occupe une place indispensable à l’ensemble, que ce soit au sein de l’entreprise mais aussi, au-delà, des autres entreprises, des administrations et des diverses collectivités. Dans des encycliques postérieures, dans le droit fil de Populorum progressio de Paul VI (1967), ce Pontife exposa que cette solidarité s’étend au plan international. Dans la recherche d’un monde meilleur de justice et de paix, elle doit battre en brèche les fondements de l’injustice et de la violence, non par la violence ou par la lutte des classes, mais par le dialogue et la concertation. Et cette solidarité renouvelée doit désormais être planétaire : le bien commun mondial appelle une nouvelle solidarité sans frontière. Elle suppose des engagements concrets : le partage des techniques et de la prospérité, le respect des Droits de l’homme, la prévention des conflits, ainsi que le dialogue serein entre les civilisations et les religions. L’objectif est d’allier l’humanisation à la mondialisation.

Revenant sur la doctrine sociale dans Caritate in veritate (l’amour dans la vérité) en 2009, Benoît XVI englobe dans l’exigence de la solidarité de nombreuses thématiques primordiales pour l’avenir de l’humanité, la primauté de l’homme sur le capital, le profit et la finance, la dignité des travailleurs et des immigrés, la gestion des ressources naturelles, la protection de l’environnement, la responsabilité sociale des entreprises, la redistribution mondiale des richesses, l’aide au développement, mais aussi le fait que la technique doit rester la servante de l’homme et soumise au jugement moral. Cela est particulièrement frappant en matière de bioéthique, où tout ce qui est actuellement possible n’est pas moralement admissible, allant contre la nature de l’homme. Enfin, selon le Souverain Pontife, le développement intégral doit comprendre une croissance spirituelle, et pas seulement matérielle. « Il n’y a pas de développement plénier et de bien commun universel sans bien spirituel et moral des personnes considérées dans l’intégrité de leur âme et de leur corps ».

L’Église insiste sur la capacité créatrice des hommes, libres et responsables, leur capacité d’agir et de modifier le cours des choses. Nous sommes tous des coopérateurs de Dieu, en continuant en quelque sorte la création du monde, qui n’est pas achevée. Ainsi, face à la morosité et au pessimisme ambiants, l’Église est optimiste et fait confiance aux êtres humains et surtout à la jeunesse, qui est son avenir. Elle ne croit pas à la fatalité ; elle estime que même les crises sont une occasion de remise en cause et de discernement, permettant d’élaborer de nouveaux projets, permettant d’améliorer le monde.

DES « PRIMAIRES » EN DEPIT DE LA CONSTITUTION

Joël-Benoît d’ONORIO

Professeur des Universités

Passe encore que les gens de gauche se gargarisent de leurs « primaires », belle opération de propagande audiovisuelle infligée au pays « ad nauseam ». Mais que la droite succombe aux supposées vertus de la formule est étonnant. Il est déjà surprenant qu’aucune autorité de l’Etat n’ait soulevé l’objection d’inconstitutionnalité à l’encontre de cette procédure. Le ministre de l’Intérieur l’a certes implicitement signalée, le soir du « premier tour », mais c’était bien tard. Et le Président de la République l’a subrepticement évoquée ensuite, mais c’était bien peu.

Car, si ces « primaires » sont effectivement contraires à l’esprit de la Ve République, elles sont aussi et surtout contraires à la lettre même de notre Constitution dont l’article 3 proclame que le suffrage « est toujours universel, égal et secret ». Or, en l’espèce, il s’est agi d’un véritable vol de la démocratie, aggravé d’un viol de la Constitution dans la mesure où le principe intangible du secret du vote a été outrancièrement transgressé puisque, aussi bien en allant voter qu’en s’abstenant, les citoyens ont été contraints de dévoiler leurs opinions politiques. Nonobstant l’aval – purement technique et nullement constitutionnel – de la CNIL, ce système est intrinsèquement pervers car, si chacun reste libre d’afficher ses préférences en allant aux urnes, il en est résulté que ceux qui n’en ont rien fait ont été néanmoins catalogués, à leur corps défendant, en subissant un véritable « outing » politique !

On pourrait rétorquer qu’on n’avait pas à respecter la Constitution à la lettre puisque ce vote n’avait rien d’officiel. Mais raison de plus pour ne pas permettre un usage privé des listes électorales! Or, c’est bien ce qui s’est passé en mobilisant l’ensemble des Français pour régler une affaire interne à un parti incapable de désigner tout seul son candidat à l’élection présidentielle. Pour ce faire, le Parti socialiste – comme tout autre parti – avait certes le droit de choisir une méthode à sa convenance (à pile ou face, à la courte paille, etc.) mais, s’il tenait absolument à un vote, il eût fallu que ce fût uniquement à partir de ses propres listes de militants et sympathisants, comme en 2007. D’ailleurs, le recours au « suffrage universel » n’était même pas une garantie puisque, si on en croit le nombre (invérifiable, si tant est qu’il soit simplement fiable…) de votants et de membres du parti, le candidat des socialistes aura été choisi par une écrasante majorité d’électeurs extérieurs au parti où, de surcroît, il semblerait que se soit glissé un nombre non négligeable d’adversaires politiques souhaitant favoriser un candidat moins dangereux pour leur propre favori lors de la véritable élection de 2012… Il y aurait largement motif à frustration pour les postulants éliminés qui pourraient légitimement se plaindre d’avoir été victimes d’une conjuration d’infiltrés…

Toutes les assurances sur le respect du secret du vote sont illusoires car, avant de détruire les listes émargées, rien n’empêche d’y relever des noms significatifs dans un sens ou dans l’autre. Désormais, les municipalités pourront savoir à quoi s’en tenir sur les opinions de certains de leurs employés, collaborateurs ou fournisseurs…

On a fait fi aussi de l’égalité et de l’universalité du suffrage, ce qui est pour le moins paradoxal de la part d’un parti républicain se disant de gauche mais qui, en exigeant un euro pour pouvoir voter, a rétabli le suffrage censitaire… que l’on croyait pourtant définitivement aboli en France depuis 1848 ! Mais que font les haut-parleurs des droits de l’homme « opposés-à-toutes-les-discriminations » ?...

En outre, quasiment personne n’a fustigé les appels à une « VIe République », c’est-à-dire à un bouleversement des fondements mêmes de notre régime politique. Pourtant, ce subtil équilibre constitutionnel dont le général de Gaulle a doté la France a amplement fait la preuve de sa pertinence démocratique et de son efficacité institutionnelle. Obsession d’un politicien infatué et sentencieux, cette idée saugrenue a été en partie reprise par les deux finalistes socialistes, ce qui montre que plus d’un demi-siècle n’a pas suffi à certains pour accepter et comprendre la Ve République. En réalité, la pseudo « VIe République » n’est qu’un maquillage grossier de la IVe dont les nostalgiques ont fait des petits.

Cet aspect du débat, totalement occulté, est bien plus important et déterminant pour l’avenir de la France que le concept abscons et factice de « démondialisation » sur lequel on a inutilement concentré les tirs. L’emballement fiévreux pour la prétendue panacée des « primaires » a fait peu de cas des principes fondamentaux de nos droits et libertés qui ont été enfreints dans une indifférence générale et un silence déconcertant. Il est vrai que les Constitutions, elles, peuvent être violées sans qu’elles crient.

Cet article a été publié par Le Figaro du 16 octobre 2011

P.S. : Le titre officiel de « Primaires citoyennes » est lui-même anticonstitutionnel puisque « citoyen, citoyenne » sont des substantifs et non des adjectifs qui n’existent pas tels quels en français où l’adjectif correspondant est « civique ». Or, la Constitution dit que « La langue de la République est le français »…