Dernière mise à jour 14/02/2016 Retour au sommaire

Bloc-notes

 

Dans ce bloc-notes (traduction officielle de blog), commencé en décembre 2009, et que je ne tiendrai que de façon très épisodique, en réalité assez rarement, je donnerai mon sentiment sur certains débats, exposerai certaines idées personnelles (parfois à contre courant de la pensée commune), le tout sans aucun ordre ni aucune logique, en tâchant de conserver la modération dans mes jugements, et en tâchant de ne pas être anxiogène (tendance des médias, qui aiment à annoncer et amplifier les mauvaises nouvelles, et hésitent à rapporter les bonnes !). Le monde n'est pas que noirceur et catastrophes. Pour vous en convaincre, voyez le bloc-notes participatif de bonnes nouvelles : www.des-bonnes-nouvelles.org. Je rappelerai sans doute aussi quelques faits historiques.

Le but caché de l'UE: la destruction de l’Europe. Le but caché de l'UE est de détruire les nations, derrière les belles notions d'ouverture, d'universalisme, de « vivre ensemble » ou de progrès. Dans le livre La France des régions expliquée aux plus jeunes (éd. Nouvelles République, 2015), ce but est exposé clairement: « L'UE, c'est transporter sur notre continent le système fédéral des Etats-Unis, transformer les régions de tous les pays en Etats. Puis les réunir pour former un seul grand pays, l'Europe » (J.-L. Barreau, Le Figaro, 5 févr. 2016).

La destruction de l’empire austro-hongrois après la première guerre mondiale. Selon une légende tenace, les gouvernants Français, particulièrement Clemenceau, seraient à l’origine de la dissolution de l’empire austro-hongrois. C’est totalement inexact. Du reste, encore en octobre et novembre 1918 le gouvernement français tenta de maintenir ensemble, par une négociation secrète avec Vienne, au minimum l’Autriche et la Hongrie (les Slaves reprenant leur liberté, ne serait-ce que pour éviter que la partie allemande de la double monarchie ne vienne renforcer l’Allemagne (G.-H. Soutou, La Grande illusion. Quand la France perdait la paix, 1914-1920,Tallandier, 2015, p. 263, p. 271, p. 313). Le Président Américain Wilson, dont le rôle fut déterminant dans les traités, se rallia à une stricte application des nationalités de l’Autriche et de la Hongrie, donc à la disparition de l’Empire (G.-H. Soutou, op. cit., p. 270). De nombreuses personnalités, y compris Françaises, multiplièrent les initiatives pour tenter de lempêcher (dont Boni de Castellane qui, au-delà de son côté flamboyant, était dune grande lucidité et avait des relations dans les milieux gouvernementaux de toute lEurope; il en reçut beaucoup chez lui, à la fin de la guerre, pour tenter de les raisonner : E. Mension-Rigau, Boni de Castellane, Perrin, 2008, pp. 217 et s. ; déjà en juin 1914, de la même manière il avait essayé dempêcher la guerre : E. Mension-Rigau, op. cit., pp. 179 et s.)  Au demeurant, il semble exact daffirmer que « ce ne furent pas tant les Alliés qui mirent fin à la monarchie des Habsbourg que les peuples qui la composaient » (G.-H. Soutou, op. cit., p. 278). Et l’empire s’était effondré de l’intérieur avant même les armistices de 1918 (G.-H. Soutou, op. cit., p. 338. - Comp. Jean-Paul Bled, L’Agonie d’une monarchie Autriche-Hongrie 1914-1920, Tallandier, 2014) - 14/02/2016.

Laccord de Schengen.  Avec le drame actuel des flots de réfugiés pénétrant en Europe, les yeux souvrent enfin sur la folie de laccord de Schengen, signé le 14 juin 1985, oeuvre désastreuse, comme tant dautres, de Mitterand (voyez plus bas la rubrique sur leuro), malgré les mises en garde très vives de son ministre de lintérieur de lépoque, Pierre Joxe (01/10/2015).

L’empire austro-hongrois et sa responsabilité dans la première guerre mondiale.  L’Empereur d’Autriche François-Joseph annexa en 1908 la Bosnie-Herzégovine, suscitant la colère de la Serbie ; l’Empereur avait caché ce coup de force au roi Edouard VII qui, quelques semaines auparavant, était venu le rencontrer pour le prier de freiner l’Empereur d’Allemagne dans sa course à l’armement. C’est un des premiers éléments déclencheurs de la guerre de 1914.

L’attaque de la Libye (et indirectement de l’empire Ottoman, puisque ce pays en est une régence dépendante) par l’Italie en 1911 est considérée par les historiens comme ayant également joué un rôle déclencheur.

L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 mit le feu aux poudres. Cependant la guerre pouvait être encore évitée. Mais, en réalité, tant l’Empereur Guillaume II d’Allemagne que l’Empereur François-Joseph voulaient en profiter pour éliminer la Serbie (cf. J. des Cars, Le Sceptre et le sang, Perrin, 2014, p. 105), dont voulait saccroître territorialement l’Autriche (J.-J. Becker, LAnnée 14, A. Colin, 2004, pp. 35, 49-54.) Celle-ci adressa à la Serbie le 23 juillet un ultimatum en français, dont les conditions sont telles qu’elle espérait bien que la réponse serait négative, d’autant que le délai fixé n’était que de 48 heures! Contre toute attente, la Serbie accepta dans le délai la quasi-unanimité des exigences de François-Joseph (sauf la présence de policiers autrichiens en Serbie pour enquêter, ce qui aurait été une ingérence inadmissible). François-Joseph, considérant que ses exigences n’avaient pas été acceptées, déclencha la guerre et commença immédiatement les opérations. Puis, dès le 2 août, sans aucune déclaration de guerre, l’armée allemande entra au Luxembourg et en France.

L’archiduc Charles était pacifiste et, s’il avait été au pouvoir en 1914, il n’aurait certainement pas ouvert les hostilités, d’autant plus qu’il était très conscient des fragilités de l’empire. Mais il ne sut pas s’affirmer ni s’opposer à François-Joseph (contrairement à l’archiduc François-Ferdinand). Dès qu’il fut sur le trône, après le décès François-Joseph (le 21 novembre 1916), il chargea deux de ses beaux-frères, Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, d’avoir des entretiens en France et en Angleterre pour proposer la paix (mais au début sans envisager la restitution par l’Allemagne de l’Alsace-Lorraine, mais « le retour au statu quo, avec quelques concessions en Alsace », ce qui était inacceptable pour la France [cf. E. Feigl, Zita de Habsbourg, Mémoires d’un Empire défunt, préface F. Fetjö, Criterion, 1991, p. 183]). Divers intermédiaires (dont Boni de Castellane) facilitèrent les rencontres entre les princes et les autorités françaises et anglaises. Seulement l’Italie ne voulait pas en entendre parler (car elle avait subordonnée son entrée en guerre à d’importants accroissements territoriaux à prélever sur l’Autriche) tandis l’Empereur Charles nentendait pas abandonner l’alliance avec l’Allemagne (dont les militaires refusaient plus encore que l’Empereur toute idée d’arrêter les combats avant la victoire). Malgré tout, les princes Sixte et Xavier continuèrent leurs rencontres. Peu après l’abdication du tsar Nicolas II (le 15 mars 1917), et alors que Sixte de Bourbon Parme était en conversation avec les autorités françaises, le ministère des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, le comte Czernin, informé par l’Empereur Charles desdites conversations auxquelles il était opposé, rédigea une note comminatoire à l’intermédiaire Autrichien (le comte Erdödy, ami d’enfance de Charles), indiquant que « l’alliance entre l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne, la Turquie et la Bulgarie est absolument indissociable. Une paix séparée de l’un de ces États est pour toujours exclue » (E. Feigl, op. cit., p. 204). Puis, le 2 avril 1918, Czernin, prétendit dans un discours que Clemenceau, président du Conseil Français, avait présenté une offre de négociation. Furieux, celui-ci communiqua à l’agence Havas la lettre de l’Empereur Charles du 24 mars 1917, remise par Sixte à Poincaré, Président de la République, où il s’engageait officieusement à « appuyer les revendications légitimes de la France relatives à l’Alsace-Lorraine » (E. Feigl, op. cit., p. 194). Berlin s’estima trahie. Czernin, pour ne pas perdre la face, exigea de Charles qu’il publiât un démenti, ce qu’il fit et il se rendit même au quartier général de Guillaume II pour confirmer son démenti et adopter une position offensive (cf. J. des Cars, Le Sceptre et le sang, Perrin, 2014, p. 236); ce fut une grosse faute. Czernin explique plus tard qu’il avait mis en avant dans son discours l’affaire avec Clémenceau intentionnellement « pour rompre tous ces liens et faire qu’ils soient impossibles à l’avenir » (E. Feigl, op. cit., p. 248). Donc, je trouve qu’il est injuste de faire porter l’échec des pourparlers à Clemenceau, qui certes empêcha par la divulgation de la lettre de Charles l’arrêt de la guerre quelques mois avant sa fin réelle (mais pas plusieurs années comme cela est généralement affirmé), alors que la responsabilité principale me semble incomber à l’Empereur Charles, qui n’eût pas le courage d’assumer ses actes et de se séparer de Guillaume II à ce moment, ce qui eût peut-être sauvé son empire. Le démantèlement de l’empire Autriche-Hongrie par le traité de Versailles a été une erreur, qui est souvent relevée par les historiens. Mais il ne faut pas oublier l’énorme responsabilité de cet empire dans l’effroyable catastrophe de la première guerre mondiale et le fait que les nationalismes en son sein étaient de plus en plus vifs, de sorte qu’il n’était sans doute plus viable (comme le montre louvrage de Jean-Paul Bled, L’Agonie d’une monarchie Autriche-Hongrie 1914-1920, Tallandier, 2014. - AddeG.-H. Soutou, La Grande illusion. Quand la France perdait la paix, 1914-1920, Tallandier, 2015, pp. 278 et 338). Quoi quil en soit, lEmpereur Charles était humainement une personnalité exemplaire; du reste il a été béatifié par le Pape Jean-Paul II en 2004 (22 sept. et 2 nov. 2015).

Le poids de la fonction publique française. Les effectifs sont toujours en hausse. La France compte 5,4 millions de fonctionnaires, qui pèsent 40% du budget de l’État. La proportion d’emplois publics dans notre pays représente le double de la moyenne de l’OCDE pour les services publics, dont pourtant chacun constate leur constante dégradation (22 sept. 2015).


De Mitterand. Jentends chanter de plus en plus les louanges de Mitterand dont la présidence a pourtant été un désastre à tous égards, dabord moral (avec notamment les écoutes pratiquées de la présidence). En matière économique par les nationalisations, la gabegie, le traité de Maastrich (voir plus loin la rubrique sur leuro), lISF, les entraves aux entreprises, etc.
Dans le domaine international ce n
est pas mieux, malgré les voix qui le font maintenant passer pour un génie. Que lon songe au désastreux accord de Schengen.

Mais aussi, sans être exhaustif, à son comportement envers lAllemagne. Effrayé par la réunification, il tenta de la ralentir, comme le confirme les documents déclassifiés par le Foreign office. Et que dire de son attitude face au coup dEtat en URSS de 1991 ? Le 19 août 1991, un groupe se faisant appeler le Comité dÉtat pour létat durgence essaya de prendre le pouvoir à Moscou. Il annonça que Gorbatchev, étant malade, avait été remplacé à son poste de président. En réalité, Gorbatchev était en vacances en Crimée lorsque la prise de pouvoir fut déclenchée et il y resta durant tout son déroulement. Le vice-président de lUnion soviétique, Guennadi Ianaïev, fut nommé président par intérim. Mitterrand déclara vouloir attendre les intentions des « nouveaux dirigeants » soviétiques reconnaissant ainsi de facto le gouvernement issu du putsch. Pire, il nhésita pas alors à lire en direct à la télévision une lettre envoyée à son intention par Ianaïev. Des manifestations importantes contre les dirigeants du coup dÉtat se déroulèrent à Moscou et à Leningrad. Durant lune des manifestations, Eltsine se tint debout sur un blindé pour condamner la « junte ». Limage, diffusée dans le monde entier à la télévision, devint lune des plus marquantes du coup dÉtat et renforça très fortement la position d’Eltsine. Le coup d’Etat échoua (01/10/2015).

Mitterand navait ni ligne à long terme, ni idées directrices, ni vision densemble. Normal 1er se situe dans cette lignée.
Lybie. Les amis de Normal 1er se plaisent à critiquer l’intervention du président Sarkozy en Lybie, en 2011, bien que réalisée sous l'égide de lOrganisation des Nations unies, et approuvée par un vote de la plupart des députés socialistes à l’Assemblée nationale. Dans un entretien du Figaro daté du 20 septembre 2015, Hubert Védrine, ancien ministres des affaires étrangères socialiste respecté, reconnaît que cette intervention était légitime et nécessaire. Mais les pays occidentaux, principalement la France et la Grande Bretagne, auraient dû se préoccuper de la suite de leur intervention, malgré l’opposition des Lybiens à leur ingérence. Seulement on ne peut pas imputer au président Sarkozy l’inaction qui est en réalité le fait de son successeur, l’inénarrable Normal 1er.

Classement des grandes écoles . Une étude réalisée par Emolument relève que les polytechniciens et centraliens sont les jeunes actifs les mieux payés par la City, loin devant ceux qui sortent dOxford ou de Cambridge. De même, les écoles de commerce, HEC et ESSEC en tête, sont plus prisées que la London Business School. De quoi relativiser le classement Pisa de l'OCDE pour juger de la qualité de lenseignement supérieur en France (6/09/2015).

Cuba. Normal 1er a cru devoir, non seulement se rendre à Cuba pour brûler la politesse au président Obama, mais louer Fidel Castro, qui a illustré lHistoire. Il la illustrée comme quiconque a exercé des responsabilités, mais il la illustrée négativement (comme cela sera le cas, en moins dramatique, de Normal 1er). Castro a créé la pire dictature et la plus longue dAmérique latine. De plus il a ruiné son pays. Lors de son coup dEtat, en 1959, Cuba figurait parmi les nations les plus prospères économiquement de la région. Aujourdhui, elle compte parmi les plus pauvres (13 mai 2015).

Haïti. En Guadeloupe, Normal 1er a promis que la France indemniserait Haïti, avant de tenter datténuer ses propos. Ce que jécrivais en 2010 à ce sujet, lors du tremblement de terre qui dévasta ce pays, conserve sa pertinence. Voici mes popos dalors. La tragédie d'Haïti est une nouvelle occasion pour certains Français qui détestent leur pays (V. plus loin la rubrique Fierté nationale), parmi lesquels nombre de journalistes, de jeter l'opprobre sur la France, qui serait à l'origine de tous les maux d'Haïti (à l'exception, peut-être du tremblement de terre), passés, actuels (plus de deux siècles après l'indépendance de 1804) et futurs ; et de réclamer une repentance de plus (V. plus loin la rubrique Lois mémorielles). C'est notament le cas de Claure Ribbe dans un "point de vue" outrancier publié par Le monde le 16 février 2010. Il est indéniable que ce pays a été une colonie, avec tous les vices détestables de ce système, et que Bonaparte y a adopté une conduite désastreuse et condamnable. A la Restauration, sous Charles X, il fut convenu qu'Haïti verserait 150 millions de francs pour indemniser les colons expropriés et expulsés. Elle fut ramenée à 90 millions sous Louis-Philippe par un traité en 1838 (J. Marin, L'Empire renaissant, 1789-1871, Denoël, 1987, p. 100-101). Les gouvernements successifs d'Haïti tinrent à honorer cette dette, ce qui est tout à leur honneur, jusqu'à son paiement complet, qui intervint en 1886. Les "bonnes âmes" expliquent que c'est cette dette qui ruina Haïti, et que ce pays n'a jamais pu s'en remettre. C'est absurde. Haïti était, avant la Révolution, la colonie française la plus riche et la plus prospère, "la perle des Antilles". Je reconnais que la France aurait pu se dispenser de demander cette indemnité. Mais son montant n'était pas extravagant et ne pouvait pas ruiner le pays définitivement. Pour fixer l'ordre de grandeur, il suffit de remarquer que la seule ville de Paris paya 50 millions aux occupants en 1814-1815 pour leurs "frais de séjour" (indépendamment des indemnités considérables versées par l'Etat), ou que le budget de la marine française était de 219 millions en 1866. Enfin, Haïti bénéficie depuis des années d'une aide massive de la communauté internationale sans que sa situation se soit améliorée de façon sensible (17 févr. 2010).

Aux "bonnes âmes" qui prêchent la repentance à sens unique, dont l'auteur du "point de vue" précité, il est bon de rappeler ceci (du reste Claure Ribbe le sait sans doute, puisqu'il connaît l'histoire d'Haïti). Lors de l'indépendance, les chefs insurgés nommèrent empereur Dessalines (qui fut sacré le 8 octobre 1804, sous le nom de Jacques 1er, par un capucin qui s'était autoproclamé Pape). Dessalines, nouveau desposte, infligea aux Blancs, avant d'expulser les survivants, des "supplices les plus raffinés", il fit "suspendre ses prisonniers aux arbres par les testicules, grisé de les voir descendre peu à peu, à longueur de viscères, avant que d'un seul coup les malheureux ne tombent au sol vidés comme des poulets" (A. Conte, L'Epopée coloniale de la France, Plon, 1992, p. 118)(18 févr. 2010).

Loi Taubira. Contrairement à ce qui a été affirmé par le gouvernement lors de la votation de la loi Taubira dite "du mariage pour tous" (sauf pour Normal 1er), la légalisation du mariage  homosexuel conduit inévitablement à la reconnaissance de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples féminins et à la gestation pour autrui (GPA) pour les couples masculins; donc dans le premier cas à la banalisation des manipulations génétiques; et, dans le second, à la "marchandisation" des corps avec la pratique des "mères porteuses". En effet, la loi Taubira institue l'égalité totale des droits des divers mariés. Or, le mariage ouvre droit à l'adoption et à la filiation. Aucune discrimination n'est possible entre les mariages, comme cela a été rappelé, tant par la Cour européenne des droits de l'homme le 26 juin 2014 (n° 65941/11) que par la Cour de cassation (avis n° 15010 et 15011 du 22 sept. 2014).

La justice. Nicolas Sarkozy a sans doute été parfois maladroit dans ses déclarations sur la justice, mais la réaction des magistrats est excessive, et les propos de certains magistrats à son encontre absolument scandaleux (notamment celles d'un dénommé Trévidic). En présence de cette indignation des magistrats, un petit rappel: seuls deux magistrats refusèrent de prêter serment au maréchal Pétain ! Comparez!

Face à la rengaine du manque de budget de la Justice, il faut rappeler qu'il a augmenté en moyenne de 3,5% depuis 2007. Sa célérité a-t-elle été améliorée d'autant? Je crois aussi qu'il faudrait s'interroger sur la pertinence des "vacances judiciaires", pratiquement calquées sur les vacances scolaires, sauf des permanences, notamment pour les référés et les flagrants délits (9-10 févr. 2011). 

Effectifs universitaires. En 1939, il y avait pour toute la France 90 000 étudiants, toutes disciplines confondues, c'est-à-dire moins que les seuls étudiants en Droit et économie de Toulouse (UT 1 Capitole) en 2011 !

Taux de détention. Contrairement à une idée reçue, véhiculée par les médias, le taux d'incarcération en France (95 pour 100000 habitants) est très inférieur à celui de la plupartt des pays de l'Union européenne (134 en Espagne, 151 au Royaume-Uni, 216 pour la Pologne; la moyenne européenne est de 122) (5 févr. 2011).

Manuscrits royaux de Corée. La décision, au dernier trimestre 2010, du Président de la République de restituer à la Corée, sous forme d'un prêt de longue durée renouvelable (en réalité définitf) les manuscrits royaux de Kanghwa détenus par la BNF a donné lieu à beaucoup de commentaires. Les conservateurs de musée, qui au demeurant n'avaient pas été consultés, se sont insurgés contre cette mesure, créant un précédent très dangereux pour les collections nationales, théoriquement inalinéables. En revanche, selon d'autres personnes, il s'agissait là d'une réparation légitime, ces manuscrits ayant été volés par les troupes françaises en 1866. Le vol est certain. Mais il faut préciser que, si l'armée de la République était intervenue, c'est à la suite du massacre de 8.000 catholiques Coréens et de neuf missionnaires Français (25/12/2010).

Mémoires de Raymond Aron. « Réduire la durée du travail sans réduire la paye hebdomadaire, abaisser l'âge de la retraite : toutes ces propositions tendent à partager le travail, non à créer des emplois. (...) La gauche va loin dans l'aveu d'impuissance : création de fonctionnaires et mises à la retraite anricipée caractérisent bien la médiocrité intellectuelle et morale d'un parti de fonctionnaires » (cité par E. de Montety, "L'oeil d'Aron", Le Figaro littéraire, 18 nov. 2010).

Grèves. Les syndicats de la RATP et de la SNCF viennent de décider une grève reconductible contre la réforme des retraites. Le paradoxe assez scandaleux est que pour l'instant la réforme ne concerne pas ces entreprises publiques. Elles continueront d'être régies par leur régime spéciaux très avantageux jusqu'en 2017. Ainsi, les conducteurs de train continueront de pouvoir prendre leur retraite à 50 ans, avec une décote, et les autres employés de la SNCF à 55 ans ! En 2017, l'âge minimum de départ à la retraite des agents de conduite sera porté à 52 ans et à 57 ans pour les autres (6/09/2010).

La France, pays d'émigration. Le flux migratoire vers la France ne cesse d'augmenter, malgré les clameurs et défilés d'organisations diverses prétendant l'inverse. Les arrivées d'étrangers ont augmenté de 8,3 % au premier semesrtre 2010 (soit 100 000 nouveaux titres de séjour), tandis que les regroupements familiaux ont progressé de 31 % et les naturalisations de 11,7%, sans compter évidemment les cohortes de clandestins. En comparaison, du début de l'année au 1er septembre, 8328 Roms ont été reconduits à la frontière (en exécution d'une décision de justice). En 2009, la France a accueilli 180 0000 personnes et 140 000 ont été naturalisées. La France est le premier pays européen en termes d'accueil de réfugiés politiques, le deuxième au monde après les Etats-Unis (05/09/2010).

Police de proximité. Martine Aubry vante la police de proximité, qu'elle veut remettre en place si la gauche revenait au pouvoir. Or, l'expérimentation de la police de proximité de 1997 à 2002, alors que Lionel Jospin était premier ministre, fut un échec retentissant. En cinq ans, les crimes et délits augmentèrent de 17 % (les violences grimpant même à 50 %). Pire, le taux de réussite policière fut le plus bas jamais enregistré (la police et la gendarmerie ne résolvaient plus qu'une affaire sur quatre contre une sur trois aujourd'hui). Cette police de proximité déambulait le jour alors que les délinquants se manifestent surtout la nuit. Elle nécessitait d'importants effectifs, alors que la funeste loi de la même Aubry sur le temps de travail entrait en vigueur, privant d'un seul coup les forces de l'ordre de l'équivalent de 10 000 emplois à temps plein, autant que les actuelles réductions d'effectifs tant décriées actuellement par le parti socialiste (03/09/2010).

Des « affaires ». La déferlante médiatico-politique des "affaires" est consternante. On sent l'envie de certains, auquels les medias de masse prêtent la main avec joie, de détruire et de salir, amplifiant les moindres rumeurs, bafouant la présomption d'innocence, violant les secrets de la vie privée et de l'instruction. Ils répandent l'idée que les hommes politiques sont tous corrompus et ont des trains de vie fantastiques, alors qu'ils sont presque tous honnêtes et que leurs revenus sont très inférieurs à ceux des dirigeants d'entreprise, des présentateurs de télévision (si prompts à donner des conseils), des acteurs, des mannequins et des sportifs. Le discours actuel des « petits maîtres », selon lequel « ils sont tous pourris », est non seulement injuste mais dangereux pour la société et la démocratie. Aujourd'hui, tout individu se croit autorisé à accuser et à condamner (verbalement) d'autres personnes avant toute juridiction, de juger avant de comprendre et de s’informer, bafouant la présomption d’innocence et, à travers elle, la dignité de l’homme ; les rumeurs, soupçons, dénonciations, condamnations, se propagent avec célérité. Chaque citoyen, tout en croyant pouvoir marcher à la seule lumière de sa lampe personnelle (et, au fond, ayant « bonne conscience » plus que droite conscience), s’érige en juge d’autrui, spécialement des hommes politiques (il est vrai décrédibilisés depuis des années par les diverses marionnettes de l'information, dont la nocivité sur l'esprit public est patente). « Chacun tient la présomption d’innocence pour son droit à soi et la présomption de culpabilité pour le droit des autres » (J.-D. Bredin) (18/07/2010).

De la fiscalité. La moitié des Français ne paye pas d'impôt sur le revenu et est donc favorable à l'augmentation des aides de toutes sortes (et des impôts pour les autres). Ces mêmes personnes sont, soit exonérées de la taxe d'habitation soit bénéficient d'un allégement significatif de celle-ci, ce qui explique la pression qu'elles exercent sur les élus locaux afin qu'ils augment indéfiniment les dépenses locales. Jean-Philippe Delsol, qui rappelle ces faits, écrit que « l'impôt ne peut être moral s'il est à la charge de quelques-uns au profit de tous. Il en arrive vite à un déni de justice et de démocratie. (...) La démocratie exige que tous participent à la vie de la cité, c'est-à-dire aussi à sa charge. C'est pourquoi l'impôt proportionnel (...) rejoint ici l'équité. Si tous payent l'impôt, même un tant soit peu, tous seront attentifs aux dépenses publiques ». Plus simple et plus efficace que l'impôt progressif, il est aussi plus juste (16/07/2010).

Des retraites. Quelques données simples et incontestables, justifiant une réforme en profondeur. En 1950, l'espérance de vie en France n'était encore que de 69 ans pour une femme et de 63 ans pour un homme, et, en 1980, respectivement de 78 et 70. En 2007, elle est passée à 84 ans pour une femme et à 77 ans pour un homme. Il y a un demi-siècle, un retraité n'avait, en moyenne, que quelques années de vie devant lui ; il peut aujourd'hui escompter profiter d'une vingtaine d'années de "3e âge". Depuis cinquante ans, nous gagnons en France un trimestre d'espérance de vie par an.

De l'euro. Malgré la crise actuelle, l'euro demeure surévalué par rapport au dollar, au yuan et à la livre. Cet euro fort, sur lequel veille scrupuleusement la Banque centrale européenne, qui a succédé au franc fort, initié par Bérégovoy, ministre des finances puis Premier ministre de Mitterrand. Le franc fort avait été désastreux pour l'industrie française. L'euro fort l'a été pour l'Europe, sauf pour l'Allemagne. Cet objectif fixé comme un dogme, avec comme corollaire celui de l'absence d'inflation, a largement contribué à la perte de nos marchés d'exportation, à la désindustrialisation de nos pays, donc à la perte d'emploi et aux délocalisations. Une monnaie forte, l'absence d'inflation, l'équilibre budgétaire, peuvent être des objectifs souhaitables, mais ne doivent en aucun cas être regardés comme des dogmes : Tout dépend des circonstances. Ce qui compte, c'est le bien commun. Après les deux guerres mondiales, jamais la France n'aurait pu se reconstruire s'il avait fallu qu'elle se pliât à ces diktats. En revanche, la reconstruction achevée, il était nécessaire de stabiliser la monnaie. C'est par exemple ce que fit de Gaulle en 1959.

J'avais annoncé ces dangers de l'euro fort dès l'introduction de mon livre L’éthique des affaires et du management au XXIe siècle. Essai, Dalloz Dunod, 2000 ; 2e tirage 2001) de la façon suivante : La barbarie imprègne l'économie, sous le couvert d'un libéralisme effréné, du libre-échangisme et du monétarisme élevés au rang de dogmes. La politique du franc fort a causé des ravages dans notre pays, suscitant une immense cohorte de chômeurs, et le réapparition d'un nombre de miséreux, tel que la France n'en n'avait pas connu depuis le milieu du XIXe siècle (avant le second Empire). Vouloir coûte que coûte maintenir une monnaie forte, quelles que soient les circonstances et la conjoncture, est consentir à sacrifier les hommes, en acceptant un taux, lui aussi fort, de chômage. "Sous le couvert d'une prise de position technique, c'est en réalité un choix de civilisation essentiel qui est décidé : un anti-humanisme, l'homme sacrifié à cette "chose" qu'est la valeur de la monnaie" (Ph. Saint Marc, L'Économie barbare, Éd. Frison-Roche, 1994, p. 333 ) : C'est du pur matérialisme. Tout se tient. La barbarie la plus profonde est là. Les mêmes causes ayant les mêmes effets, je crains que l'euro fort, recherché par la Banque centrale européenne de Francfort (totalement indépendante des autorités politiques) conduise à des résultats humainement lourds.

Il est absolument inédit dans l'histoire de l'humanité et aberrant que les pouvoirs politiques démocratiquement élus n'aient aucune possibilité de déterminer la politique de la Banque centrale européenne, alors que les gouverments des Etats-Unis, de la Chine ou de la Grande-Bretagne mènent une politique monétaire efficace en fonction de leurs intérêts. Et il fut stupide d'adopter une monnaie unique sans une coordination des politiques économiques de la zone euro (composée de pays hétérogènes), ainsi que d'y admettre de plus en plus de pays (par un mouvement de fuite en avant irresponsable, comme celui qui conduisit aussi à élargir sans fin l'Union européenne). Il est indispensable de dévaluer fortement l'euro, et d'adopter enfin des politiques économiques et fiscales coordonnées. L'Union européenne en aura-t-elle la volonté et le courage ? Sinon, il faudrait scinder la zone euro en deux entités, l'une autour de la France, l'autre autour de l'Allemagne. D'autre par, il faut cesser d'admettre de nouveaux pays dans l'euro (et mettre un terme, mais c'est une autre question, d'élargir l'Union européenne).

L'Allemagne porte une grande responsabilité dans ce dogme de la stabilité de la monnaie et c'est elle qui imposa l'indépendance absolue de la Banque centrale européenne, au service du dogme. Ce choix de la surévaluation de l'euro est favorable à l'Allemagne, qui s'est imposé immédiatement une politique de déflation qui lui a permis de gagner un avantage compétitif important. Elle est seule capable d'exporter dans ces conditions en dehors de la zone euro, compte tenu de la haute technicité et qualité de ses produits, d'une main d'oeuvre habile et disciplinée (faisant rarement grève, connaissant peu l'absentéisme, non soumises aux 35 heures, des coûts du travail en baisse depuis dix ans de 1,4% par an en moyenne tandis qu'ils augmentaient de 0,8 par an en France, la retraite à 65 ans qui va passer porgressivement à 67 alors qu'elle est à 62 ans en France, sauf de nombreuses exceptions, etc.). Et elle peut exporter facilement dans la zone euro, vers les pays dans lesquels la dépense publique est plus importante et qui ont une tendance à l'inflation, ceux-ci ne pouvant plus équilibrer leurs comptes par une dévaluation, qui était le remède antérieur (22 févr. et 16 mars 2010).

Lors du débat télévisé du 3 septembre 1992 entre François Mitterand et Philippe Seguin, lors de la campagne du référendum relatif au traité de Maastricht créant l'Euro, Seguin avait annoncé les risques considérables de cette monnaire unique, notammant en cas de crise, et militait pour la création seulement d'une monnaie commune, en s'appuant sur les travaus du prix Nobel d'économie Emile Allais. Mitterand, qui n'y connaissait rien et s'est toujours trompé sur tout, avait balayé ces arguments d'un revers de main. Seguin avait raison, les faits le démonternzet maintenant (01/10/2015).

Droit de "retrait" des enseignants et violence scolaire. Il y a aussi lieu de s'étonner des abus de l'aberrant "droit de retrait", en vertu duquel les enseignants se dispensent d'exercer leur métier sous prétexte qu'un incident (il est vrai parfois grave) est intervenu dans leur établissement. Quelle conception du service public cette attitude reflète-t-elle ? Ils réclament, comme toujours, des moyens supplémentaires, comme si l'arrivée de quelques surveillants en plus pourrait régler la question de la violence à l'école, et battent le pavé (quel exemple donnent-ils à la jeunesse ?). Ils s'exonèrent un peu facilement de leur responsabilité dans l'instauration de cette violence. Pendant longtemps, tous ceux qui dénonçaient la montée de la violence à l'école étaient traités rien moins que de fascistes. Et n'oublions pas que, depuis un certain nombre d'années, nombre de maîtres (certes pas tous) ont décidé qu'il n'était pas question de forcer les élèves à demeurer silencieux et concentrés, ni d'exercer une quelconque autorité, l'école étant un "lieu de vie" où chacun doit pouvoir s'exprimer et où l'enfant doit tout réinventer par lui-même (ce qui est nommé le pédagogisme) (9 févr. 2010). Trop de professeurs "excusent fréquemment les actes répréhensibles de leurs élèves et mettent les égarements de ces "jeunes" sur le compte d'une fragilité psychologique et sociale. Les enseignants réclament toujours plus de moyens mais ne se mobilisent guère pour rétablir leur autrorité et réclamer l'ordre et la discipline au sein de leur classe" (selon V. Bouzou, professeur dans une zone défavorisée ; Le Figaro, 19 févr. 2010). Leur responsabilité n'est évidemment pas la seule, la société étant devenue plus violente d'une façon générale, l'école reflète l'état de la société. Et un nombre certain d'enfants rejettent aujourd'hui l'école républicaine, parfois soutenus dans leur rébellion par leurs parents, ce qui est un phénomène inédit très inquiétant (19 février 2010). La posture idéologique de nombre d'enseignants syndiqués est aussi assez singulière. Tout en constatant qu'une immigration massive non contôlée depuis une trentaine d'années paralyse l'intégration, ils militent contre les restrictions à l'immigration et contre les expulsions des émigrés sans papier (21 février 2010).

Emission de télévision "C Politique". J'ai regardé dimanche dernier une émission sur France 5, "C Politique", où fut d'abord reçu M. Martin Hirch. J'ai été scandalisé par la façon dont il a été traité par le journaliste, Nicolas Demorand, faisant montre, comme d'habitude, d'une rare suffisance (qu'a-t-il fait dans sa vie, quelles sont ses réalisations?), qui n'a d'égale que son ignorance (il avance toujours des propositions erronées comme des faits avérés), et son incorrection (interrompant sans cesse son interlocuteur), d'une sorte de mépris ironique pour ses hôtes (surtout de droite), d'un ricanement permanent tournant tout à la dérision, abaissant systématiquement toute discussion vers le bas et de mesquines considérations, incapable qu'il est d'imaginer que quelqu'un puisse avoir un idéal, des convictions, le sens de l'intérêt général. Il est le représentant achevé de l'hyper politiquement correct, ressassant d'un ton pontifiant tous les poncifs à la mode, posant les mêmes questions que ses confrères, auxquelles il a été déjà répondu cent fois, sur des points subalternes, incapable d'aborder les questions de fond. Même de Gaulle aurait été sali par ce genre d'individus (hélas très répandus sur les diverses chaînes) (16 févr. 2010).

Quotas. Je suis foncièrement opposé au principe des quotas, par exemple d'enfants de certains quartiers dans les grandes écoles ou les universités (qui serait la négation même du principe des concours républicains), même s'il faut évidemment favoriser la promotion sociale et la mixité sociale. Mais celle-ci repose prioritairement par une amélioration du niveau d'enseignement et d'exigence des écoles primaires et des collèges (150 000 collégiens sortent chaque année sans savoir lire ni compter), avec la suppression de l'aberrant collègue unique, une implication encore plus forte des enseignants (avec moins de grèves et d'absentéisme), qui devraient repérer et pousser les meilleurs éléments, comme cela était le cas autrefois (11 janv. 2010). Ces meilleurs élèves devraient peut-être bénéficier du soutien d'accompagnateurs. Les bourses longues devraient être augmentées, avec aussi des prêts d'honneur et des classes préparatoires de bon niveau créées dans les banlieues. Enfin, il faudrait faciliter le passage des filières techniques aux universités et aux grandes écoles (13 janv. 2010). On ne "mesure pas l'insulte faite aux classes populaires et aux boursiers quand on suppose implicitement qu'ils sont trop nuls pour s'en tirer tout seuls. Imagine-t-on Péguy ou Senghor en normaliens quotas ? L'idée les aurait fait vomir" (Luc Ferry, lui-même ancien boursier, Le Figaro, 14 janv. 2010).

Des peurs multiples. La peur submerge notre pays. Que ce soit la grand peur de l'an 2000 (dans le domaine informatique, dont j'avais dénoncé l'inanité), de la précarité, de la pollution, du réchauffement de la planète, de la mondialisation, du libéralisme, des sectes, des islamistes, des immigrés, des jeunes, des organes de l'Union européenne, de l'augmentation de la population, de la dette, des entreprises et des profits qu'elles peuvent créer, des délocalisations, des retraites, du mariage comme du divorce, de la canicule, des orages, des ondes émises par les téléphones mobiles, des radars sur les routes, des embouteillages, de la solitude comme de la cohue, du chômage comme du travail, des voleurs, des organismes génétiquement modifiés, du sida, du tabac, de l'amiante, des acariens, de la grippe, de la listeria, du chikungunya, de la disparition de la diversité des espèces mais en même temps de la réintroduction des ours dans les Pyrénées et des loups dans le Mercantour, que sais-je encore ? Nous n'avons jamais été aussi bien portants ni aussi inquiets pour notre santé. Remarquez que ces peurs sont parfois contradictoires. Il est sans doute peu d'exemples dans l'histoire de peuple plus marqué par la peur que notre société actuelle, alors que jamais elle n'a connu un tel état de prospérité et de paix (sur ce dernier point, je rappellerai seulement que la France fut en guerre, de façon presque constante, de 1790 à 1962). Depuis mon enfance, le bien être de notre pays s'est accru de façon prodigieuse, tout autant, concomitamment, que les sentiments d'insécurité et de frustration. Rien que de 1978 à 1997, le patrimoine des Français a doublé en monnaie constante (et a été multiplié par 8 en monnaie brute). L'écart de pauvreté entre les riches et les pauvres a largement baissé depuis vingt ans (pendant qu'il augmentait en Allemagne), de sorte que c'est un des pays les moins inégalitaires du monde (même si, entre les plus riches, l'inégalité a augmenté ces dernières années) ; alors qu'en 1913 la part du patrimoine se trouvant entre les mains du 1 % des Français les plus riches était de 55 %, elle n'était plus que de 20 % en 1995. En 2007, la proportion des ménages pauvres était de 13,4% de la population contre 15% en 1990 et 18% en 1970 (sont considérées comme pauvres les personnes gagnant moins de 60% du revenu médian, soit (en 2009) 908 euros de revenu net par mois pour une personne et 1900 euros pour un couple avec deux enfants. "Cet indicateur d'inégalité est ainsi construit que, même en doublant les revenus de tous les Français, on ne diminuerait pas le nombre de ménages pauves", relève Michel Godet).

Les mesures sociales contre la crise, décidées entre 2008 et 2012 par le gouvernement, ont été plus importantes en France que dans les autres pays (en augmentant la dette) : extension des dispositions du chômage partiel, indemnisation des chômeurs en fin de droit, création d'un fonds pour la formation, contrats aidés, primes à l'embauche, suppression des charges pour l'emploi des jeunes dans les petites entreprises, hausse du minimum vieillesse, création du RSA, suppression des deux derniers tiers de l'impôt sur le revenu pour les bas revenus en 2009, etc.

Le patrimoine des Français correspond à plus de sept années de leur revenu, leur taux d'épargne est parmi les plus élevés des pays de l'OCDE, 58 % des ménages sont propriétaires de leur logement, et le pourcentage de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté est moindre en France que dans l'ensemble de l'Europe.

L'âge de la mortalité a reculé de façon considérable (de près d'un trimestre par an depuis des années), et est un des plus élevé du monde (le deuxième après le Japon). La France a le record d'Europe du nombre de centenaires. Et, malgré la pollution de Paris dont on ne cesse de nous dire qu'elle est dramatique, l'espèrance de vie est plus grande en Ile-de-France que dans tout le reste du pays!

Certes, les sujets de crainte cités plus haut ne sont pas tous chimériques et, pour ne citer qu'un cas, le développement des risques "sériels" fut un phénomène majeur des dernières décennies. Mais leur retentissement, jumelé à leur accumulation, est tel qu'il génère une angoisse collective amollissante et une paralysie nationale. Il faut dire que ces phénomènes fâcheux ou ces événements malheureux sont amplifiés par les médias qui les dramatisent à outrance, un exemple récent, caricatural, en est l'épisode de la grippe A H1Ni. Plus l'homme domine le monde, plus la technique progresse, moins les citoyens admettent le malheur ; ils attendent plus ou moins consciemment que l'État leur garantisse une sûreté et une sécurité absolue. En outre, il n'y a pas d'adéquation entre l'insécurité objective (quantifiable) et l'insécurité subjective (le sentiment d'insécurité), "l'opinion que l'on a de sa sécurité" disait Montesquieu (Esprit des lois, Livre XII) ; aujourd'hui, celle-ci résulte plus des "incivilités majeures" que des crimes et des délits.

Le plus surprenant et le plus consternant est de constater que, encore pour la première fois dans l'histoire, les jeunes, loin d'être des créateurs d'utopie et de rêves, d'être réformistes, voire révolutionnaires, sont eux-mêmes conservateurs et animés par la peur, tout en voulant majoritairement devenir fonctionnaires ou que l'État leur garantisse un emploi à vie. Il fut stupéfiant de voir, en 2003, des syndicats lycéens et étudiants manifester pour leurs retraites ! Plus que la liberté, les jeunes chérissent l'égalité, et surtout la sécurité en tous domaines. Nombre d'entre eux répugnent à prendre des responsabilités. Les professeurs ont le devoir d'enseigner la valeur du risque, et de valoriser ceux qui en prennent, de donner le goût d'entreprendre. Alors que, traditionnellement, les jeunes étaient enthousiastes et optimistes, ils sont désormais souvent désabusés et pessimistes (voire désespérés ; n'oublions pas que le suicide est la principale cause de mortalité des jeunes Français, avant les accidents de la circulation et le sida). Pour autant, ils ont toujours une capacité de se mobiliser pour une cause, fût-elle mauvaise, comme à plusieurs reprises ces dernières années contre toute réforme de l'enseignement.

Cependant, selon un sondage, près de 80 % des Français se déclarent heureux. Comment le seraient-ils s'ils craignaient en permanence pour leur sûreté, celle de leurs proches ou celles de leurs biens ? Ce constat est réconfortant. Il témoigne d'une grande maturité de nos concitoyens, qui ne se laissent pas prendre aux sirènes défaitistes et anxiogènes des médias, et qui gardent leur liberté de jugement (13/12/2009, 30/04/2010 et 5/05/2010).

Les peurs liées au changement climatique. Les hommes craignent aujourd'hui d'être des apprentis sorciers, de provoquer des catastrophes durables et irréversibles. Le "postmodernisme" camoufle souvent la perte de confiance dans le progrès, voire un catastrophisme technophobe, fondé sur des affirmations présentées comme des dogmes, qui pourtant ne sont pas scientifiquement prouvées, comme le fait que le réchauffement climatique serait exclusivement causé par l'homme, alors que le grand historien Le Roy-Ladurie a montré qu'à l'époque où Jules César entrait en Gaule le climat était plus chaud qu'aujourd'hui (et plus chaud encore autour de l'an mil : En ce temps, le Groenland était couvert de prairies !) ; la planète fut aussi chaude qu'aujourd'hui durant le Moyen-Âge. De plus, certains scientifiques pensent que le soleil est le principal facteur de ce rechauffement ; telle est par exemple l'opinion de Vincent Courtillot, géophysicien et directeur de l'Institut de physique du globe de Paris. Les prédictions du GIEC reposent sur des modèles mathématiques, dont les bases (fondées sur le consensus) ne sont pas réellement scientifiques, et qui se sont révélées inexactes (depuis une quinzaine d'années on observe un arrêt du réchauffement de la planète).

Au demeurant, la plus grande menace de l'humanité, à vue humaine, n'est pas le changement climatique mais le manque d'eau (34 000 personnes meurent chaque jour par manque d'eau potable ; sans oublier le fait qu’actuellement un milliard de personnes sont sous-alimentées, un enfant meurt de faim toutes les six secondes et qu'un être humain sur six vivant avec moins de 2 dollars par jour, alors que chaque vache occidentale bénéficie d’une subvention de 900 dollars...Si 120 chefs d'Etat se réunirent en 2010 à Copenhague pour discuter du climat, il n'y en avait pas un seul en 2009 au "sommet" de la FAO et pas un seul non plus au "sommet" de l'eau en 2008). Ce catastrophisme est associé à son sous-produit, le journalisme d'épouvante. D'une société animée à l'excès par l'ivresse du progrès, nous sommes passés insensiblement à une société minée à l’excès par le risque et la peur qu'il suscite, avivée par certains idéologues écologistes antimodernistes (dont les suggestions sont souvent très contestables ; cf. J. de Kervasdoué, Les prêcheurs de l'apocalypse. Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires, Plon, 2007 ; C. Allègre, L'imposture climatique. Conversations, avec Dominique de Montvalon, Plon, 2010. - Il existe actuellement une sorte de fanatisme et de totalitarisme "vert" ; il est vrai, qu'avant d'êtres verts, la plupart des écologistes les plus exités ont été "rouges" ; au fond, nul n'est plus antidémocratique qu'un écologiste ; dans la Voix du Nord, Nicolas Hulot affirma en 2007 "Les bons sentiments ne suffisent plus. Nous devons aller vers le coercitif"). En même temps, cette vénération de la nature poussée à l'extrême sombre dans le panthéisme et le néopaganisme, en la situant sur le même plan que l'homme alors qu'elle est à son service, même s'il doit la respecter et la protéger (et effectivement réduire les émissions CO2, même si celui-ci n'intervient que pour moins de 5 % dans l'effet de serre, et modifier ses comportements, en adoptant des styles de vie plus sobres et responsables). D'où la place donnée au principe de précaution, magnifié, haussé au rang de mythe fondateur. Celui-ci tend à devenir une idéologie politique, de peur irraisonnée et de passion déréglée, collant au monde des images, où prédomine l'émotion et avec elle la paralysie, comme dans le livre et le film (Le syndrome du Titanic) de l'inénarrable Nicolas Hulot (certes, écologiste convaincu, mais habitué aux longs voyages en avion et adepte des déplacements en hélicoptère ; hostile à la société de consommation, mais vendant de nombreux produits dérivés autour de l'étiquette Ushuaïa, de son émission de télévision). Ils ont été chantés à l'excès par les médias à l'automne 2009. Ils donnent une image sympathique et généreuse à des idées plus que discutables, une écologie de la peur, associée au mythe totalitaire de la "croissance zéro", voire un plaidoyer pour la décroissance, l'anticapitalisme primaire et l'éloge des peuples "premiers" (dont pourtant ils se gardent bien de partager le mode de vie). Or, ce ne sont ni la peur ni la décroissance qui nous aideront à préparer l'avenir, mais les progrès de l'intelligence humaine, et des applications des découvertes effectuées et mises au point grâce à elle par les chercheurs. L'intelligence humaine et sociale a toujours été capable d'inventer des réponses aux nouveaux défis. Plutôt que de mettre à terre l'économie occidentale par la décroissance, avec les quotas, taxes, amendes et interdictions de toutes sortes, lançons un énorme effort de recherche dans le domaine des nouvelles énergies. "Le génie de l'homme n'a-t-il pas inventé d'innombrables et étonnantes techniques et trouvé leurs applications, en partie comme résultat de la nécessité, en partie comme celui d'une inventivité exubérante ?" (saint Augustin, La Cité de Dieu, L. XXII, ch. 24). En 1960, la malnutrition touchait 67 % de la population mondiale (2 milliards sur trois) ; aujourd'hui, elle touche 10 % ; elle a donc été notablement réduite, tout en demeurant élévée ; or, cela ne fut possible que grâce à la croissance (13/12/2009 et 28/04/2010).

Des extravagances des extrémistes du réchauffements de la planète. Selon les experts du Fonds des Nations-Unies pour la population, le climat est menacé par la natalité, de sorte qu'il faudrait réduire celle-ci. Le malthusianisme revient en force, alors que la natalité est, d'une façon générale, facteur de progrès, comme l'avait montré Alfred Sauvy. Du reste, au cours des deux derniers siècles, la population mondiale a été multipliée par plus de six et le niveau de vie a augmenté partout, y compris dans les pays pauvres. Au XVIIe siècle, la France comptait 28 millions d'habitants ; elle en compte aujourd'hui plus de 60 millions, et nous avons largement de quoi vivre. Certes, il faut aider les pays en voie de développement à connaître une croissance démographique plus modérée, non pas en limitant la natalité, mais en libérant les femmes et en les instruisant. Je suis favorable à l'écologie, mais à une écologie au service de l'homme, et non à une écologie se transformant en idéologie contre l'homme, mettant l'homme en accusation (se traduisant par une volonté de limiter la population, la décroissance économique, etc.) (13/12/09).

Précision sur les éoliennes. Le prix du Kwh éolien est très élevé. Et, comme ces appareils ne fonctionnent pas lorsqu'il fait très froid, car il y a généralement peu de vents dans cette circonstance, il est alors nécessaire de recourir aux centrales. D'autre part, la vitesse du vent pouvant passer de la valeur maximale à une valeur nulle en quelques minutes, les éoliennes peuvent perturber totalement le réseau. Ainsi, en été 2003 et en automne 2005, le réseau européen a failli disjoncter complètement à cause des éoliennes allemandes qui s'étaient arrêtées ; il a été sauvé par la mise en marche des centrales hydrauliques françaises (10 janv. 2010). D'autre part, l'aventure solaire de l'Allemagne a déjà coûté plus de 100 milliards d'euros à ce pays, qui fera reculer le réchauffement cimatique de seulement 37 heures à la fin du XXIe siècle! (03/11/2014).

Est-ce raisonnable, pour un pays endetté comme la France, de développer un éolien non rentable plutôt qu'un nucléaire transitoire ? (27 oct. 2014). D'autant que le savoir-faire nucléaire français représente 400.000 emplois en France. L'énergie nucléaire a l'avantage de ne pas émettre de CO2, d'être cinq fois moins chère et huit fois moins polluante que celle de l'Allemagne (2/06/2015).

Il faut relativier les discours du GIEC. Selon ses propres estimations, le coût total du changement climatique s'élèvera en 2070 entre 0,2 et 2% du PIB mondial, c'est-à-dire moins de celui d'une année de récession (03/11/2014). 

Fierté nationale. Aimer son pays, son identité nationale, être patriote, n'est pas du nationalisme ni du chauvinisme. Il est exaspérant de constater les déclarations conformistes des épurateurs éthiques s'opposant à tout échange d'idées sur ces questions (et on peut s'étonner de constater que le nationalisme est considéré par les mêmes comme une vertu lorsqu'il émane des peuples anciennement colonisés) ; dans le cas de la France, s'interroger et défendre son identité est connaître et préserver l'identité européenne. Toutefois, le débat sur l'identité nationale aurait été inutile si les mass medias ne passaient pas leur temps à dénigrer la France, son passé et ses racines (notamment chrétiennes), sa culture (dont la langue française) et ses valeurs (liberté, égalité, fraternité, laïcité, sociabilité, universalité), tout en réclamant incessamment des repentances. Comment intégrer les nouveaux arrivants en présentant le peuple Français comme un peuple fautif qui rejette et discimine, en prônant de plus le culte des différences et de la diversité ? J'aimerai que les médias et les enseignants chantent la beauté et la diversité des paysages de France, sa situation unique en Europe (seul pays donnant à la fois sur la mer du Nord, sur l'Atlantique et la Méditérranée), les merveilles de ses monuments de tous les styles et si nombreux, la richesse de sa littérature (une des plus importantes du monde), de sa peinture, de sa musique, la qualité de ses vins et de sa cuisine ; qu'ils relatent les pages glorieuses écrites par tant de grands hommes (bien des rois, des militaires, d'hommes politiques, de savants, de médecins, d'infirmières, de professeurs, d'artisans, d'artistes, de paysans, etc.), sans oublier une cohorte de saints éminents. Les citoyens ont droit à la continuité nationale (d'où l'importance de l'enseignement de l'histoire). Et, quelle que soit leur religion, leur athéisme ou leur agnosticisme, ils doivent connaître l'histoire du christianisme, sans laquelle on ne peut rien comprendre au passé de notre pays et à sa civilisation.

Certes, l'histoire est tragique, et il faut donc assumer tout autant les pages douloureuses que les pages glorieuses de notre passé. On ne peut pas choisir dans le passé pour ne retenir que certains faits ou certains personnages. Mais je me refuse aux repentances à sens unique. La mode actuelle de la repentance des fautes d'autrui, de nos ancêtres, est très contestable dans son principe, chacun ne pouvant s'accuser que de ses propres méfaits, la faute véritable étant toujours personnelle ; sans compter qu'elle est fâcheuse dans ses conséquences pour la collectivité "repentante", qui a incontestablement besoin de pardon et d'oubli, à quoi répond juridiquement l'existence des prescriptions et de l'amnistie. Au surplus, une société saine regarde vers l'avenir, et ne passe pas son temps à revenir sur le passé lorsqu'il a été douloureux et la cause de divisions. Les philosophes nous enseignent que "la conduite de terminaison est une conduite vitale" : Une société bien portante se reconnaît "à son pouvoir de tourner la page, d'en finir avec la douleur, avec le repentir, avec le deuil, avec les regrets interminables" (Jankélévitch ). "L'oubli, et je dirai même l'erreur historique, est un facteur essentiel à la création d'une nation, et c'est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger. (...) L'essence d'une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun et aussi que tous aient oublié bien des choses" (Renan, dans sa célèbre conférence sur la nation). Ces raisons guidèrent le général de Gaulle lorsque, en 1945, il s'efforça de regrouper toutes les bonnes volontés pour reconstruire le pays. Personne ne sait réellement comment il se serait comporté lors de cette époque difficile (n'oublions pas que la majorité des députés, 599, dont Vincent Auriol, qui votèrent illégalement les pleins pouvoirs au maréchal Pétain étaient des élus de gauche, aux idées généreuses et qui, quatre ans auparavant, avaient formé le Front populaire). L'apparente humilité de la repentance cache mal une rare suffisance et un orgueil déplacé, en laissant entendre que, pour notre part, nous n'aurions jamais agi de la façon de ceux sur lesquels nous jetons l'opprobre. Enfin, elle fausse souvent l'histoire (en oubliant le contexte historique, les conditions réelles de la vie de l'époque), parce qu'elle procède de ce que le grand historien Marc Bloch appelait "ce satanique ennemi de la vérité historique : la manie du jugement" (20 déc. 2009 et 4 févr. 2011).

Lois mémorielles. Associée à la repentance, la France se complaît depuis quelques années aux lois mémorielles, destinées à lui faire accomplir son "devoir de mémoire", qui consiste à donner une vision officielle de l'histoire et à criminaliser son passé, là encore à sens unique et sans tenir compte du contexte. Le paroxysme en fut atteint, sous le gouvernement Jospin, par la loi 2001-434 du 21 mai 2001 "sur l'esclavage et la traite négrière". Elle était d'abord inutile, puisque l'article 212-1 du Code pénal réprime comme crime contre l'humanité "La déportation, la réduction en esclavage ou la pratique massive et systématique d'exécutions sommaires, d'enlèvements de personnes suivis de leur disparition, de la torture ou d'actes inhumains". Mais surtout elle est incohérente et vise uniquement à culpabiliser les méchants Français de deux façons. D'abord, par des limites dans l'espace de l'incrimination. En effet, malgré son titre, il apparaît dès son article 1er que seules la traite transatlantique et la traite qui, dans l'Océan indien, amena des Africains aux îles Maurice et de la Réunion sont considérées comme des crimes contre l'humanité. Ce n'est donc pas le cas de la traite et de l'esclavage arabes, ni de la traite interafricaine, non seulement très importante mais qui a duré dans le temps, puisqu'elle a subsisté dans certains pays Africains jusque dans les années 1980. La seconde manifestation de la volonté de culpabiliser les méchants Français découle de l'extension dans le temps de la criminalisation qui commence, selon le même article, à partir du XVe siècle. Or, la France n'entra officiellement dans la traite qu'à la fin du XVIIe siècle : Ainsi, le crime reconnu par le législateur avoir été commis par la France (en tant que crime comme l'humanité) commence avant que des Français l'aient commis. Plus extravagant encore, en parlant du XVe siècle sans autre précision, elle fustige même la traite transatlantique avant la découverte de l'Amérique ! Tout cela est consternant. Du reste la France est le seul pays démocratique a imposer ainsi aux citoyens des lois mémorielles, écrivant une histoire officielle et criminalisant le passé. Certes, l'idée de départ était de freiner les révisionnismes, mais elle se traduit par une vérité officielle, comme dans les pays totalitaires, et par une restriction funeste de la liberté de pensée (V. la solide analyse et mise en garde de P. Nora et F. Chandernagor, Liberté pour l'histoire, éd. du CNRS, 2008. Pierre Nora, historien, est membre de l'Académie française ; Françoise Chandernagor, historienne et romancière, est membre de l'Académie Goncourt).

Méditons les fortes paroles de Camus (prix Nobel de littérature) : "Si certains Français considèrent que par ces entreprises coloniales la France, et elle seule au milieu des nations saintes et pures, est en état de péché historique, ils doivent s'offire eux-mêmes à l'expiation. En ce qui me concerne, il me paraît dégoûtant de battre sa coulpe comme nos juges pénitents sur la poitrine d'autrui, vain de condamner plusieurs siècles d'expansion européenne, absurde de comprendre dans la même malédiction Christophe Colomb et Lyautey. Il est bon que notre nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut encore avoir de s'estimer elle-même. Il est dangereux en tout cas de lui demander de s'avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle" (dans Chroniques algériennes, 1958).

Petits rappels historiques : 1) Plus d'un million de chrétiens (Italiens, Espagnols et Français) furent victimes de la traite arabo-musulmane en Méditerranée du XVIe au XVIIIe siècle. Pourquoi cet autre esclavage est-il toujours passé sous silence ? (V. sur lui, R. C. Davis, Esclaves chrétiens Maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), Actes Sud, 2007 ; G. Milton, Captifs en Barbarie. L'histoire extraordinaire des esclaves européens en terre d'Islam, éd. Noir sur Blanc, 2006).

2) Sous l'influence du christianisme, l'esclavage avait complètement disparu en France avant l'an mil et en Europe dès la fin du Xe siècle (le servage continua, mais le statut des serfs et leur sort n'étaient pas comparables). Toutefois, pour ce qui concerne la France, une profonde régression se produisit puisque l'esclavage ressurgit au XVIIe siècle dans les Antilles. La traite fut interdite en 1817, mais il fallut attendre 1848 pour que l'esclavage fût aboli dans les colonies françaises.En revanche, le monde musulman n'a jamais condamné l'esclavage (et la traite à la demande de musulmans d'Afrique du Nord et du Proche-Orient continua au cours du XIXe siècle, jusqu'à ce que les colonisateurs y mettent un terme). "La spécificité de la culture européenne a été de supprimer l'esclavage par conviction anthropologique, et non par défaut de puissance, ni, comme l'ont fait récemment Oman ou la Mauritanie, pour obéir à des pressions culturelles étrangères" (C. Delsol, Les Pierres d'angle, Cerf, 2014, p. 76).

3) Les 12 millions d'esclaves de la traite atlantique ont été capturés, convoyés jusqu'aux côtes et vendus par des Africains.

4) Bien avant l'abolition de l'esclavage, les juges de la métropole appliquaient aux esclaves des colonies la maxime "Nul n'est esclave en France". Dès qu'un esclave avait touché le sol de France, fût-ce contre sa volonté (en suivant son maître), il devenait libre (ainsi que ses descendants), de plein droit et pour toujours, même s'il retournait dans une colonie (11 avr. 2010).

Pays où il fait bon vivre. La revue irlandaise International living Magazine de février 2009 a dressé un classement sur la qualité de vie dans le monde pour 2009, fondé sur une dizaine de critères touchant au cadre de vie et à la santé des personnes (coût de la vie, économie, environnement, culture, loisirs, liberté, santé, infrastructures, risques, sécurité et climat). Pour la cinquième année consécutive, la France arrive au premier rang (80 points), suivie par la Suisse (79), les Etats-Unis (78), le Luxembourg (77), l'Australie (76), la Belgique (75), etc. Les radios et télévisions n'ont évidemment pas rapporté cette information, ayant comme habitude de toujours cracher sur la France.

Probablement aucun pays au monde n'a un système social aussi protecteur que celui de la France, légalisant en quelques sorte la solidarité (traduction elle-même de la fraternité de la devise républicaine), avec le RSA, la SMU, le SMIC, le SAMU social, la Sécurité sociale, les crèches, l'enseignement gratuit (y compris à l'université), etc.

Minaret. L'émotion soulevée par la votation suisse contre la construction de nouveaux minarets est excessive. Certes, pour ma part, je n'aurais pas voté en ce sens, trouvant normal que les mosquées puissent être signalées par un minaret, à condition que celui-ci s'insère harmonieusement dans le site. Mais les réactions à cette décision furent excessives, car la liberté de religion continue d'être respectée en Suisse, qu'il continuera d'être possible d'y ouvrir des mosquées, que les musulmans ne seront pas menacés du fait de leur religion, etc. En revanche, dans certains pays musulmans, dont le nombre augmente, les chrétiens souffrent de discriminations, voire sont persécutés (V., d'une façon générale, A. Laurent, Les Chrétiens d'Orient vont-ils disparaître ? Salvator, 2008) ; c'est par exemple le cas en Egypte, en Malaisie, en Indonésie et surtout en Irak (V. notamment, S. de Courtois, Le nouveau défi des chrétiens d'Orient - D'Istanbul à Bagdad, J.-C. Lattès, 2009, signalant notamment "la menace physique et la pression sociale faisant de leur vie une Passion continuelle" ; ils subissent une pression quotidienne avec vols de voitures, de maisons, racket, assassinats, parce qu'ils sont chrétiens). Parfois, il leur est interdit de construire, non seulement des clochers, mais aussi des églises (l'Arabie séoudite), ou même de recruter des séminaristes (c’est par exemple le cas en Turquie pour le séminaire orthodoxe de Halki, où, de plus, les chrétiens assyriens et chaldéens se voient refuser la restitution de leurs églises). Presque partout, la simple annonce de sa foi est interdite, même dans des pays modérés comme le Maroc (en décembre 2009, cinq ressortissants étrangers ont été expulsés du Maroc pour "réunion non déclarée et prosélytisme évangéliste ... de nature à porter atteinte aux valeurs religieuses du royaume").

Enseignement de l'histoire. Je suis, depuis toujours, passionné par l'histoire. Je lis de nombreux livres dans ce domaine. C'est dire combien le débat actuel sur la transformation des cours d'histoire et de géographie en option en terminale scientifique m'intéresse. Mais j'avoue être étonné par les déclarations de l'association des professeurs de ces disciplines qui, après avoir accepté cette réforme, crie au scandale et affirme des contre vérités, puisque l'histoire n'est pas réellement supprimée. Son horaire augmente en première et devient optionnelle en terminale. Je me demande s'il ne s'agit pas d'une réaction épidermique et corporatiste. Les enseignants donnent l'impression de ne jamais accepter de réformes et de négliger l'intérêt général. Leur vraie revendication devrait être de demander la réintroduction de l'enseignement de l'histoire dans l'ordre chrnologique, pour remplacer la détestable méthode actuelle consistant en un saupoudrage sans cohérence (11/12/09).

Pie XII. Le pape Pie XII (élu le 2 mars 1939) condamnait évidemment le racisme et l'antisémitisme. Il fut du reste l'un des principaux inspirateurs et rédacteurs de l'encyclique de son prédécesseur Pie XI contre le nazisme (Mit brennender Sorge). Et dans sa première encyclique personnelle, Summi Pontificatus (d'oct. 1939), il reprit largement les contenus d'une encyclique préparée par Pie XI sur le racisme et l'antisémitisme, insistant sur le fait que l'Eglise ne peut en aucune façon accepter une discrimination à l'encontre d'un groupe humain ou d'une race. Contrairement à ce qui est souvent avancé, il condamna directement le nazisme à plusieurs reprises, le plus vigoureusement lors d'un message radiodiffusé à Noël 1942, où il s'indigna "de l'extermination progressive qui touche des centaines de milliers de personnes innocentes pour des raisons de nationalité et de race". S'il adopta une relative réserve, c'est qu'il pensait qu'elle permettait d'éviter des représailles massives contre les catholiques en Allemagne et dans les pays occupés. D'autre part, il sauva directement ou indirectement (par le biais de congrégations religieuses) de nombreux juifs, ce qui explique qu'un riche Juif Italien ait offert en remerciement au Saint-Siège, après la guerre, son magnifique hôtel particulier romain, dans lequel j'ai été reçu, siège actuellement de la nonciature auprès de la République italienne (22 déc. 2009).
Dans une interview à l'hebdomadaire Le Point, Serge Klarsfeld (historien et fondateur de l’association Les fils et filles des déportés juifs de France) affirme qu'"il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint". Sur la position de Pie XII pendant la Seconde guerre mondiale, Serge Klarsfeld a répondu qu'il avait "joué un rôle déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l’Est". "N’occultons pas que Pie XII a eu des gestes discrets et efficaces pour aider les juifs" (Le Figaro.fr, 24/12/2009). Bernard-Hendit Lévy a lui aussi défendu Pie XII dans une tribune du Corriere della Sera (reprise dans L'Osservatore Romano, 21 janv. 2010)
, relevant que le Pape "n'avait ni canons ni avions" et qu'il n'a pas "ménagé ses efforts pour faire part des informations dont il avait connaissance à ceux qui avaient des avions et des canons", et qui "sauva lui-même, à Rome et ailleurs, nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale". Le même auteur voit Benoît XVI, dans cette affaire, comme un "bouc émissaire", calomnié par les médias "de parti pris".
Nombreux sont ceux qui réclament l'ouverture des archives du Vatican du pontificat de Pie XII. Elles constituent une masse considétrable de documents, qui ont déjà été largement explorés en ce qui concerne la position de Pie XII sur le nazisme (cf. P. Blet, Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale d'après les Archives du Vatican, Perrin, 1997). Je gage qu'aucun nouveau document significatif ne sera découvert. A ceux qui croient que ce pontife était passéiste, voici ce que déclarait Jean-Paul II à l'angelus du 18 mars 1979 : "Nous ne pouvons oublier combien Pie XII contribua à la préparation théologique du concile Vatican II, surtout en ce qui concerne la doctrine de l'Eglise, les premières réformes liturgiques, la nouvelle impulsion donnée aux études bibliques, la grande attention portée aux problèmes du monde contemporain".
Pour ma part, si je ne suis pas scandalisé par l'éventuelle béatification de Pie XII, que j'admire, je me demande toutefois si la tendance des Papes de béatifier puis de sanctifier presque systématiquement leurs prédécesseurs est pastoralement heureuse, et s'il ne serait pas souhaitable de béatifier maintenant, donc de donner comme modèles, des ménages chrétiens (29 déc. 2009 et 22 févr. 2010).

Du nombre minimes d'Allemands condamnés pour Nazisme. Il est stupéfiant de constater le faible nombre d'Allemands condamnés après la guerre pour nazisme (moins de 7000 de 1945 à 2016), nettement moins que de Français condamnés pour collaboration !

Le colonialisme français en Afrique. Il est incontestable que l'implantation de la France en Afrique et la décolonisation furent parfois très douloureuses, particulièrement pour l'Algérie, et que le colonialisme présente donc des pages sombres, qui sont souvent rappelées. Mais il serait inexact de restreindre l'histoire du colonialisme à ces pages, en occultant d'autres faits que voici. La France a construit en Afrique 50.000 km de routes goudronnées, 215.000 km de pistes principales, 18.000 km de voies ferrées, près de 200 aéroports, plus de 60 ports, 2000 dispensaires, 600 maternités, 220 hôpitaux. Dans la seule Afrique noire, 16.000 écoles primaires, 350 écoles secondaires, collèges ou lycées, qui fonctionnaient, au moment des indépendances, avec 28.000 enseignants Français, 6 universités. Les dépenses pour ces investissements représentent 22 % des dépenses publiques totales de la France de 1900 à 1958. D'autre part, contrairement à ce qu'il est généralement affirmé, la France n'a pas "pillé" l'Afrique. En effet, elle achetait les matières premières de ces pays en moyenne à 20 % au-dessus des cours mondiaux.

La France a amélioré de façon considérable la santé, en débarassant l'Afrique de la lèpre, de la maladie du sommeil, du choléra et de la variole, en abaissant énormément le taux de mortalité, particulièrement infantile. Elle a supprimé l'esclavage (qui a parfois été réintroduit après la décolonisation), et mis un terme aux cruelles guerres ancestrales et incessantes entre ethnies rivales (qui existent à nouveau). Enfin, elle apporta le français, langue de communication entre Africains (face aux innombrables langues et dialectes de l'Afrique noire) et langue d'ouverture au monde.

Loin d'être une "bonne affaire", les colonies ont été un boulet économique pour la France. L'économiste Jacques Marseille a démontré que les dépenses considérables qui y furent consacrées freinèrent la modernisation de la France, et lui firent prendre du retard par rapport aux pays qui n'avaient jamais eu de colonies ou qui avaient décolonisé plus tôt (J. Marseille, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d'un divorce, Albin Michel, 1984, 2e éd. 2005, collec. Points 1989. L'auteur, communiste à cette époque, indique au début de son ouvrage, très documenté, avec tableaux statistiques, que son idée de départ était de démontrer objectivement le "pillage" par la France de ses colonies, mais que les faits lui prouvèrent la fausseté de cette idée préconcue).

Cela étant, je n'oublie pas le sang versé par les courageux soldats et sous-officiers Africains lors des deux guerres mondiales.

Rappel historique : Les socialistes Français, grands apôtres actuels de la repentance, furent pourtant de 1905 aux années 1950 de fervents partisans de la colonisation, au nom de la "mission civilisatrice de la République" (sic!), à laquelle la droite était généralement opposée, car elle craignait que la colonisation détournât la nation de la reconquête de l'Alsace et de la Moselle perdues en 1870. La gauche fut seule au pouvoir de 1877 à 1919, qui marqua le paroxysme des conquêtes coloniales. L'un de ses champions fut Jules Ferry, auquel s'opposait Clemenceau (10 janv. 2010).

Grand emprunt et enseignement supérieur. Je me réjouis vivement du fait que, dans le "grand emprunt", la part belle soit dévolue à l'enseignement supérieur et à la recherche, comme cela a été annoncé par le Président de la République Sarkozy le 14 décembre 2009 (et je regrette d'être à la retraite). L'effort consenti par l'Etat est considérable, sans précédent. Mais l'Université ne sera pas sauvée pour autant. Trois mesures essentielles seraient nécessaires, que N. Sarkozy aurait pu faire voter peu après son élection, lors de son "état de grâce", à savoir : 1) La sélection à l'entrée en première année, pour éviter l'immense gaspillage de temps et d'argent constitué par les masses d'étudiants qui s'inscrivent à l'Université, dont un nombre important sont incapables de suivre des études supérieures, voire sont illétrés. A cause de cette masse invraisemblable d'étudiants, il faut recruter de nombreux enseignants et construire puis entretenir de vastes locaux. La sélection existait autrefois par les deux baccalauréats, qui étaient d'un très haut niveau. Elle a disparu depuis que l'unique bac subsistant est un chiffon de papier, dont le niveau d'exigence est inférieur à celui de l'ancien certificat d'études, que tout candidat se voit décerner, sauf à être un crétin absolu ou à avoir été malade le jour des épreuves ou encore avoir cherché l'échec ; dans l'enseignement secondaire, l'Education nationale se contente de gérer le flux des jeunes (on aimerait que les syndicats, qui se contentent de réclamer toujours plus de moyens et de s'opposer à toute réforme, même minime, sans jamais remettre en cause leur responsabilité dans ce désastre national, dénoncent le fait que notre système péagogique en soit au stade des soins palliatifs, même si beaucoup d'enseignants aiment leur métier et font de leur mieux). 2) La contribution réelle des étudiants aux frais de scolarité, en fonction des revenus des parents. 3) La modification du statut des enseignants, qui disposent d'une merveilleuse indépendance, se traduisant pour certains par l'accomplissement a minima de leurs obligations de service sans risquer aucune sanction, tandis que d'autres, qui se dévouent à leur métier, ne sont pratiquement pas récompensés. D'autre part, les universitaires sont normalement des enseignants-chercheurs ; or, certains ne cherchent pas et ne publient pas et devraient donc, en compensation, avoir plus de charges administratives et/ou d'enseignement. Et je trouve normal que le travail desdits enseignants-chercheurs soit réellement évalué (15 déc. 2009). 4) Compte tenu du nombre excessif d'universités en France, les plus petites devraient se contenter du premier cycle, et être rattachées à l'université la plus proche ; d'autres, qui n'atteignent pas une taille suffisante en nombre de chercheurs et de publications, devraient se spécialiser (7 janv. 2010).

La Poste. La Poste française a perdu la bataille de la compétitivé internationale, tout en ayant une dette de 6 milliards d'euros. Et, malgré une chute importante du nombre de plis, la distribution est de plus en plus lente (il faut une semaine pour qu'une lettre déposée pour moi au bureau dont je dépends arrive à destination), quasiment inexistante de fait les samedis et lundis. De plus, sans privatisation, dont il n'est pas question, l'activité de la moitié des bureaux de poste a néanmoins été réduite à quatre heures, tandis que, dans les autres, l'attente est longue, en partie en raison d'un archaisme invraisemblable (déposer un chèque ou retirer de l'argent dans un bureau de poste est une opération complexe et longue : comparez la procédure avec celle d'une agence bancaire). C'est ce que les syndicats nomment le "service public à la française".

Suicides. La consommation de drogues pousse aux suicides, de plus en plus nombreux chez les jeunes (c’est en France leur première cause de mortalité), sans que la communauté nationale semble s’en émouvoir, alors qu’une série de suicides de salariés de France Telecom en 2009 a soulevé une tempête médiatique. Le taux de suicide est dans ce pays de 17 pour 100 000 (mais beaucoup plus chez les jeunes, et un peu moins chez les salariés de France Telecom : 15 pour 100 000). Le suicide est toujours un drame pour l'entourage familial et/ou professionnel, qui n'a pas su percevoir la fragilité de la personne en cause, et n'a pas su empêcher le passage à l'acte.

Rémunérations et primes. La rémunération du Président de la République fut, en 2009, de 21.133 euros mensuels bruts, soit 253.598 euros annuels bruts (avant impôts et prélèvements). Certains trouvent ce montant élevé (la rémunération de Jacques Chirac était nettement inférieure), mais ne s'étonnent pas que celui de Laurence Ferrari (à l'époque présentatrice du journal 4 soirs par semaine de TF1) soit de 70.000 euros par mois, ni que Raymond Domenech ait touché, à la suite de la qualification de l'équipe de France pour le Mondial 2010, 826.222 euros de primes (en plus de son salaire déjà très élevé de 50.000 euros mensuel), soit le salaire brut d'un professeur d'université pendant quinze ans ! Est-ce raisonnable et normal ? L'entraîneur de l'équipe de France a été embauché en 2010, à 44 ans, avec le salaire extravagant de 100.000 euros mensuels, sans compter des primes faramineuses! Que dire d'autres joueurs, aux rémunérations invraisemblables et bien supérieure à la moyenne des grands patrons du CAC 40 ? Karim Benzéma a gagné, en 2008, 4,8 millions d'euros ; R. Kakà 10 millions en 2009 ; S. Eto'o et L. Messi, chacun 10,5 millions en 2009 ; Z. Ibrahimovic, 12 millions en 2009 ; C. Ronaldo, 13 millions en 2009; Lionel Messi, 74 millions d'euros en 2015. J'ajoute que les revenus de Johnny Hallyday furent en 2009 de 11 millions d'euros (selon Le Figaro, 19 janv. 2010), et que l'animateur de télévision Benjamin Castaldi perçoit plus de 2 millions nets par an. Je précise que je ne suis pas jaloux et que mes revenus, pour modestes qu'ils soient, me permettent de vivre confortablement !

François Bayrou. Je suis toujours étonné d'entendre ou de lire les imprécations de François Bayrou contre les gouvernements successifs depuis 2002, en me souvenant de son désastreux bilan en tant que ministre. En effet, alors qu'il est le ministre de l'éducation nationale qui, sous la Ve République, est resté le plus longtemps en fonction (de 1993 à 1997), son inaction a été quasiment totale, car son unique objectif était de "ne pas faire de vagues" et donc de flatter les syndicats. Sa seule initaitive fut d'imposer une réforme des examens des Facultés de Droit qui, jusqu'alors, avait un système satisfaisant et qui, depuis, ont connu un déclin considérable.
Bayrou se prétend en dehors du clivage gauche-droite. C'est inexact, puisqu'il refuse les alliances à droite pour privilégier les alliances éléctorales à gauche au second tour des diverses élections (en trahissant son électorat, majoritairement du centre ou de droite). Cette tendance n'est pas nouvelle. Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 1995, craignant une défaite de Chirac (qu'il avait jusqu'alors soutenu) face à Jospin, il proposa à sa formation politique de l'époque, le CDS, un ralliement à Jospin, qui fut combattu par Dominique Baudis, maire de Toulouse (cf. G. Ottenheimer, L'Impossible victoire, Laffont, 1995, p. 238). Bayrou ne put donc pas changer de camp, et fut hélas récompensé par sa reconduction au ministère de l'éducation nationale, où il fut particulièrement inefficace (25 janv. 2010).

Des 35 heures. Cette mesure si chère à Martine Aubry, votée le 15 décembre 1999, a coûté au budget de l'Etat 15 milliards d'euros par an, à partir de 2002, en allégement de charges pour compenser partiellement l'augmentation de 11 % du coût du travail horaire. Mais ces aides ont été insuffisantes, de sorte que les entreprises ont été dans l'obligation de geler les salaires et d'obtenir des gains de productivité, donc d'augmenter la pénibilité et le "stress" du travail (avec des horaires de travail plus irréguliers et plus difficiles). Or, selon l'Institut COE-Rexecode, les emplois créés depuis 1999 ne l'ont été que grâce à la croissance, et non du fait de la réduction du temps de travail. Tout le monde sait depuis longtemps que le partage imposé du temps de travail ne crée pas d'emplois. Et la perte de 3 points de parts de marché de la France dans la zone euro depuis la même année serait largement impurtable aux 35 heures, qui handicapent les entreprises françaises par rapport à leurs concurrents, et a poussé certaines d'entre elles à délocaliser leur production. D'après certains analystes, un combre assez important d'entreprises ont disparu en raison de l'application des lois Aubry (14/12/2009). Petite comparaison : on travaille en moyenne 1.400 heures par an en France contre 2.100 en Corée du sud (qui n'est plus un pays en voie de développement). Depuis 2000 et l'instauration funeste des 35 heures la durée moyenne effective de travail des salariés à temps complet a chuté en France de 10%.

Le cabinet de recherche économique COE-Rexecode publia en juin 2016 son enquête sur la durée effective du travail en France et dans les 28 pays de l'UE. Il ressort qu'elle est en France la plus basse de tous les pays de l'Union européenne. En 2015, la durée effective des salariés à temps complet fut en moyenne de 1646 heures; elle a diminué de 14 heures par rapport à 2013. 

Le coût budgétaire brut des 35 heures de 2003 à 2013 a été estimé à 118 milliards d'euros!

Absentéisme des enseignants du premier degré. Selon Le Monde du 2 avril 2009, chaque année, dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et 8,3 % en ont plus de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours, ce sont près de 2 millions de jours d'école sans le maître ou la maîtresse. Lorsqu'on inclut les congés maternité ou de formation, on arrive à une absence moyenne de 11,1 jours par enseignant et par an (surtout autour de Noël et au mois de mai). Comme il est difficile de laisser une classe sans maître, il faut le remplacer. Or, les remplaçants sont encore plus souvent absents que les enseignants titulaires ! Près de 17,4 jours par an en moyenne. Il y a beaucoup de "bras cassés". Ils ne sont pas totalement indisponibles, mais ils se mettent en maladie dès qu'ils n'ont pas l'affectation souhaitée !

Ecole. Autrefois, les élèves travaillaient 30 heures par semaine et 220 jours par an. Aujourd'hui, 24 h. par semaine et 140 jours par an. En outre, le travail personnel a considérablement diminué.

Un professeur et syndicaliste (vice-présidente du Snalc-CSEN), Claire Mazeron a publié en février 2010 un ouvrage dans lequel elle dénonce la faillite générale du système (L'Education nationale respire-t-elle encore ? éd. J.-C. Gawewitch). Elle montre comment l'école est minée par le relativisme, l'égalitarisme scolaire et la dilution des savoirs disciplinaires. Elle s'insurge contre les postures idélologiques catastrophiques : "Lorsqu'on refuse d'apprendre aux élèves les plus défavroisés, sous prétexte d'incompatibilité culturelle et sociale, ou même par refus de transmission d'une culture de classe, les fondements de la littérature, des sciences ou tout simplement de l'écriture, on ne prépare pas le grand soir ni le retour de la gauche au pouvoir, mais l'émeute urbaine" (9 févr. 2010).

Collège unique. L'enseignement en France a péréclité depuis l'instauration du collège unique par la loi Haby, sous le présidence de Valéry Giscard d'Estaing, imposant un moule uniforme à tous, alors que les dons et les capacités des enfants ne sont pas uniformes. Il faudrait, notamment, recréer des parcours diversifiés, correspondant aux aptitudes et aux goûts de chaque enfant, relever le niveau d'exigence, revaloriser les enseignements professionnels et technologiques qui forment à des métiers utiles et autoriser à nouveau les redoublements (13/12/09).

Des professeurs de l'enseignement secondaire. Il y a globalement un professeur pour 12 élèves, devant enseigner en moyenne entre 14 et 18 heures par semaine sur 170 jours par an, soit moins de 10 heures hebdomadaires annualisées, sans tenir compte des absences (largement supérieures à ce qu'elles sont dans le privé). Selon la Cour des comptes, le ratio français du nombre d'élèves par enseignant est un des plus faibles de l'OCDE, moyennant quoi les syndicats prétendent que le désastre de l'enseignement dans ce pays résulte du faible nombre d'enseignants !

Des effectifs des fonctionnaires. Lors des innombrables manifestations organisées par les syndicats, des récriminations récurrentes portent sur le fait que les fonctionnaires ne seraient pas assez nombreux en France (alors que ce pays détient le record du monde du nombre de fonctionnaires par rapport au nombre d'habitants),et qu'ils seraient en constante diminution. Un rapport de Cour des comptes de décembre 2009 remet les pendules à l'heure. De 1980 à 2008, on a recruté 14 % d'agents en plus dans la fonction publique d'État, 54 % dans les hôpitaux et 71 % dans les collectivités locales ! Le cas des hôpitaux s'explique surtout par les 35 heures. Celui des collectivités est plus difficilement plaidable. Certes, l'État a transféré aux régions et aux départements des compétences (lycées, aide sociale…). En revanche, les communes, où les effectifs ont bondi de 50%, sont l'échelon qui a été le moins bénéficiaire de transferts de compétences. Les communes auraient même dû réduire leurs effectifs, pour compenser la hausse de 154% des effectifs des structures intercommunales, qui donne lieu à de nombreux «doublons». Quant à l'État, relevons seulement que les effectifs du ministère de l'Agriculture et des opérateurs dans ce domaine ont doublé, pendant que le poids de ce secteur dans l'emploi total et la richesse nationale était divisé par deux. Idem à l'Éducation : + 9% d'agents, + 16% d'enseignants, - 4% d'élèves…(17 déc. 09).

Quelques faits historiques toulousains. Sous l’Ancien régime, Toulouse était la seule métropole régionale où ne résidait pas l’intendant, le Parlement local s’étant opposé à son installation. Ce Parlement avait été fondé en 1444, le deuxième après celui de Paris quant à sa date de création et quant à l'étendue de son territoire (14 départements actuels). Il comptait une centaine de magistrats.

Les membres du "Commun conseil" (créé au XIIe siècle) furent désignés par le nom de "capitularii", qui fut par la suite déformé en capitouls, siégeant au Capitole (qui est toujours le nom de l’hôtel de ville).

La première société par action du monde fut créée à Toulouse au XIVe siècle pour exploiter le moulin du Bazacle sur la Garonne. Les parts étaient des "uchaux". Ce moulin était d’une technique de pointe, qui resta longtemps inégalée.

De l'activité ou de l'inactivité des employés de la capitale. Un rapport de novembre 2009 de l'inspection générale des services de Paris relève que l'absentéisme représente en moyenne 20 jours par agent et par an, s'ajoutant aux généreux congés et aux RTT. Au total, un agent de la capitale travaille moins d'un jour sur deux dans l'année. En 2001, la mairie de Paris comptait un peu moins de 20.000 agents. Ils sont passés à plus de 50.000 en 2009. Les dépenses de personnel ont augmenté de 45,7 % depuis que M. Delanoë est maire !

La doctrine sociale de l’Église
. L’Église s’intéresse concrètement aux hommes, dans le monde tel qu’il est, donc aux questions économiques et sociales. À partir de la fin du XIXe siècle, face à l’émergence de nouveaux courants philosophiques (le libéralisme et le socialisme), et en présence de la révolution industrielle ainsi que de l’apparition de nouvelles structures économiques et politiques l’Église, qui « scrute les signes des temps », élabora un considérable discours social, appelé « doctrine sociale ». Le point de départ fut l’encyclique Rerum Novarum (des « choses nouvelles » sur la Condition des ouvriers) de Léon XIII en 1891, qui fut suivie de nombreux autres textes, dont Mater et Magistra (l’église Mère et éducatrice) de Jean XXIII en 1961 (insistant largement sur la justice) à Populorum progressio de Paul VI en 1967 (sur le développement des peuples à la lumière du Concile de Vatican II). Jean-Paul continua dans cette voie : Laborem exercens en 1981 (première encyclique sur le travail, magnifiant celui-ci et confirmant la priorité du travail par rapport au capital), Sollicitudo rei socialis en 1987 (pour le 20e anniversaire de Populorum Progressio, relevant que les « structures de péché » sont un obstacle majeur au développement) et Centesimus annus en 1991 (une vision renouvelée et « englobante » pour le centenaire de Rerum Novarum). Benoît XVI a complété cet ensemble par son encyclique Caritate in veritate (l’amour dans la vérité) en 2009, dans laquelle il élargit le domaine d’application de la vertu de justice. Chacun de ces textes fut marquant à son époque, faisant prendre conscience aux hommes de bonne volonté d’injustices, de violations de la dignité de l’homme, voire de peuples. Certains entraînèrent des évolutions, par exemple du droit du travail, ou un nouveau regard sur le développement. Tous s’efforcent d’inspirer des attitudes justes dans le rapport aux biens terrestres et dans les relations socio-économiques.

« Experte en humanité », l’Église offre dans sa doctrine sociale un ensemble de principes de réflexion, de critères de jugement et de directives d’action, tout en laissant aux fidèles laïcs le choix des voies et moyens (et du reste l’Église ne propose pas de modèle). La doctrine sociale de l’Église est une sagesse qui actualise l’Évangile. Cet enseignement est à la fois en renouvellement continuel (pour l’adapter aux changements des conditions historiques et des événements) et d’une grande continuité, car son objectif et ses fondements sont immuables.

Son objectif est le développement intégral de tous les êtres humains. Par développement intégral, il faut entendre évidemment que chacun ait accès aux soins et dispose des moyens de vivre décemment, mais aussi que chacun puisse bénéficier d’une formation intellectuelle, morale et spirituelle.

Quant aux fondements, ils peuvent être regroupés en cinq éléments. Les voici.

La dignité de la personne humaine, image de Dieu, libre et responsable, d’où découle des droits et des devoirs.

L’objectif fondamental que doivent poursuivre les divers acteurs de la vie économique et sociale est le bien commun. et non pas l’intérêt particulier d’une personne ou d’un petit groupe. Aujourd’hui, chaque catégorie sociale a tendance à réclamer avec force, y compris au moyen de la grève, des avantages particuliers, sans se préoccuper du bien commun. Le marché et l’entreprise ont un caractère positif, de même que le profit, mais à condition que celui-ci ne soit pas le seul but.

Le principe de solidarité, tant au sein des États qu’entre pays, impose aux puissants et aux riches d’aider les faibles et les pauvres ; élément de justice, puisque toutes les nations et tous les êtres humains sont égaux, la solidarité est indispensable au développement. La solidarité s’étend aux générations futures, en nous imposant de respecter l’intégrité de la création, œuvre de Dieu, et donc de leur laisser une planète en bon état. La solidarité signifie « se sentir tous responsable de tous ».

Selon la subsidiarité, ni l’État ni aucune autre entité ne doivent jamais se substituer à l’initiative des individus et des corps intermédiaires. Cela signifie que chacun doit être laissé libre d’accomplir ce qu’il est capable de faire, par exemple la commune plutôt que la région, la région plutôt que l’État.

Enfin, si la propriété est un droit naturel de l’homme, il n’est pas absolu, étant tempéré par la recherche du bien commun, la solidarité et la destination universelle des biens ; selon celle-ci, « la propriété d’un bien fait de son détenteur un administrateur de la Providence pour le faire fructifier et en communiquer les bienfaits à autrui, et d’abord à ses proches » (Catéchisme de l’Église catholique, no 2404).


De la solidarité dans la doctrine sociale de l’Église. La solidarité demeure une question centrale des nations, sur laquelle la doctrine sociale de l’Église, élément de la « nouvelle évangélisation » tant prônée par Jean-Paul II, a toujours beaucoup insisté. Au premier chef, la solidarité dans l’Église réunit, sous le nom de communion, les vivants et les morts, les saints et les pécheurs. De manière plus temporelle, la solidarité apparaît comme une partie de la vertu de justice distributive. Alors que la justice commutative traite des obligations juridiques de personne à personne (sous forme d’équivalence des biens échangés), la justice distributive règle ce que, dans une recherche du bien commun et en considérant la dignité égale de tous les hommes ainsi que de la destination universelle des biens, la communauté doit aux citoyens, proportionnellement à leurs contributions et à leurs besoins, que ce soit au sein de la famille, d’une région, d’une nation ou, plus largement encore, entre les pays. Relèvent de cette justice, au sein de notre pays, toutes les mesures de redistribution, comme les allocations familiales, les aides au logement, le RSA, etc. Et, dans les rapports internationaux, toutes les mesures d’aides et d’assistance aux pays en voie de développement.

Jean-Paul II avait montré (dans Laborem exercens en 1981) que le travail, étant pour chacun un devoir et une nécessité, instaure une solidarité entre les hommes, en visant le bien commun, et parce que chacun occupe une place indispensable à l’ensemble, que ce soit au sein de l’entreprise mais aussi, au-delà, des autres entreprises, des administrations et des diverses collectivités. Dans des encycliques postérieures, dans le droit fil de Populorum progressio de Paul VI (1967), ce Pontife exposa que cette solidarité s’étend au plan international. Dans la recherche d’un monde meilleur de justice et de paix, elle doit battre en brèche les fondements de l’injustice et de la violence, non par la violence ou par la lutte des classes, mais par le dialogue et la concertation. Et cette solidarité renouvelée doit désormais être planétaire : le bien commun mondial appelle une nouvelle solidarité sans frontière. Elle suppose des engagements concrets : le partage des techniques et de la prospérité, le respect des Droits de l’homme, la prévention des conflits, ainsi que le dialogue serein entre les civilisations et les religions. L’objectif est d’allier l’humanisation à la mondialisation.

Revenant sur la doctrine sociale dans Caritate in veritate (l’amour dans la vérité) en 2009, Benoît XVI englobe dans l’exigence de la solidarité de nombreuses thématiques primordiales pour l’avenir de l’humanité, la primauté de l’homme sur le capital, le profit et la finance, la dignité des travailleurs et des immigrés, la gestion des ressources naturelles, la protection de l’environnement, la responsabilité sociale des entreprises, la redistribution mondiale des richesses, l’aide au développement, mais aussi le fait que la technique doit rester la servante de l’homme et soumise au jugement moral. Cela est particulièrement frappant en matière de bioéthique, où tout ce qui est actuellement possible n’est pas moralement admissible, allant contre la nature de l’homme. Enfin, selon le Souverain Pontife, le développement intégral doit comprendre une croissance spirituelle, et pas seulement matérielle. « Il n’y a pas de développement plénier et de bien commun universel sans bien spirituel et moral des personnes considérées dans l’intégrité de leur âme et de leur corps ».

L’Église insiste sur la capacité créatrice des hommes, libres et responsables, leur capacité d’agir et de modifier le cours des choses. Nous sommes tous des coopérateurs de Dieu, en continuant en quelque sorte la création du monde, qui n’est pas achevée. Ainsi, face à la morosité et au pessimisme ambiants, l’Église est optimiste et fait confiance aux êtres humains et surtout à la jeunesse, qui est son avenir. Elle ne croit pas à la fatalité ; elle estime que même les crises sont une occasion de remise en cause et de discernement, permettant d’élaborer de nouveaux projets, permettant d’améliorer le monde.