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Le nucléaire.
En décidant,
dans l'accord avec les Verts du 15 novembre 2011, de ramener de 75
à 50 % la part du nucléaire dans la
production d'électricité d'ici à 2025,
François Hollande, s’il est élu à la
présidence de la République, modifiera radicalement le paysage énergétique du
pays. L’accord entre le PS et les Verts Cet accord prévoit la fermeture de 24
réacteurs (sur les 58 exploités actuellement par EDF), d’une capacité de 900
mégawatts chacun ; le parc nucléaire d’EDF perdrait alors un tiers de ses
capacités, qui passeraient de 63,1 gigawatts (GW) à 41,5 GW. Cette mesure
provoquerait un bouleversement
sans
précédent, d’abord sur le plan technique, avec la
nécessité de développer d'autres
sources de production. Mais aussi d’un point de vue
écologique, avec l’augmentation
des émissions de gaz à effet de serre; d’un point
de vue financier, avec une
hausse considérable du prix de l'électricité (de
30 à 40 %); enfin, dans
le domaine social, car toute une filière professionnelle vit
actuellement de
cette activité, en France et à l’exportation
(600.000 à 650.000 emplois relèvent directement ou
indirectement du nucléaire). Une étude de l'Union
française de
l'électricité (UFE) a évalué à 60
milliards d’euros le coût que le pays devrait
assumer en cas de recul de la part du nucléaire de 70 à
50 %. Mais ce
scénario ne tient pas compte des dépenses de
démantèlement des installations de
plusieurs dizaines de milliards d'euros. Il n'a pas non plus
abordé le volet
social d’un retrait partiel, qui frapperait des entreprises
employant
globalement plus de 600.000 personnes. D’autre part, cette mesure
ferait perdre
à la France un atout précieux, à savoir celui de
l’indépendance énergétique,
puisqu’elle conduirait à renforcer massivement les
importations de gaz russe.
Le nucléaire nous permet non seulement d'être autosuffisants en énergie,
mais aussi d'exporter chaque année pour 25 milliards d'euros en électricité et
en savoir-faire (construction de centrales à l'étranger). Alors qu'en cas de
réduction à 50 % de la production d'électricité nucléaire, nous serions au
contraire dans l'obligation d'importer du gaz ou de l'électricité, pour un
déficit estimé à 6 milliards d'euros par an.
J'ai
entendu à la
télévision l'inénarrable Mamère
pérorer sur l'exemple donné par l'Allemagne,
qui a décidé de sortir du nucléaire (mais qui ne
représentait que 25 % de sa
production d'électricité), en oubliant de préciser
que, pour ce faire, ce pays
rouvrait ses mines de lignite, afin de produire de l'énergie
avec du charbon,
ce qui entraînera des rejets massifs de CO2 dans
l'atmosphère (alors que ce pays en rejette déjà
cinq fois plus que la France). Quelle merveille
écologique! De plus, il oublie de préciser que les
Allemands paient déjà leur électricité
près de deux fois plus cher que les Français, et que la
facture devrait doubler. En outre, il faut comprendre que
l'énergie verte n'existe pas. Ainsi, une éolienne
consomme plus de matiere (pour la construire, faite
notamment de métaux rares) qu'une centrale nucléaire,
ramené au kwh (20/11/2011). 'L'électricité
« renouvelable » est un luxe ; déjà difficile
à assumer en
temps normal, quasiment impossible à financer en période
de crise. Comparée à l'électricité produite
par des centrales
thermiques (à gaz ou à charbon), celle produite par
l'éolien terrestre revient
50 % plus cher, un surcoût qui grimpe à 150 % pour
l'éolien offshore (en mer),
et à 223 % pour le solaire. De plus, l'éolien, par définition, ne fonctionne que par grand vent.
Dans Nouvelles histoires naturelles
(J.-C. Lattès),
l'écologiste et explorateur raisonnable, car savant, Jean-Louis
Etienne montre que le nucléaire s'impose
aujourd'hui comme une solution obligée pour produire de
l'énergie propre.
« L'atome est en soi une ressource énergétique
naturelle dont on aurait tort de
se priver (...). D'abord, aucune
autre technologie n'est assez mature pour produire massivement de
l'énergie
propre. Ensuite, le nucléaire ouvre des perspectives
intéressantes avec les
réacteurs de quatrième génération, capables
de recycler les déchets (...). En fait, nous sommes au milieu du
gué: faut-il renoncer maintenant,
alors que l'on peut imaginer une exploitation de l'énergie
atomique compatible
avec un développement durable ? »
Dans une tribune du Monde, « Nucléaire : non à l’idéologie de la
peur », du 21 novembre 2011, J.-P. Chevènement rappelle quelques vérités à
propos de l’arrêt du nucléaire : « […] Le coût du MW/h du parc
nucléaire français est de 42 euros (chiffre inscrit dans la loi sur la nouvelle
organisation du marché de l'électricité en France de 2011). Le gaz revient
entre 60 et 70 euros/MWh (le prix du gaz progressera dans l’avenir). Le coût de
l'éolien terrestre s'élève à 90 euros/MWh, l'éolien marin est à 150 euros/MWh
et le solaire photovoltaïque à 250 euros/MWh.
Notre déficit extérieur s'aggraverait de trois façons : la réduction de nos
services nucléaires exportés (6 milliards d'euros par an en moyenne),
l'importation ensuite de 4 milliards d'euros de gaz supplémentaire chaque
année, et enfin, la disparition progressive de nos exportations d'électricité
(2,3 milliards d'euros par an), au fur et à mesure de la fermeture des
réacteurs français. De plus, les entreprises françaises, qui bénéficient d'une
électricité 40 % moins chère que dans le reste de l'UE, perdraient cet avantage
comparatif, ce qui aggraverait leur problème de compétitivité. L'image d'un
monde éclairé par la seule grâce du soleil et du vent que nous présentent les
partis écologistes est un leurre. L'éolien et le solaire sont non seulement
chers, mais ils produisent trop peu. Une éolienne terrestre ne produit que 20 à
25 % du temps, une éolienne maritime 30 à 35 % et le solaire photovoltaïque en
France 10 à 15 %. Les éoliennes en France ayant en moyenne une puissance
nominale de 2 MW, il faudrait en construire 2 500 à 3 000 pour obtenir une
puissance produite équivalente à celle d'un seul EPR de 1 650 MW qui, lui,
fonctionnera 90 % du temps. Belle perspective !
[…] L'Allemagne va construire dix centrales thermiques au charbon pour
remplacer les réacteurs nucléaires qu'elle ferme. Or, l'industrie charbonnière
fait 2 500 à 3 000 morts par an (contre deux à Fukushima) […] » (J.-P. Chevènement).
« Une agence suisse a fait le décompte des morts entre 1969 et 2010. Le
charbon a tué 23.000 personnes, le pétrole 18.000, les procédés du gaz, à peu
près 8 à 9.000, l’hydraulique 22.000 par l’effondrement de barrages (...). Le
nucléaire 31, qui sont bien sûr à Tchernobyl, dans le nucléaire civil »,
propos de Michel Rocard (ancien Premier ministre socialiste), rapportés par l’AFP
le 24 novembre 2011.
Enfin, comparer Fukushima et la France est malhonnête. Les conditions climtiques et géologiques de Fukushima
et de la France sont très différentes. Nous n'avons pas
de tsunamis et les éventuels séismes dans notre pays ne
peuvent être que de faible amplitude. D'autre part, les centrales
japonaises étaient d'une technique ancienne, à eau
bouillante avec un unique circuit de vapeur, alors que les centrales
françaises sont dotées de tois circuits, donc d'une
sécurité bien plus grande (27/11/2011).
Le programme de Hollande. Le programme de François Hollande a été chiffré par l'Institut
de l'entreprise à 30 milliards de dépenses supplémentaires par an. La mesure la
plus onéreuse est celle à laquelle il tient le plus, qui a été critiquée
vivement par Martine Aubry, est le "contrat de génération", qui devrait grever
les finances publiques, cumulé sur le quinquennat, de 30,5 à 33 milliards
d'euros (20 oct. 2011). Quant à la stupidité de ses vues sur le nucléaire, voyez ci-dessus.
Son programme économique "ne tient pas la route". Du reste, Selon la cour des comptes, la Corrèze, département quee dirige François Hollande, a le
triste record d'être le département le plus endetté de France, soit trois fois
plus que la moyenne nationale. Selon le rapport, il y avait, en 2007, 831 employés au conseil général. En
2009, un an après son arrivée, donc un an après avoir constaté que le déficit
hérité était très élevé, il y avait 1218.
Et lui qui n'a de cesse de vilipender la gestion du Gouvernement, a sollicité sans vergogne de
celui-ci une aide exceptionnelle près de 20 millions
d'euros pour pouvoir faire fonctionner son département!
L'Europe.
L'Europe est la première économie mondiale (21% du PIB contre
20% pour les Etats-Unis et 17% pour la Chine), la première des destination des
investissements étrangers (230 milliards d'euros contre 100 pour les
Etats-Unis et moins de 80 pour la Chine), le premier marché mondial (2 378
milliards d'euros contre 1416 pour les Etats-Unis et 2235
pour la Chine). L'Europe est largement en tête pour tous les
indicateurs de développement humain (pauvreté, édcation, santé, espérance de
vie, mortalité infantile, égalité de revenu, sécurité du cadre réglementaire et
institutionnel). Enfin, l'Europe est nettement moins endetté que les
Etats-Unis (80% du PIB contre 100% du PIB) et surtout n'a pas bâti sa
croissance sur le recours au crédit (E. Sales, Le Figaro 18 oct.
2011).
Les
primaires pour l'élection présidentielle. Les primaires, surtout
ouvertes, sont contraires à l'esprit de la constitution voulue par le Général de
Gaulle. Elles donnent le pouvoir aux partis, en l'enlevant au peuple, et
dévalorisent la fonction présidentielle. De plus, elle créent une élection à
quatre tours, laissant une grande place aux combinaisons partisanes entre les
divers candidats entre les deux premiers tours et à l'issue de ceux-ci. Le
candidat fianlement désigné par les primaires sera lié par un contrat
gouvernemental impossible à appliquer. Il s'agit en réalité d'élections privées,
pour lesquelles sont abusivement utilisées les listes éléctorales qui
n'appartiennent qu'à l'exercice public du suffrage universel, comme l'a remarqué
Philippe de Saint Robert
(Le Figaro, 5 oct. 2011). En outre, cela
permet au parti socialiste de monopoliser abusivement le terrain médiatique (28
juin, 6 et 12 oct. 2011). Voyez sur la question des primaires le solide article
du professeur d'Onorio, publié par Le
Figaro du 16 octobre et reproduit à la fin de ce bloc-notes.
Les chrériens persécutés.
Les violences commises contre les minorités catholiques,
orthodoxes ou protestantes dans les pays islamistes ou en voie d'islamisation
(et même dans certains pays boudhistes comme le Laos), notamment en Irak, en
Iran, en Turquie, au Maghreb, voire en Afrique noire, sont en progression
constantes et considérables, sans que les intellectuels et médias
français s'émeuvent, eux qui sont des spécialistes de l'indignation (sélective).
Voyez sur ces persécutions: A. Del Valle, Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde
d'aujourd'hui? La nouvelle christianophobie, éd. Maxima-Laurent du
Mesnil, 2011 (11/09/2011).
La dame des 35 heures.
Mme
Aubry se pose en docteur miracle, ayant toutes les recettes pour que
tout s'améliore, et critique sans nuance l'ensemble de la
politique menée depuis le départ de Lionel Jospin. On
peut être dubitatif devant son programme, qui ignore superbement
les risques de la concurrence internationale, ainsi que les effets
pervers de la mondialisation et de l'euro (sur lequel les gouvernements
européens n'ont aucun pouvoir). Mais, surtout, comment peut-elle
être crédible, elle qui a instauré les 35 heures,
qui a figé le pouvoir d'achat des Français, miné
la productivité des entreprises (une des causes de la chute des
exportations), a détruit des emplois selon l'OCDE, et a
été un gouffre pour les finances publiques (environ 168
milliards, soit 10% de la dette publique)? Les 35 heures ont
entraîné un décrochage dramatique de
l'économie française, qui n'a plus jamais retrouvé
la même force (la durée du travail est en moyenne annuelle
de 1904 h en allemagne, 1856 h dans le Royaume Uni, 1813 h. en Italie,
1798 h. en Espagne et seulement de 1679 h. en France!). De plus, dans
la fonction publique, les 35 heures ont été
extrêmement néfastes, particulièrement dans les
hôpitaux et la police. Pour celle-ci, la mesure a
été équivalente à la suppression de 8000
postes... (31/08/2011). La suppression du nucléaire, figurant
dans son programme, coûterait 250 milliards, tandis que
l'allocation d'autronomie des étudiants, proposée aussi
par F. Hollande représente 23 milliards d'eurios! Ce n'est pas
la suppression des fameuses "niches" fiscales qui permettra de financer
ces mesures, même si certaines niches devraient en effet
être supprimées (15/10/2011 et 12/01/2012).
Immigration.
L'Europe
est le premier continent d'immigration au monde, les migrants
représentant 4/5e de son accroissement démographique.
Cela pose des questions de société qu'il ne faut pas
éluder, ne serait-ce que pour les accueillir dignement. La
doctrine sociale de l'Eglise précise le droit des Etats à
fixer les droits et les devoirs des immigrés (Catchisme de l'Eglise catholique, n° 2241), et à en "déterminer la proportion que leur pays peut acvcueillir"
(Commission pontificale Justice et Paix, 3 nov. 1988).
L'angélisme en la matière est désastreux, tant
pour les migrants eux-mêmes que pour les pays qui les
reçoivent. De sont coôté, le président du
conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en
déplacement, Mgr Antonio Maria Veglio, a déclaré,
dans une conférence dont les propos ont été repris
par l'Osservatore romano du 13 juillet 2011, que l'ouverture des
frontières ne suppose pas une adhésion "à la vision d'une liberté d'immigration
totale" et aveugle. "Les gouvernements
ont comme devoir important de réguler la consistance et la forme des flux
migratoires". Ils doivent aussi tenir compte "du bien commun, de sorte que les immigrés soient
accuillis dignement et que la population du pays qui les reçoit ne se retouve
pas dans des conditions propices au rejet" (22/07/2011 et 25/03/2012).
Le mariage homosexuel. Des
suggestions répétées ont lieu en faveur de l'admission du mariage homosexuel,
appuyées par des sondages selon lesquels la majorité des Français sont pour.
C'est possible, mais n'a aucune valeur, car on ne peut pas être pour un
non-sens. Le mariage étant, par définition, l'union d'un homme et d'une femme,
il est contradictoire de vouloir un mariage ne remplissant pas cette base
fondamentale. Si l'on veut permettre l'union de deux personnes du même sexe, ce
qui est un choix de société, ce ne peut être sous l'appellation de mariage, mais
sous un nom nouveau qu'il faudrait créer. Cela n'a rien de discriminatoire, mais
résulte de la raison (28/06/2011).
Dépénalisation du cannabis?
Certaines personnes proposent de dépénaliser la détention et
l'usage du cannabis. Les socialistes espagnols avaient voté cette mesure en
1983, qui avait favorisé le passage des drogues douces aux drogues dures, ce qui
provoqua l'augmentation par dix du nombre de morts par doses excessives (overdose): de 93 en 1983 elles étaient passées
à 813 en 1991. Le gouvernement espagnol décida donc de mettre un terme à ce
désastre, en revotant la pénalisation du cannabis en février 1992
(18/06/2011).
Présomption d'innocence.
Tant les journalistes, à la radio et à la télévision, que les
commentateurs et les hommes politiques répètent inlassablement ces jours-ci, à
propos de Dominique Strauss-Kahn, qu'il doit bénéficier de la présomption
d'innocence. Ce qui est exact, et je me réjouis de ce fait. Mais leurs propos
seraient plus crédibles si, à propos d'hommes politiques de droite, notamment
Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Eric Woerth, ils n'avaient pas
délibérément et systématiquement ignoré cette présomption, remplacée par des
déclarations répétées de conviction de leur culpabilité. Il y a vraiement deux
poids et deux mesures (17/5/2011).
Voile islamique.
La loi interndisant le voile islamique intégral dans les lieux
publics a été votée. On peut être pour ou être contre. Mais l'argument
selonlequel cette loi était inutile car elle ne concerne que 2000 personnes en
France, comme l'a affirmé Eva Joly, est stupide. Celle qui réprime et donc
interdit l'assassinat concerne heureusement encore moins de personnes. Faut-il
la supprimer ? (13 avr. 2011).
Fonctionnaires. Les
syndicats de fonctionnaires se lamentent tous et sans cesse du manque
d'effectifs. Or, la France compte huit fonctionnaires pour cent habitants,
contre cinq pour le Royaume-Uni et l'Allemagne. Au cours des trente dernières
années, le nombre de fonctionnaires est passé de 3,86 millions à 5,2 millions;
l'augmentation est largement
plus importante que celle de la population (28/2/2011).
La justice. Le Président de la République a sans doute
été maladroit dans ses déclarations sur la justice au début du mois de février
2011, mais la réaction des magistrats est excessive, et les propos de certains
magistrats à son encontre absolument scandaleux (notamment celles d'un dénommé
Trévidic). En présence de cette indignation des magistrats, un petit rappel:
seuls deux magistrats refusèrent
de prêter serment au maréchal Pétain ! Comparez! D'autre part, le Président de
la République n'a pas cité expressis
verbis les magistrats, mais a affirmé que, si des défaillances avaient
été commises, leurs auteurs devraient être sanctionnés, ce qui est la moindre
des choses (évidemment en respectant la procédure, les droits de la défense,
etc.). Le refus d'envisager toute sanction est du pur corporatisme. Toutes les
autres professions connaissent des sanctions, parfois lourdes, fulminées
précisément par les mêmes magistrats. Le Conseil supérieur de la magistrature
n'inflige que des sanctions très minimes et rares. Dans l'affaire d'Outreau, un
seul magistrat de la toute la chaine pénale s'est vu infliger une sanction, et
celle-ci n'était qu'un blâme! La plupart de la dizaine d'autres ayant eu à
connaître de l'affaire ont connu un avancement... Les chefs de juridiction
cochent très fréquemment le qualificatif d'exceptionnel sur les fiches
d'évaluation des magistrats, alors que, par définition, seuls quelques uns
peuvent être tels.
Trois trafiquants internationaux viennent d'être libérés à la légère,
ruinant toute une enquête (Le Figaro, 21
févr. 2011). Le JDL sera-t-il sanctionné? Non, et peut-être même
bénéficiera-t-il d'une promotion...
Face à la rengaine du manque de budget de la
Justice, il faut rappeler qu'il a augmenté en moyenne de 3,5%
depuis 2007 et que, loin de voir ses effectifs diminuer comme les
autres ministères, le nombre de magistrats est passé de
7300 à 8500 de 2002 à 2010. Sa
célérité a-t-elle été
améliorée d'autant? Je crois aussi qu'il faudrait
s'interroger sur la pertinence des "vacances judiciaires", pratiquement
calquées sur les vacances scolaires (près de trois mois
par an en les additionnant toutes, mais "seulement" deux mois à
Paris), sauf des permanences, notamment pour les
référés et les flagrants délits. Cela
correspond à combien d'emplois ? (9, 15 et 21 févr.
2011).
Effectifs universitaires. En
1939, il y avait pour toute la France 90 000 étudiants, toutes disciplines
confondues, c'est-à-dire moins que les
seuls étudiants en Droit et économie de Toulouse (UT 1 Capitole) en 2011
!
Taux de détention.
Contrairement à une idée reçue, véhiculée par les médias, le
taux d'incarcération en France (95 pour 100000 habitants) est très inférieur à
celui de la plupartt des pays de l'Union européenne (134 en Espagne, 151 au
Royaume-Uni, 216 pour la Pologne; la moyenne européenne est de 122) (5 févr.
2011).
Manuscrits royaux de Corée. La décision, au dernier trimestre 2010, du Président de la République de
restituer à la Corée, sous forme d'un prêt de longue durée renouvelable (en
réalité définitf) les manuscrits royaux de Kanghwa détenus par la BNF a donné
lieu à beaucoup de commentaires. Les conservateurs de musée, qui au demeurant
n'avaient pas été consultés, se sont insurgés contre cette mesure, créant un
précédent très dangereux pour les collections nationales, théoriquement
inalinéables. En revanche, selon d'autres personnes, il s'agissait là d'une
réparation légitime, ces manuscrits ayant été volés par les troupes françaises
en 1866. Le vol est certain. Mais il faut préciser que, si l'armée de la
République était intervenue, c'est à la suite du massacre de 8.000 catholiques
Coréens et de neuf missionnaires Français (25/12/2010).
Mémoires de Raymond Aron. « Réduire la durée du travail sans réduire la paye
hebdomadaire, abaisser l'âge de la retraite : toutes ces propositions tendent à
partager le travail, non à créer des emplois. (...) La gauche va loin dans
l'aveu d'impuissance : création de fonctionnaires et mises à la retraite
anricipée caractérisent bien la médiocrité intellectuelle et morale d'un parti
de fonctionnaires » (cité par E. de Montety, "L'oeil d'Aron", Le Figaro
littéraire, 18 nov. 2010).
Grèves. Les syndicats de la RATP et de la SNCF viennent de décider une
grève reconductible contre la réforme des retraites. Le paradoxe assez
scandaleux est que pour
l'instant la réforme ne concerne pas ces
entreprises publiques. Elles continueront d'être régies par leur régime spéciaux
très avantageux jusqu'en 2017. Ainsi, les conducteurs de train continueront de
pouvoir prendre leur retraite à 50 ans, avec une décote, et les autres employés
de la SNCF à 55 ans ! En 2017, l'âge minimum de départ à la retraite des agents
de conduite sera porté à 52 ans et à 57 ans pour les autres (6/09/2010).
La France, pays d'émigration. Le flux migratoire vers la France ne cesse d'augmenter, malgré les
clameurs et défilés d'organisations diverses prétendant l'inverse. Les arrivées
d'étrangers ont augmenté de 8,3 % au premier semesrtre 2010 (soit 100 000
nouveaux titres de séjour), tandis que les regroupements familiaux ont progressé
de 31 % et les naturalisations de 11,7%, sans compter évidemment les cohortes de
clandestins. En comparaison, du début de l'année au 1er septembre, 8328 Roms ont
été reconduits à la frontière (en exécution d'une décision de justice). En 2009,
la France a accueilli 180 0000 personnes et 140 000 ont été naturalisées.
La France est le premier pays européen
en termes d'accueil de réfugiés politiques, le deuxième au monde après les
Etats-Unis. (05/09/2010).
Police de proximité. Martine Aubry vante la police de proximité, qu'elle veut remettre en
place si la gauche revenait au pouvoir. Or, l'expérimentation de la police de
proximité de 1997 à 2002, alors que Lionel Jospin était premier ministre, fut un
échec retentissant. En cinq ans, les crimes et délits augmentèrent de 17 % (les
violences grimpant même à 50 %). Pire, le taux de réussite policière fut le plus
bas jamais enregistré (la police et la gendarmerie ne résolvaient plus qu'une
affaire sur quatre contre une sur trois aujourd'hui). Cette police de proximité
déambulait le jour alors que les délinquants se manifestent surtout la nuit.
Elle nécessitait d'importants effectifs, alors que la funeste loi de la même
Aubry sur le temps de travail entrait en vigueur, privant d'un seul coup les
forces de l'ordre de l'équivalent de 10 000 emplois à temps plein, autant que
les actuelles réductions d'effectifs tant décriées actuellement par le parti
socialiste (03/09/2010).
Des « affaires ». La déferlante médiatico-politique des "affaires" est consternante. On
sent l'envie de certains, auquels les medias de masse prêtent la main avec joie,
de détruire et de salir, amplifiant les moindres rumeurs, bafouant la
présomption d'innocence, violant les secrets de la vie privée et de
l'instruction. Ils répandent l'idée que les hommes politiques sont tous
corrompus et ont des trains de vie fantastiques, alors qu'ils sont presque tous
honnêtes et que leurs revenus sont très inférieurs à ceux des dirigeants
d'entreprise, des présentateurs de télévision (si prompts à donner des
conseils), des acteurs, des mannequins et des sportifs. Le discours actuel des «
petits maîtres », selon lequel « ils sont tous pourris », est non seulement
injuste mais dangereux pour la société et la démocratie. Aujourd'hui, tout
individu se croit autorisé à accuser et à condamner (verbalement) d'autres
personnes avant toute juridiction, de juger avant de comprendre et de
s’informer, bafouant la présomption d’innocence et, à travers elle, la dignité
de l’homme ; les rumeurs, soupçons, dénonciations, condamnations, se propagent
avec célérité. Chaque citoyen, tout en croyant pouvoir marcher à la seule
lumière de sa lampe personnelle (et, au fond, ayant « bonne conscience » plus
que droite conscience), s’érige en juge d’autrui, spécialement des hommes
politiques (il est vrai décrédibilisés depuis des années par les diverses
marionnettes de l'information, dont la nocivité sur l'esprit public est
patente). « Chacun tient la présomption d’innocence pour son droit à soi et
la présomption de culpabilité pour le droit des autres » (J.-D. Bredin)
(18/07/2010).
De la fiscalité. La
moitié des Français ne paye pas d'impôt sur le revenu et est donc favorable à
l'augmentation des aides de toutes sortes (et des impôts pour les autres). Ces mêmes personnes sont, soit
exonérées de la taxe d'habitation soit bénéficient d'un allégement significatif
de celle-ci, ce qui explique la pression qu'elles exercent sur les élus locaux
afin qu'ils augment indéfiniment les dépenses locales. Jean-Philippe Delsol, qui
rappelle ces faits, écrit que « l'impôt ne peut être moral s'il est à la charge de quelques-uns
au profit de tous. Il en arrive vite à un déni de justice et de démocratie.
(...) La démocratie exige que tous participent à la vie de la cité, c'est-à-dire
aussi à sa charge. C'est pourquoi l'impôt proportionnel (...) rejoint ici
l'équité. Si tous payent l'impôt, même un tant soit peu, tous seront attentifs
aux dépenses publiques ».
Plus simple et plus efficace que l'impôt progressif, il est aussi plus juste
(16/07/2010).
Des retraites. Quelques données simples et incontestables, justifiant une réforme en
profondeur. En 1950, l'espérance de vie en France n'était encore que de 69 ans
pour une femme et de 63 ans pour un homme, et, en 1980, respectivement de 78 et
70. En 2007, elle est passée à 84 ans pour une femme et à 77 ans pour un homme.
Il y a un demi-siècle, un retraité n'avait, en moyenne, que quelques années de
vie devant lui ; il peut aujourd'hui escompter profiter d'une vingtaine d'années
de "3e âge". Depuis cinquante ans, nous gagnons en France un trimestre
d'espérance de vie par an.
De l'euro. Malgré la crise
actuelle, l'euro demeure surévalué par rapport au dollar, au yuan et à la livre.
Cet euro fort, sur lequel veille scrupuleusement la Banque centrale européenne,
qui a succédé au franc fort, initié par Bérégovoy, ministre des finances puis
Premier ministre de Mitterrand. Le franc fort avait été désastreux pour
l'industrie française. L'euro fort l'a été pour l'Europe, sauf pour l'Allemagne.
Cet objectif fixé comme un dogme, avec comme corollaire celui de l'absence
d'inflation, a largement contribué à la perte de nos marchés d'exportation, à la
désindustrialisation de nos pays, donc à la perte d'emploi et aux
délocalisations. Une monnaie forte, l'absence d'inflation, l'équilibre
budgétaire, peuvent être des objectifs souhaitables, mais ne doivent en aucun
cas être regardés comme des dogmes : Tout dépend des circonstances. Ce qui
compte, c'est le bien commun. Après les deux guerres mondiales, jamais la France
n'aurait pu se reconstruire s'il avait fallu qu'elle se pliât à ces diktats. En
revanche, la reconstruction achevée, il était nécessaire de stabiliser la
monnaie. C'est par exemple ce que fit de Gaulle en 1959.
J'avais annoncé ces dangers de l'euro fort dès l'introduction de
mon livre L’éthique des affaires et du
management au XXIe siècle. Essai, Dalloz Dunod, 2000 ; 2e tirage 2001) de la
façon suivante : La barbarie imprègne l'économie, sous le couvert d'un
libéralisme effréné, du libre-échangisme et du monétarisme élevés au rang de
dogmes. La politique du franc fort a causé des ravages dans notre pays,
suscitant une immense cohorte de chômeurs, et le réapparition d'un nombre de
miséreux, tel que la France n'en n'avait pas connu depuis le milieu du XIXe
siècle (avant le second Empire). Vouloir coûte que coûte maintenir une monnaie
forte, quelles que soient les circonstances et la conjoncture, est consentir à
sacrifier les hommes, en acceptant un taux, lui aussi fort, de chômage.
"Sous le couvert d'une prise de position technique, c'est en réalité un
choix de civilisation essentiel qui est décidé : un anti-humanisme, l'homme
sacrifié à cette "chose" qu'est la valeur de la monnaie" (Ph. Saint Marc,
L'Économie barbare, Éd. Frison-Roche, 1994, p. 333 ) : C'est du pur
matérialisme. Tout se tient. La barbarie la plus profonde est là. Les mêmes
causes ayant les mêmes effets, je crains que l'euro fort, recherché par la
Banque centrale européenne de Francfort (totalement indépendante des autorités
politiques) conduise à des résultats humainement lourds.
Il est absolument inédit dans l'histoire de l'humanité et
aberrant que les pouvoirs politiques démocratiquement élus n'aient aucune
possibilité de déterminer la politique de la Banque centrale européenne, alors
que les gouverments des Etats-Unis, de la Chine ou de la Grande-Bretagne mènent
une politique monétaire efficace en fonction de leurs intérêts. Et il fut
stupide d'adopter une monnaie unique sans une coordination des politiques
économiques de la zone euro (composée de pays hétérogènes), ainsi que d'y
admettre de plus en plus de pays (par un mouvement de fuite en avant
irresponsable, comme celui qui conduisit aussi à élargir sans fin l'Union
européenne). Il est indispensable de dévaluer fortement l'euro, et d'adopter
enfin des politiques économiques et fiscales coordonnées. L'Union européenne en
aura-t-elle la volonté et le courage ? Sinon, il faudrait scinder la zone euro
en deux entités, l'une autour de la France, l'autre autour de l'Allemagne.
D'autre par, il faut cesser d'admettre de nouveaux pays dans l'euro (et mettre
un terme, mais c'est une autre question, d'élargir l'Union européenne).
L'Allemagne porte une grande responsabilité dans ce dogme de la
stabilité de la monnaie et c'est elle qui imposa l'indépendance absolue de la
Banque centrale européenne, au service du dogme. Ce choix de la surévaluation de
l'euro est favorable à l'Allemagne, qui s'est imposé immédiatement une politique
de déflation qui lui a permis de gagner un avantage compétitif important. Elle
est seule capable d'exporter dans ces conditions en dehors de la zone euro,
compte tenu de la haute technicité et qualité de ses produits, d'une main
d'oeuvre habile et disciplinée (faisant rarement grève, connaissant peu
l'absentéisme, non soumises aux 35 heures, des coûts du travail en baisse depuis
dix ans de 1,4% par an en moyenne tandis qu'ils augmentaient de 0,8 par an en
France, la retraite à 65 ans qui va passer porgressivement à 67 alors qu'elle
est à 60 ans en France, etc.). Et elle peut exporter facilement dans la zone
euro, vers les pays dans lesquels la dépense publique est plus importante et qui
ont une tendance à l'inflation, ceux-ci ne pouvant plus équilibrer leurs comptes
par une dévaluation, qui était le remède antérieur (22 févr. et 16 mars 2010).
Droit de "retrait" des enseignants et violence
scolaire. Il y a aussi lieu de s'étonner des abus de
l'aberrant "droit de retrait", en vertu duquel les enseignants se dispensent
d'exercer leur métier sous prétexte qu'un incident (il est vrai parfois grave)
est intervenu dans leur établissement. Quelle conception du service public cette
attitude reflète-t-elle ? Ils réclament, comme toujours, des moyens
supplémentaires, comme si l'arrivée de quelques surveillants en plus pourrait
régler la question de la violence à l'école, et battent le pavé (quel exemple
donnent-ils à la jeunesse ?). Ils s'exonèrent un peu facilement de leur
responsabilité dans l'instauration de cette violence. Pendant longtemps, tous
ceux qui dénonçaient la montée de la violence à l'école étaient traités rien
moins que de fascistes. Et n'oublions pas que, depuis un certain nombre
d'années, nombre de maîtres (certes pas tous) ont décidé qu'il n'était pas
question de forcer les élèves à demeurer silencieux et concentrés, ni d'exercer
une quelconque autorité, l'école étant un "lieu de vie" où chacun doit pouvoir
s'exprimer et où l'enfant doit tout réinventer par lui-même (ce qui est nommé le
pédagogisme) (9 févr. 2010). Trop de professeurs "excusent fréquemment les
actes répréhensibles de leurs élèves et mettent les égarements de ces "jeunes"
sur le compte d'une fragilité psychologique et sociale. Les enseignants
réclament toujours plus de moyens mais ne se mobilisent guère pour rétablir leur
autrorité et réclamer l'ordre et la discipline au sein de leur classe"
(selon V. Bouzou, professeur dans une zone défavorisée ; Le Figaro, 19
févr. 2010). Leur responsabilité n'est évidemment
pas la seule, la société étant devenue plus
violente d'une façon générale, l'école
reflète l'état de la société. Et un nombre
certain d'enfants rejettent aujourd'hui l'école
républicaine, parfois soutenus dans leur rébellion par
leurs parents, ce qui est un phénomène inédit
très inquiétant (19 février 2010). La posture
idéologique de nombre d'enseignants syndiqués est aussi
assez singulière. Tout en constatant qu'une immigration massive
non contôlée depuis une trentaine d'années paralyse
l'intégration, ils militent contre les restrictions à
l'immigration et contre les expulsions des émigrés sans
papier (21 février 2010).
Haïti. La tragédie d'Haïti est
une nouvelle occasion pour certains Français qui détestent leur pays (V. plus
loin la rubrique Fierté nationale), parmi lesquels nombre de
journalistes, de jeter l'opprobre sur la France, qui serait à l'origine de tous
les maux d'Haïti (à l'exception, peut-être du tremblement de terre), passés,
actuels (plus de deux siècles après l'indépendance de 1804) et futurs ; et de
réclamer une repentance de plus (V. plus loin la rubrique Lois
mémorielles). C'est notament le cas de Claure Ribbe dans un "point de vue"
outrancier publié par Le monde le 16 février 2010. Il est indéniable que
ce pays a été une colonie, avec tous les vices détestables de ce système, et que
Bonaparte y a adopté une conduite désastreuse et condamnable. A la Restauration,
sous Charles X, il fut convenu qu'Haïti verserait 150 millions de francs pour
indemniser les colons expropriés et expulsés. Elle fut ramenée à 90 millions
sous Louis-Philppe par un traité en 1838 (J. Marin, L'Empire renaissant,
1789-1871, Denoël, 1987, p. 100-101). Les gouvernements successifs d'Haïti
tinrent à honorer cette dette, ce qui est tout à leur honneur, jusqu'à son
paiement complet, qui intervint en 1886. Les "bonnes âmes" expliquent que c'est
cette dette qui ruina Haïti, et que ce pays n'a jamais pu s'en remettre. C'est
absurde. Haïti était, avant la Révolution, la colonie française la plus riche et
la plus prospère, "la perle des Antilles". Je reconnais que la France aurait pu
se dispenser de demander cette indemnité. Mais son montant n'était pas
extravagant et ne pouvait pas ruiner le pays définitivement. Pour fixer l'ordre
de grandeur, il suffit de remarquer que la seule ville de Paris paya 50 millions
aux occupants en 1814-1815 pour leurs "frais de séjour" (indépendamment des
indemnités considérables versées par l'Etat), ou que le budget de la marine
française était de 219 millions en 1866. Enfin, Haïti bénéficie depuis des
années d'une aide massive de la communauté internationale sans que sa situation
se soit améliorée de façon sensible (17 févr. 2010).
Aux "bonnes âmes" qui prêchent la repentance à sens unique, dont
l'auteur du "point de vue" précité, il est bon de rappeler ceci (du reste Claure
Ribbe le sait sans doute, puisqu'il connaît l'histoire d'Haïti). Lors de
l'indépendance, les chefs insurgés nommèrent empereur Dessalines (qui fut sacré
le 8 octobre 1804, sous le nom de Jacques 1er, par un capucin qui s'était
autoproclamé Pape). Dessalines, nouveau desposte, infligea aux Blancs, avant
d'expulser les survivants, des "supplices les plus raffinés", il fit
"suspendre ses prisonniers aux arbres par les testicules, grisé de les voir
descendre peu à peu, à longueur de viscères, avant que d'un seul coup les
malheureux ne tombent au sol vidés comme des poulets" (A. Conte, L'Epopée
coloniale de la France, Plon, 1992, p. 118)(18 févr. 2010).
Emission de télévision "C
Politique". J'ai regardé dimanche dernier une émission sur France 5,
"C Politique", où fut d'abord reçu M. Martin Hirch. J'ai été scandalisé par la
façon dont il a été traité par le journaliste, Nicolas Demorand, faisant montre,
comme d'habitude, d'une rare suffisance (qu'a-t-il fait dans sa vie, quelles
sont ses réalisations?), qui n'a d'égale que son ignorance (il avance toujours
des propositions erronées comme des faits avérés), et son incorrection
(interrompant sans cesse son interlocuteur), d'une sorte de mépris ironique pour
ses hôtes (surtout de droite), d'un ricanement permanent tournant tout à la
dérision, abaissant systématiquement toute discussion vers le bas et de
mesquines considérations, incapable qu'il est d'imaginer que quelqu'un puisse
avoir un idéal, des convictions, le sens de l'intérêt général. Il est le
représentant achevé de l'hyper politiquement correct, ressassant d'un ton
pontifiant tous les poncifs à la mode, posant les mêmes questions que ses
confrères, auxquelles il a été déjà répondu cent fois, sur des points
subalternes, incapable d'aborder les questions de fond. Même de Gaulle aurait
été sali par ce genre d'individus (hélas très répandus sur les diverses chaînes)
(16 févr. 2010).
Quotas. Je suis
foncièrement opposé au principe des quotas, par exemple d'enfants de certains
quartiers dans les grandes écoles ou les universités (qui serait la négation
même du principe des concours républicains), même s'il faut évidemment favoriser
la promotion sociale et la mixité sociale. Mais celle-ci repose prioritairement
par une amélioration du niveau d'enseignement et d'exigence des écoles primaires
et des collèges (150 000 collégiens sortent chaque année sans savoir lire ni
compter), avec la suppression de l'aberrant collègue unique, une implication
encore plus forte des enseignants (avec moins de grèves et d'absentéisme), qui
devraient repérer et pousser les meilleurs éléments, comme cela était le cas
autrefois (11 janv. 2010). Ces meilleurs élèves devraient peut-être bénéficier
du soutien d'accompagnateurs. Les bourses longues devraient être augmentées,
avec aussi des prêts d'honneur et des classes préparatoires de bon niveau créées
dans les banlieues. Enfin, il faudrait faciliter le passage des filières
techniques aux universités et aux grandes écoles (13 janv. 2010). On ne
"mesure pas l'insulte faite aux classes populaires et aux boursiers quand on
suppose implicitement qu'ils sont trop nuls pour s'en tirer tout seuls.
Imagine-t-on Péguy ou Senghor en normaliens quotas ? L'idée les aurait
fait vomir" (Luc Ferry, lui-même ancien boursier, Le Figaro, 14 janv.
2010).
Des peurs multiples. La
peur submerge notre pays. Que ce soit la grand peur de l'an 2000 (dans le
domaine informatique, dont j'avais dénoncé l'inanité), de la précarité, de la
pollution, du réchauffement de la planète, de la mondialisation, du libéralisme,
des sectes, des islamistes, des immigrés, des jeunes, des organes de l'Union
européenne, de l'augmentation de la population, de la dette, des entreprises et
des profits qu'elles peuvent créer, des délocalisations, des retraites, du
mariage comme du divorce, de la canicule, des orages, des ondes émises par les
téléphones mobiles, des radars sur les routes, des embouteillages, de la
solitude comme de la cohue, du chômage comme du travail, des voleurs, des
organismes génétiquement modifiés, du sida, du tabac, de l'amiante, des
acariens, de la grippe, de la listeria, du chikungunya, de la disparition de la
diversité des espèces mais en même temps de la réintroduction des ours dans les
Pyrénées et des loups dans le Mercantour, que sais-je encore ? Nous n'avons
jamais été aussi bien portants ni aussi inquiets pour notre santé. Remarquez que
ces peurs sont parfois contradictoires. Il est sans doute peu d'exemples dans
l'histoire de peuple plus marqué par la peur que notre société actuelle, alors
que jamais elle n'a connu un tel état de prospérité et de paix (sur ce dernier
point, je rappellerai seulement que la France fut en guerre, de façon presque
constante, de 1790 à 1962). Depuis mon enfance, le bien être de notre pays s'est
accru de façon prodigieuse, tout autant, concomitamment, que les sentiments
d'insécurité et de frustration. Rien que de 1978 à 1997, le patrimoine des
Français a doublé en monnaie constante (et a été multiplié par 8 en monnaie
brute). L'écart de pauvreté entre les riches et les pauvres a largement baissé
depuis vingt ans (pendant qu'il augmentait en Allemagne), de sorte que c'est un
des pays les moins inégalitaires du monde (même si l'inégalité a augmenté ces
dernières années) ; alors qu'en 1913 la part du patrimoine se trouvant entre les
mains du 1 % des Français les plus riches était de 55 %, elle n'était plus que
de 20 % en 1995. En 2007, la proportion des ménages pauvres était de 13,4% de la
population contre 15% en 1990 et 18% en 1970 (sont considérées comme pauvres les
personnes gagnant moins de 60% du revenu médian, soit actuellement 908 euros de
revenu net par mois pour une personne et 1900 euros pour un couple avec deux
enfants. "Cet indicateur d'inégalité est ainsi construit que, même en
doublant les revenus de tous les Français, on ne diminuerait pas le nombre de
ménages pauves", relève Michel Godet).
Les mesures sociales contre la crise, décidées depuis deux ans
par le gouvernement, ont été plus importantes en France que dans les autres pays
(en augmentant la dette) : extension des dispositions du chômage partiel,
indemnisation des chômeurs en fin de droit, création d'un fonds pour la
formation, contrats aidés, primes à l'embauche, suppression des charges pour
l'emploi des jeunes dans les petites entreprises, hausse du minimum vieillesse,
création du RSA, suppression des deux derniers tiers de l'impôt sur le revenu
pour les bas revenus en 2009, etc.
Le patrimoine des Français correspond à plus de sept années de
leur revenu, leur taux d'épargne est parmi les plus élevés des pays de l'OCDE,
58 % des ménages sont propriétaires de leur logement, et le pourcentage de la
population vivant en dessous du seuil de pauvreté est moindre en France que dans
l'ensemble de l'Europe.
L'âge de la mortalité a reculé de façon considérable (de près
d'un trimestre par an depuis des années), et est un des plus élevé du monde (le
deuxième après le Japon). La France a le record d'Europe du nombre de
centenaires.
Certes, les sujets de crainte cités plus haut ne sont pas tous
chimériques et, pour ne citer qu'un cas, le développement des risques "sériels"
fut un phénomène majeur des dernières décennies. Mais leur retentissement,
jumelé à leur accumulation, est tel qu'il génère une angoisse collective
amollissante et une paralysie nationale. Il faut dire que ces phénomènes fâcheux
ou ces événements malheureux sont amplifiés par les médias qui les dramatisent à
outrance, un exemple récent, caricatural, en est l'épisode de la grippe A H1Ni.
Plus l'homme domine le monde, plus la technique progresse, moins les citoyens
admettent le malheur ; ils attendent plus ou moins consciemment que l'État leur
garantisse une sûreté et une sécurité absolue. En outre, il n'y a pas
d'adéquation entre l'insécurité objective (quantifiable) et l'insécurité
subjective (le sentiment d'insécurité), "l'opinion que l'on a de sa
sécurité" disait Montesquieu (Esprit des lois, Livre XII) ;
aujourd'hui, celle-ci résulte plus des "incivilités majeures" que des crimes et des délits.
Le plus surprenant et le plus consternant est de constater que,
encore pour la première fois dans l'histoire, les jeunes, loin d'être des
créateurs d'utopie et de rêves, d'être réformistes, voire révolutionnaires, sont
eux-mêmes conservateurs et animés par la peur, tout en voulant majoritairement
devenir fonctionnaires ou que l'État leur garantisse un emploi à vie. Il fut
stupéfiant de voir, en 2003 et en 2010, des syndicats lycéens et étudiants
manifester pour leurs retraites ! Plus que la liberté, les jeunes chérissent
l'égalité, et surtout la sécurité en tous domaines. Nombre d'entre eux répugnent
à prendre des responsabilités. Les professeurs ont le devoir d'enseigner la
valeur du risque, et de valoriser ceux qui en prennent, de donner le goût
d'entreprendre. Alors que, traditionnellement, les jeunes étaient enthousiastes
et optimistes, ils sont désormais souvent désabusés et pessimistes (voire
désespérés ; n'oublions pas que le suicide est la principale cause de mortalité
des jeunes Français, avant les accidents de la circulation et le sida). Pour
autant, ils ont toujours une capacité de se mobiliser pour une cause, fût-elle
mauvaise, comme à plusieurs reprises ces dernières années contre toute réforme
de l'enseignement.
Cependant, selon un sondage, près de 80 % des Français se
déclarent heureux. Comment le seraient-ils s'ils craignaient en permanence pour
leur sûreté, celle de leurs proches ou celles de leurs biens ? Ce constat est
réconfortant. Il témoigne d'une grande maturité de nos concitoyens, qui ne se
laissent pas prendre aux sirènes défaitistes et anxiogènes des médias, et qui
gardent leur liberté de jugement (13/12/2009, 30/04/2010 et 5/05/2010).
Les peurs liées au changement climatique.
Les hommes craignent aujourd'hui d'être des apprentis
sorciers, de provoquer des catastrophes durables et irréversibles. Le
"postmodernisme" camoufle souvent la perte de confiance dans le progrès, voire
un catastrophisme technophobe, fondé sur des affirmations présentées comme des
dogmes, qui pourtant ne sont pas scientifiquement prouvées, comme le fait que le
réchauffement climatique serait exclusivement causé par l'homme, alors que le
grand historien Le Roy-Ladurie a montré qu'à l'époque où Jules César entrait en
Gaule le climat était plus chaud qu'aujourd'hui (et plus chaud encore autour de
l'an mil : En ce temps, le Groenland était couvert de prairies !) ; la planète
fut aussi chaude qu'aujourd'hui durant le Moyen-Âge. De plus, certains
scientifiques pensent que le soleil est le principal facteur de ce rechauffement
; telle est par exemple l'opinion de Vincent Courtillot, géophysicien et
directeur de l'Institut de physique du globe de Paris. Les prédictions du GIEC
reposent sur des modèles mathématiques, dont les bases (fondées sur le
consensus) ne sont pas réellement scientifiques, et qui se sont révélées
inexactes (depuis une quinzaine d'années on observe un arrêt du réchauffement de
la planète).
Au demeurant, la plus grande menace de l'humanité, à vue
humaine, n'est pas le changement climatique mais le manque d'eau (34 000
personnes meurent chaque jour par manque d'eau potable ; sans oublier le fait
qu’actuellement un milliard de personnes sont sous-alimentées, un enfant meurt
de faim toutes les six secondes et qu'un être humain sur six vivant avec moins
de 2 dollars par jour, alors que chaque vache occidentale bénéficie d’une
subvention de 900 dollars...Si 120 chefs d'Etat se réunirent en 2010 à
Copenhague pour discuter du climat, il n'y en avait pas un seul en 2009 au
"sommet" de la FAO et pas un seul non plus au "sommet" de l'eau en 2008). Ce
catastrophisme est associé à son sous-produit, le journalisme d'épouvante. D'une
société animée à l'excès par l'ivresse du progrès, nous sommes passés
insensiblement à une société minée à l’excès par le risque et la peur qu'il
suscite, avivée par certains idéologues écologistes antimodernistes (dont les
suggestions sont souvent très contestables ; cf. J. de Kervasdoué, Les
prêcheurs de l'apocalypse. Pour en finir avec les délires écologiques et
sanitaires, Plon, 2007 ; C. Allègre, L'imposture climatique.
Conversations, avec Dominique de Montvalon, Plon, 2010. - Il existe
actuellement une sorte de fanatisme et de totalitarisme "vert" ; il est vrai,
qu'avant d'êtres verts, la plupart des écologistes les plus exités ont été
"rouges" ; au fond, nul n'est plus antidémocratique qu'un écologiste ; dans la
Voix du Nord, Nicolas Hulot affirma en 2007 "Les bons sentiments ne
suffisent plus. Nous devons aller vers le coercitif"). En même temps, cette
vénération de la nature poussée à l'extrême sombre dans le panthéisme et le
néopaganisme, en la situant sur le même plan que l'homme alors qu'elle est à son
service, même s'il doit la respecter et la protéger (et effectivement réduire
les émissions CO2, même si celui-ci n'intervient que pour moins de 5 % dans
l'effet de serre, et modifier ses comportements, en adoptant des styles de vie
plus sobres et responsables). D'où la place donnée au principe de précaution,
magnifié, haussé au rang de mythe fondateur. Celui-ci tend à devenir une
idéologie politique, de peur irraisonnée et de passion déréglée, collant au
monde des images, où prédomine l'émotion et avec elle la paralysie, comme dans
le livre et le film (Le syndrome du Titanic) de l'inénarrable Nicolas
Hulot (certes, écologiste convaincu, mais habitué aux longs voyages en avion et
adepte des déplacements en hélicoptère ; hostile à la société de consommation,
mais vendant de nombreux produits dérivés autour de l'étiquette Ushuaïa,
de son émission de télévision). Ils ont
été chantés à l'excès par les
médias à l'automne 2009. Ils donnent une image
sympathique et généreuse à des idées plus
que discutables, une écologie de la peur, associée au
mythe totalitaire de la "croissance zéro", voire un plaidoyer
pour la décroissance, l'anticapitalisme primaire et
l'éloge des peuples "premiers" (dont pourtant ils se gardent
bien de partager le mode de vie). Or, ce ne sont ni la peur ni la
décroissance qui nous aideront à préparer
l'avenir, mais les progrès de l'intelligence humaine, et des
applications des découvertes effectuées et mises au point
grâce à elle par les chercheurs. L'intelligence humaine et
sociale a toujours été capable d'inventer des
réponses aux nouveaux défis. Plutôt que de mettre
à terre l'économie occidentale par la
décroissance, avec les quotas, taxes, amendes et interdictions
de toutes sortes, lançons un énorme effort de recherche
dans le domaine des nouvelles énergies. "Le génie de l'homme n'a-t-il pas inventé
d'innombrables et étonnantes techniques et trouvé leurs applications, en partie
comme résultat de la nécessité, en partie comme celui d'une inventivité
exubérante ?" (saint Augustin, La Cité de Dieu, L. XXII, ch. 24). En
1960, la malnutrition touchait 67 % de la population mondiale (2 milliards sur
trois) ; aujourd'hui, elle touche 10 % ; elle a donc été notablement réduite,
tout en demeurant élévée ; or, cela ne fut possible que grâce à la croissance
(13/12/2009 et 28/04/2010).
Des extravagances des
extrémistes du
réchauffements de la planète. Selon les experts du Fonds des Nations-Unies
pour la population, le climat est menacé par la natalité, de sorte qu'il
faudrait réduire celle-ci. Le malthusianisme revient en force, alors que la
natalité est, d'une façon générale, facteur de progrès, comme l'avait montré
Alfred Sauvy. Du reste, au cours des deux derniers siècles, la population
mondiale a été multipliée par plus de six et le niveau de vie a augmenté
partout, y compris dans les pays pauvres. Au XVIIe siècle, la France comptait 28
millions d'habitants ; elle en compte aujourd'hui plus de 60 millions, et nous
avons largement de quoi vivre. Certes, il faut aider les pays en voie de
développement à connaître une croissance démographique plus modérée, non pas en
limitant la natalité, mais en libérant les femmes et en les instruisant. Je suis
favorable à l'écologie, mais à une écologie au service de l'homme, et non à une
écologie se transformant en idéologie contre l'homme, mettant l'homme en
accusation (se traduisant par une volonté de limiter la population, la
décroissance économique, etc.) (13/12/09).
Précision sur les éoliennes. Le prix du Kwh éolien est très
élevé. Et, comme ces appareils ne fonctionnent pas lorsqu'il fait très froid,
car il y a généralement peu de vents dans cette circonstance, il est alors
nécessaire de recourir aux centrales. D'autre part, la vitesse du vent pouvant
passer de la valeur maximale à une valeur nulle en quelques minutes, les
éoliennes peuvent perturber totalement le réseau. Ainsi, en été 2003 et en
automne 2005, le réseau européen a failli disjoncter complètement à cause des
éoliennes allemandes qui s'étaient arrêtées ; il a été sauvé par la mise en
marche des centrales hydrauliques françaises (10 janv. 2010).
Fierté nationale. Aimer
son pays, son identité nationale, être patriote, n'est pas du nationalisme ni du
chauvinisme. Il est exaspérant de constater les déclarations conformistes des
épurateurs éthiques s'opposant à tout échange d'idées sur ces questions (et on
peut s'étonner de constater que le nationalisme est considéré par les mêmes
comme une vertu lorsqu'il émane des peuples anciennement colonisés) ; dans le
cas de la France, s'interroger et défendre son identité est connaître et
préserver l'identité européenne. Toutefois, le débat sur l'identité nationale
aurait été inutile si les mass medias ne passaient pas leur temps à dénigrer la
France, son passé et ses racines (notamment chrétiennes), sa culture (dont la
langue française) et ses valeurs (liberté, égalité, fraternité, laïcité,
sociabilité, universalité), tout en réclamant incessamment des repentances.
Comment intégrer les nouveaux arrivants en présentant le peuple Français comme
un peuple fautif qui rejette et discimine, en prônant de plus le culte des
différences et de la diversité ? J'aimerai que les médias et les enseignants
chantent la beauté et la diversité des paysages de France, sa situation unique
en Europe (seul pays donnant à la fois sur la mer du Nord, sur l'Atlantique et
la Méditérranée), les merveilles de ses monuments de tous les styles et si
nombreux, la richesse de sa littérature (une des plus importantes du monde), de
sa peinture, de sa musique, la qualité de ses vins et de sa cuisine ; qu'ils
relatent les pages glorieuses écrites par tant de grands hommes (bien des rois,
des militaires, d'hommes politiques, de savants, de médecins, d'infirmières, de
professeurs, d'artisans, d'artistes, de paysans, etc.), sans oublier une cohorte
de saints éminents. Les citoyens ont droit à la continuité nationale (d'où
l'importance de l'enseignement de l'histoire). Et, quelle que soit leur
religion, leur athéisme ou leur agnosticisme, ils doivent connaître l'histoire
du christianisme, sans laquelle on ne peut rien comprendre au passé de notre
pays et à sa civilisation.
Certes, l'histoire est tragique, et il faut donc assumer tout
autant les pages douloureuses que les pages glorieuses de notre passé. On ne
peut pas choisir dans le passé pour ne retenir que certains faits ou certains
personnages. Mais je me refuse aux repentances à sens unique. La mode actuelle
de la repentance des fautes d'autrui, de nos ancêtres, est très contestable dans
son principe, chacun ne pouvant s'accuser que de ses propres méfaits, la faute
véritable étant toujours personnelle ; sans compter qu'elle est fâcheuse dans
ses conséquences pour la collectivité "repentante", qui a incontestablement
besoin de pardon et d'oubli, à quoi répond juridiquement l'existence des
prescriptions et de l'amnistie. Au surplus, une société saine regarde vers
l'avenir, et ne passe pas son temps à revenir sur le passé lorsqu'il a été
douloureux et la cause de divisions. Les philosophes nous enseignent que "la
conduite de terminaison est une conduite vitale" : Une société bien portante
se reconnaît "à son pouvoir de tourner la page, d'en finir avec la douleur,
avec le repentir, avec le deuil, avec les regrets interminables"
(Jankélévitch ). "L'oubli, et je dirai même
l'erreur historique, est un facteur essentiel à la création d'une nation, et
c'est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la
nationalité un danger. (...) L'essence d'une nation est que tous les individus
aient beaucoup de choses en commun et aussi que tous aient oublié bien des
choses" (Renan, dans sa célèbre conférence sur la nation). Ces raisons
guidèrent le général de Gaulle lorsque, en 1945, il s'efforça de regrouper
toutes les bonnes volontés pour reconstruire le pays. Personne ne sait
réellement comment il se serait comporté lors de cette époque difficile
(n'oublions pas que la majorité des députés, dont Vincent Auriol, qui votèrent
illégalement les pleins pouvoirs au maréchal Pétain étaient des élus de gauche,
aux idées généreuses et qui, quatre ans auparavant, avaient formé le Front
populaire). L'apparente humilité de la repentance cache mal une rare suffisance
et un orgueil déplacé, en laissant entendre que, pour notre part, nous n'aurions
jamais agi de la façon de ceux sur lesquels nous jetons l'opprobre. Enfin, elle
fausse souvent l'histoire (en oubliant le contexte historique, les conditions
réelles de la vie de l'époque), parce qu'elle procède de ce que le grand
historien Marc Bloch appelait "ce satanique ennemi de la vérité historique :
la manie du jugement" (20 déc. 2009 et 4 févr. 2011).
Lois mémorielles. Associée à
la repentance, la France se complaît depuis quelques années aux lois
mémorielles, destinées à lui faire accomplir son "devoir de mémoire", qui
consiste à donner une vision officielle de l'histoire et à criminaliser son
passé, là encore à sens unique et sans tenir compte du contexte. Le paroxysme en
fut atteint, sous le gouvernement Jospin, par la loi 2001-434 du 21 mai 2001
"sur l'esclavage et la traite négrière". Elle était d'abord inutile, puisque
l'article 212-1 du Code pénal réprime comme crime contre l'humanité "La
déportation, la réduction en esclavage ou la pratique massive et systématique
d'exécutions sommaires, d'enlèvements de personnes suivis de leur disparition,
de la torture ou d'actes inhumains". Mais surtout elle est incohérente et
vise uniquement à culpabiliser les méchants Français de deux façons. D'abord,
par des limites dans l'espace de l'incrimination. En effet, malgré son titre, il
apparaît dès son article 1er que seules la traite transatlantique et la traite
qui, dans l'Océan indien, amena des Africains aux îles Maurice et de la Réunion
sont considérées comme des crimes contre l'humanité. Ce n'est donc pas le cas de
la traite et de l'esclavage arabes, ni de la traite interafricaine, non
seulement très importante mais qui a duré dans le temps, puisqu'elle a subsisté
dans certains pays Africains jusque dans les années 1980. La seconde
manifestation de la volonté de culpabiliser les méchants Français découle de
l'extension dans le temps de la criminalisation qui commence, selon le même
article, à partir du XVe siècle. Or, la France n'entra officiellement dans la
traite qu'à la fin du XVIIe siècle : Ainsi, le crime reconnu par le législateur
avoir été commis par la France (en tant que crime comme l'humanité) commence
avant que des Français l'aient commis. Plus extravagant encore, en parlant du
XVe siècle sans autre précision, elle fustige même la traite transatlantique
avant la découverte de l'Amérique ! Tout cela est consternant. Du reste la
France est le seul pays démocratique a imposer ainsi aux citoyens des lois
mémorielles, écrivant une histoire officielle et criminalisant le passé. Certes,
l'idée de départ était de freiner les révisionnismes, mais elle se traduit par
une vérité officielle, comme dans les pays totalitaires, et par une restriction
funeste de la liberté de pensée (V. la solide analyse et mise en garde de P.
Nora et F. Chandernagor, Liberté pour l'histoire, éd. du CNRS, 2008.
Pierre Nora, historien, est membre de l'Académie française ; Françoise
Chandernagor, historienne et romancière, est membre de l'Académie
Goncourt).
Méditons les fortes paroles de Camus (prix Nobel de littérature)
: "Si certains Français considèrent que par ces entreprises coloniales la
France, et elle seule au milieu des nations saintes et pures, est en état de
péché historique, ils doivent s'offire eux-mêmes à l'expiation. En ce qui me
concerne, il me paraît dégoûtant de battre sa coulpe comme nos juges pénitents
sur la poitrine d'autrui, vain de condamner plusieurs siècles d'expansion
européenne, absurde de comprendre dans la même malédiction Christophe Colomb et
Lyautey. Il est bon que notre nation soit assez forte de tradition et d'honneur
pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas
oublier les raisons qu'elle peut encore avoir de s'estimer elle-même. Il est
dangereux en tout cas de lui demander de s'avouer seule coupable et de la vouer
à une pénitence perpétuelle" (dans Chroniques algériennes,
1958).
Petits rappels historiques : 1) Plus d'un million de chrétiens
(Italiens, Espagnols et Français) furent victimes de la traite arabo-musulmane
en Méditerranée du XVIe au XVIIIe siècle. Pourquoi cet autre esclavage est-il
toujours passé sous silence ? (V. sur lui, R. C. Davis, Esclaves chrétiens
Maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), Actes Sud,
2007 ; G. Milton, Captifs en Barbarie. L'histoire extraordinaire des esclaves
européens en terre d'Islam, éd. Noir sur Blanc, 2006).
2) Sous l'influence du christianisme, l'esclavage avait
complètement disparu en France avant l'an mil et en Europe dès la fin du Xe
siècle (le servage continua, mais le statut des serfs et leur sort n'étaient pas
comparables). Toutefois, pour ce qui concerne la France, une profonde régression
se produisit puisque l'esclavage ressurgit au XVIIe siècle dans les Antilles. La
traite fut interdite en 1817, mais il fallut attendre 1848 pour que l'esclavage
fût aboli dans les colonies françaises.En revanche, le monde musulman n'a jamais
condamné l'esclavage (et la traite à la demande de musulmans d'Afrique du Nord
et du Proche-Orient continua au cours du XIXe siècle, jusqu'à ce que les
colonisateurs y mettent un terme).
3) Les 12 millions d'esclaves de la traite atlantique ont été
capturés, convoyés jusqu'aux côtes et vendus par des Africains.
4) Bien avant l'abolition de l'esclavage, les juges de la
métropole appliquaient aux esclaves des colonies la maxime "Nul n'est esclave
en France". Dès qu'un esclave avait touché le sol de France, fût-ce contre
sa volonté (en suivant son maître), il devenait libre (ainsi que ses
descendants), de plein droit et pour toujours, même s'il retournait dans une
colonie (11 avr. 2010).
5) Les chrétiens étaient 20 % au Moyen-Orient il y a un siècle
et demi. Ils ne sont plus que 2 % aujourd'hui, l'islam faisant tout ce qu'il
peut pour vider cette région de toute présence chrétienne (2 juill.
2011).
Pays où il fait bon vivre. La revue irlandaise International living Magazine de février 2009
a dressé un classement sur la qualité de vie dans le monde pour 2009, fondé sur
une dizaine de critères touchant au cadre de vie et à la santé des personnes
(coût de la vie, économie, environnement, culture, loisirs, liberté, santé,
infrastructures, risques, sécurité et climat). Pour la cinquième année
consécutive, la France arrive au premier rang (80 points), suivie par la Suisse
(79), les Etats-Unis (78), le Luxembourg (77), l'Australie (76), la Belgique
(75), etc. Les radios et télévisions n'ont évidemment pas rapporté cette
information, ayant comme habitude de toujours cracher sur la France.
Probablement aucun pays au monde n'a un système social aussi
protecteur que celui de la France, légalisant en quelques sorte la solidarité
(traduction elle-même de la fraternité de la devise républicaine), avec le RSA,
la SMU, le SMIC, le SAMU social, la Sécurité sociale, les crèches,
l'enseignement gratuit (y compris à l'université), etc. Le taux de pauvreté en
France, 13,3% après transferts sociaux, est inférieur à celui de plusieurs pays
de l'UE, dont Royaume-Uni (18,8%) et l'Allemagne (15,2%), selon
Eurostat.
Minaret. L'émotion
soulevée par la votation suisse contre la construction de nouveaux minarets est
excessive. Certes, pour ma part, je n'aurais pas voté en ce sens, trouvant
normal que les mosquées puissent être signalées par un minaret, à condition que
celui-ci s'insère harmonieusement dans le site. Mais les réactions à cette
décision furent excessives, car la liberté de religion continue d'être respectée
en Suisse, qu'il continuera d'être possible d'y ouvrir des mosquées, que les
musulmans ne seront pas menacés du fait de leur religion, etc. En revanche, dans
certains pays musulmans, dont le nombre augmente, les chrétiens souffrent de
discriminations, voire sont persécutés (V., d'une façon générale, A. Laurent,
Les Chrétiens d'Orient vont-ils disparaître ? Salvator, 2008) ; c'est par
exemple le cas en Egypte, en Malaisie, en Indonésie et surtout en Irak (V.
notamment, S. de Courtois, Le nouveau défi des chrétiens d'Orient -
D'Istanbul à Bagdad, J.-C. Lattès, 2009, signalant notamment "la menace
physique et la pression sociale faisant de leur vie une Passion continuelle"
; ils subissent une pression quotidienne avec vols de voitures, de maisons,
racket, assassinats, parce qu'ils sont chrétiens). Parfois, il leur est interdit
de construire, non seulement des clochers, mais aussi des églises (l'Arabie
séoudite), ou même de recruter des séminaristes (c’est par exemple le cas en
Turquie pour le séminaire orthodoxe de Halki, où, de plus, les chrétiens
assyriens et chaldéens se voient refuser la restitution de leurs églises).
Presque partout, la simple annonce de sa foi est interdite, même dans des pays
modérés comme le Maroc (en décembre 2009, cinq ressortissants étrangers ont été
expulsés du Maroc pour "réunion non déclarée et prosélytisme évangéliste ...
de nature à porter atteinte aux valeurs religieuses du royaume").
Enseignement de l'histoire. Je suis, depuis toujours, passionné par l'histoire. Je lis de nombreux
livres dans ce domaine. C'est dire combien le débat actuel sur la transformation
des cours d'histoire et de géographie en option en terminale scientifique
m'intéresse. Mais j'avoue être étonné par les déclarations de l'association des
professeurs de ces disciplines qui, après avoir accepté cette réforme, crie au
scandale et affirme des contre vérités, puisque l'histoire n'est pas réellement
supprimée. Son horaire augmente en première et devient optionnelle en terminale.
Je me demande s'il ne s'agit pas d'une réaction épidermique et corporatiste. Les
enseignants donnent l'impression de ne jamais accepter de réformes et de
négliger l'intérêt général. Leur vraie revendication devrait être de demander la
réintroduction de l'enseignement de l'histoire dans l'ordre chrnologique, pour
remplacer la détestable méthode actuelle consistant en un saupoudrage sans
cohérence (11/12/09).
Pie XII. Le pape Pie XII (élu
le 2 mars 1939) condamnait évidemment le racisme et l'antisémitisme. Il fut du
reste l'un des principaux inspirateurs et rédacteurs de l'encyclique de son
prédécesseur Pie XI contre le nazisme (Mit brennender Sorge). Et dans sa
première encyclique personnelle, Summi Pontificatus (d'oct. 1939), il
reprit largement les contenus d'une encyclique préparée par Pie XI sur le
racisme et l'antisémitisme, insistant sur le fait que l'Eglise ne peut en aucune
façon accepter une discrimination à l'encontre d'un groupe humain ou d'une race.
Contrairement à ce qui est souvent avancé, il condamna directement le nazisme à
plusieurs reprises, le plus vigoureusement lors d'un message radiodiffusé à Noël
1942, où il s'indigna "de l'extermination progressive qui touche des
centaines de milliers de personnes innocentes pour des raisons de nationalité et
de race". S'il adopta une relative réserve, c'est qu'il pensait qu'elle
permettait d'éviter des représailles massives contre les catholiques en
Allemagne et dans les pays occupés (D. le Tourneau et alii, Pie XII et la Shoah: le choix du
silence? Téqui, 2011). D'autre part, il sauva
directement ou indirectement (par le biais de congrégations religieuses) de
nombreux juifs, ce qui explique qu'un riche Juif Italien ait offert en
remerciement au Saint-Siège, après la guerre, son magnifique hôtel particulier
romain, dans lequel j'ai été reçu, siège actuellement de la nonciature auprès de
la République italienne (22 déc. 2009). Du reste, nombreuses sont les
personnalités juives ayant loués les efforts de ce pape: Albert Einstein, Golda
Meir, Ben Gourion, etc.
Dans une interview à l'hebdomadaire Le Point,
Serge Klarsfeld (historien et fondateur de l’association Les fils et filles
des déportés juifs de France) affirme qu'"il n'y a aucune raison pour que Pie
XII ne devienne pas saint". Sur la position de Pie XII pendant la Seconde
guerre mondiale, Serge Klarsfeld a répondu qu'il avait "joué un rôle
déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en
Europe de l’Est". "N’occultons pas que Pie XII a eu des gestes discrets
et efficaces pour aider les juifs" (Le Figaro.fr, 24/12/2009).
Bernard-Hendit Lévy a lui aussi défendu Pie XII dans une tribune du Corriere
della Sera (reprise dans L'Osservatore Romano, 21 janv. 2010),
relevant que le Pape "n'avait ni canons ni avions" et qu'il
n'a pas "ménagé ses efforts pour faire part des informations dont il avait
connaissance à ceux qui avaient des avions et des canons", et qui "sauva
lui-même, à Rome et ailleurs, nombre de ceux dont il avait la responsabilité
morale". Le même auteur voit Benoît XVI, dans cette affaire, comme un "bouc
émissaire", calomnié par les médias "de parti pris".
Nombreux sont ceux qui réclament l'ouverture des archives du Vatican du
pontificat de Pie XII. Elles constituent une masse considétrable de documents,
qui ont déjà été largement explorés en ce qui concerne la position de Pie XII
sur le nazisme (cf. P. Blet, Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale d'après
les Archives du Vatican, Perrin, 1997). Je gage qu'aucun nouveau document
significatif ne sera découvert. A ceux qui croient que ce pontife était
passéiste, voici ce que déclarait Jean-Paul II à l'angelus du 18 mars 1979 :
"Nous ne pouvons oublier combien Pie XII contribua à la préparation
théologique du concile Vatican II, surtout en ce qui concerne la doctrine de
l'Eglise, les premières réformes liturgiques, la nouvelle impulsion donnée aux
études bibliques, la grande attention portée aux problèmes du monde
contemporain".
Pour ma part, si je ne suis pas
scandalisé par l'éventuelle béatification de Pie XII, que j'admire, je me
demande toutefois si la tendance des Papes de béatifier puis de sanctifier
presque systématiquement leurs prédécesseurs est pastoralement heureuse, et s'il
ne serait pas souhaitable de béatifier maintenant, donc de donner comme modèles,
des ménages chrétiens (29 déc. 2009 et 22 févr. 2010).
Le colonialisme français en Afrique.
Il est incontestable que l'implantation de la France en Afrique et la
décolonisation furent parfois très douloureuses, particulièrement pour
l'Algérie, et que le colonialisme présente donc des pages sombres, qui sont
souvent rappelées. Mais il serait inexact de restreindre l'histoire du
colonialisme à ces pages, en occultant d'autres faits que voici. La France a
construit en Afrique 50.000 km de routes goudronnées, 215.000 km de pistes
principales, 18.000 km de voies ferrées, près de 200 aéroports, plus de 60
ports, 2000 dispensaires, 600 maternités, 220 hôpitaux. Dans la seule Afrique
noire, 16.000 écoles primaires, 350 écoles secondaires, collèges ou lycées, qui
fonctionnaient, au moment des indépendances, avec 28.000 enseignants Français, 6
universités. Les dépenses pour ces investissements représentent 22 % des
dépenses publiques totales de la France de 1900 à 1958. D'autre part,
contrairement à ce qu'il est généralement affirmé, la France n'a pas "pillé"
l'Afrique. En effet, elle achetait les matières premières de ces pays en moyenne
à 20 % au-dessus des cours mondiaux.
La France a amélioré de façon considérable la santé, en
débarassant l'Afrique de la lèpre, de la maladie du sommeil, du choléra et de la
variole, en abaissant énormément le taux de mortalité, particulièrement
infantile. Elle a supprimé l'esclavage (qui a parfois été réintroduit après la
décolonisation), et mis un terme aux cruelles guerres ancestrales et incessantes
entre ethnies rivales (qui existent à nouveau). Enfin, elle apporta le français,
langue de communication entre Africains (face aux innombrables langues et
dialectes de l'Afrique noire) et langue d'ouverture au monde.
Loin d'être une "bonne affaire", les colonies ont été un boulet
économique pour la France. L'économiste Jacques Marseille a démontré que les
dépenses considérables qui y furent consacrées freinèrent la modernisation de la
France, et lui firent prendre du retard par rapport aux pays qui n'avaient
jamais eu de colonies ou qui avaient décolonisé plus tôt (J. Marseille,
Empire colonial et capitalisme français. Histoire d'un divorce, Albin
Michel, 1984, 2e éd. 2005, collec. Points 1989. L'auteur, communiste à cette
époque, indique au début de son ouvrage, très documenté, avec tableaux
statistiques, que son idée de départ était de démontrer objectivement le
"pillage" par la France de ses colonies, mais que les faits lui prouvèrent la
fausseté de cette idée préconcue).
Cela étant, je n'oublie pas le sang versé par les courageux
soldats et sous-officiers Africains lors des deux guerres mondiales.
Rappel historique : Les socialistes Français, grands apôtres
actuels de la repentance, furent pourtant de 1905 aux années 1950 de fervents
partisans de la colonisation, au nom de la "mission civilisatrice de la
République" (sic!), à laquelle la droite était généralement opposée, car elle
craignait que la colonisation détournât la nation de la reconquête de l'Alsace
et de la Moselle perdues en 1870. La gauche fut seule au pouvoir de 1877 à 1919,
qui marqua le paroxysme des conquêtes coloniales. L'un de ses champions fut
Jules Ferry, auquel s'opposait Clemenceau (10 janv. 2010).
Grand emprunt et enseignement supérieur.
Je me réjouis vivement du fait que, dans le "grand emprunt", la part
belle soit dévolue à l'enseignement supérieur et à la recherche, comme cela a
été annoncé par le Président de la République le 14 décembre 2009 (et je
regrette d'être à la retraite). L'effort consenti par l'Etat est considérable,
sans précédent. Mais l'Université ne sera pas sauvée pour autant. Trois mesures
essentielles seraient nécessaires, que l'actuel Président aurait pu faire voter
peu après son élection, lors de son "état de grâce", à savoir : 1) La sélection
à l'entrée en première année, pour éviter l'immense gaspillage de temps et
d'argent constitué par les masses d'étudiants qui s'inscrivent à l'Université,
dont un nombre important sont incapables de suivre des études supérieures, voire
sont illétrés. A cause de cette masse invraisemblable d'étudiants, il faut
recruter de nombreux enseignants et construire puis entretenir de vastes locaux.
La sélection existait autrefois par les deux baccalauréats, qui étaient d'un
très haut niveau. Elle a disparu depuis que l'unique bac subsistant est un
chiffon de papier, dont le niveau d'exigence est inférieur à celui de l'ancien
certificat d'études, que tout candidat se voit décerner, sauf à être un crétin
absolu ou à avoir été malade le jour des épreuves ou encore avoir cherché
l'échec ; dans l'enseignement secondaire, l'Education nationale se contente de
gérer le flux des jeunes (on aimerait que les syndicats, qui se contentent de
réclamer toujours plus de moyens et de s'opposer à toute réforme, même minime,
sans jamais remettre en cause leur responsabilité dans ce désastre national,
dénoncent le fait que notre système péagogique en soit au stade des soins
palliatifs, même si beaucoup d'enseignants aiment leur métier et font de leur
mieux). 2) La contribution réelle des étudiants aux frais de scolarité, en
fonction des revenus des parents. 3) La modification du statut des enseignants,
qui disposent d'une merveilleuse indépendance, se traduisant pour certains par
l'accomplissement a minima de leurs obligations de service sans risquer aucune
sanction, tandis que d'autres, qui se dévouent à leur métier, ne sont
pratiquement pas récompensés. D'autre part, les universitaires sont normalement
des enseignants-chercheurs ; or, certains ne cherchent pas et ne publient pas et
devraient donc, en compensation, avoir plus de charges administratives et/ou
d'enseignement. Et je trouve normal que le travail desdits
enseignants-chercheurs soit réellement évalué (15 déc. 2009). 4) Compte tenu du
nombre excessif d'universités en France, les plus petites devraient se contenter
du premier cycle, et être rattachées à l'université la plus proche ; d'autres,
qui n'atteignent pas une taille suffisante en nombre de chercheurs et de
publications, devraient se spécialiser (7 janv. 2010).
La Poste. La Poste
française a perdu la bataille de la compétitivé internationale, tout en ayant
une dette de 6 milliards d'euros. Et, malgré une chute importante du nombre de
plis, la distribution est de plus en plus lente (il faut une semaine pour qu'une
lettre déposée pour moi au bureau dont je dépends arrive à destination),
quasiment inexistante de fait les samedis et lundis. De plus, sans
privatisation, dont il n'est pas question, l'activité de la moitié des bureaux
de poste a néanmoins été réduite à quatre heures, tandis que, dans les autres,
l'attente est longue, en partie en raison d'un archaisme invraisemblable
(déposer un chèque ou retirer de l'argent dans un bureau de poste est une
opération complexe et longue : comparez la procédure avec celle d'une agence
bancaire). C'est ce que les syndicats nomment le "service public à la
française".
Classement des écoles de commerce.
Le classement réalisé par le Financial Times, publié en
novembre 2009, place HEC en tête des écoles de commerce européennes pour la
quatrième année consécutive. Les deuxième et troisième places restent occupées
respectivement par la London Business School et l'Insead (sise en France, à
Fontainebleau).
Suicides. La consommation de drogues pousse aux suicides, de
plus en plus nombreux chez les jeunes (c’est en France leur première cause de
mortalité), sans que la communauté nationale semble s’en émouvoir, alors qu’une
série de suicides de salariés de France
Telecom en 2009 a soulevé une tempête
médiatique. Le taux de suicide est dans ce pays de 17 pour 100 000 (mais
beaucoup plus chez les jeunes, et un peu moins chez les salariés de France Telecom :
15 pour 100 000). Le suicide est toujours un drame pour l'entourage familial
et/ou professionnel, qui n'a pas su percevoir la fragilité de la personne en
cause, et n'a pas su empêcher le passage à l'acte.
Rémunérations et primes. La rémunération du Président de la République fut, en 2009, de
21.133 euros mensuels bruts, soit 253.598 euros annuels bruts (avant impôts et prélèvements), exactement la même que celle du Premier ministre, mais
inférieure à celle de François Hollande qui est de
361.080 euros (celle de D. Strauss-Kahn était de 421.000
dollars, exonérés d'impôts, plus une prime
annuelle de 75.350 dollars). Certains trouvent ce montant élevé (la rémunération
de Jacques Chirac était inférieure), mais ne s'étonnent pas que le salaire de
Laurence Ferrari (présentatrice du journal de TF1 4 soirs par
semaine) soit de 70.000 euros par mois, ni que Raymond Domenech ait touché, à la
suite de la qualification de l'équipe de France pour le Mondial 2010, 826.222
euros de primes (en plus de son salaire déjà très élevé de 50.000 euros
mensuel), soit le salaire brut d'un professeur d'université pendant quinze ans !
Est-ce raisonnable et normal ? Le nouvel entraîneur de l'équipe de France a été
embauché en 2010, à 44 ans, avec le salaire extravagant de 100.000 euros
mensuels, sans compter des primes faramineuses! Que dire d'autres joueurs, aux
rémunérations invraisemblables et bien supérieure à la moyenne des grands patrons du
CAC 40...
Voici les revenus en 2011 de quelques uns de ces personnages
: Frank Ribéry, 11,6 millions ; Nicolas Anelka, 13 millions
; Cristiano Ronaldo, 29,2 millions ; David
Beckham, 31,5 millions ; Lionel. Messi, 33 millions d'euros
; l'entraîneur José Mourinho, 14,8 millions. Pour la rencontre avec la
Nouvelle Zélande lors de la coupe du monde de rugby 2011, chaque joueur de
l'équipe de France a touché une prime de 140.000 euros pour les remercier de
leur défaite (en sus évidemment de leurs considérables salaires et droits
dérivés) ; en cas de victoire, la prime aurait été de 180.000 euros. J'ajoute que les revenus de Johnny
Hallyday furent en 2009 de 11 millions d'euros (selon Le Figaro, 19 janv.
2010), que l'animateur de télévision Benjamin Castaldi perçoit plus de 2
millions nets par an, tandis que les revenus de Nicolas Hulot étaient d'un
million par an dans les années 2000 (ils ne sont plus connus
depuis). Je
précise que je ne suis pas jaloux, et que mes revenus me permettent de vivre
confortablement !
(22 oct. 2011 et 20 mars 2012).
Il
a été annoncé le 27 mars 2012, que le
président du directoire de Publicis Groupe (PUB.FR), Maurice
Lévy, touchera plus de 16 millions d'euros de
rémunération au cours des prochains mois, en plus de sa
rémunération habituelle. Cette
rémunération, parfaitement légale et votée
par les organes sociaux, est scandaleusement excessive. Le candidat
François Hollande en a profité pour fustiger le
Président de la République, en oubliant de
préciser que le plus important actionnaire de la
société en cause est Madame Badinter, femme de gauche
bien connue, épouse de l'ancien ministre Badinter (31 mars
2012).
François Bayrou. Je suis toujours étonné d'entendre ou de lire les
imprécations de François Bayrou contre les gouvernements successifs depuis 2002,
en me souvenant de son désastreux bilan en tant que ministre. En effet, alors
qu'il est le ministre de l'éducation nationale qui, sous la Ve République, est
resté le plus longtemps en fonction (de 1993 à 1997), son inaction a été
quasiment totale, car son unique objectif était de "ne pas faire de vagues" et donc de flatter les
syndicats. Sa seule initaitive fut d'imposer une réforme des examens des
Facultés de Droit qui, jusqu'alors, avait un système satisfaisant et qui,
depuis, ont connu un déclin considérable.
Bayrou se prétend en dehors du clivage gauche-droite. C'est inexact,
puisqu'il refuse les alliances à droite pour privilégier les alliances
éléctorales à gauche au second tour des diverses élections (en trahissant son
électorat, majoritairement du centre ou de droite). Cette tendance n'est pas
nouvelle. Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 1995,
craignant une défaite de Jacques Chirac (qu'il avait jusqu'alors soutenu) face à
Jospin, il proposa à sa formation politique de l'époque, le CDS, un ralliement à
Jospin, qui fut combattu par Dominique Baudis, maire de Toulouse (cf. G.
Ottenheimer, L'Impossible victoire, Laffont, 1995, p. 238). Bayrou ne put
donc pas changer de camp, et fut hélas récompensé par sa reconduction
au
ministère de l'éducation nationale, où il fut particulièrement inefficace (25
janv. 2010).
En outre, je partage le
point de vue de Philippe de Saint Robert, pour lequel "Le centrisme, c'est le vichysme du temps de
paix".
De Strauss-Kahn. Tous les journalistes affirment que D. Strauss-Kahn
est "blanchi" aux Etats-Unis. C'est totalement inexact. Le procureur a écrit
qu'une relation sexuelle "probablement non
consentie" avait eu lieu, mais qu'il abandonnait les poursuites, étant
donné la personnalité de la femme en cause, et alors qu'aux Etats-Unis
(contrairement à la France) le jury ne peut condamner qu'à l'unanimité des
jurés, et qu'il ne voulait pas prendre le risque d'un échec, étant soumis
prochainement à une réelection. En France, dans une affaire semblable, il est
certain que D. Strauss-Kahn aurait été traduit devant une
cour d'assises (mais je ne peux évidemment pas préjuger de la sentence qu'elle
aurait prononcée).
La défense de Strauss-Kahn dans le seul
volet pénal lui a couté 1,3 million d'euros (selon D. Le Guay, De quoi DSK est-il le nom? éd.
L'Oeuvre).
C'est devenu un lieu commun d'affirmer que D.
Strauss-Kahn est un grand économiste. Pourtant, au ministère
des finances, il n'a pas laissé un souvenir éblouissant, et il est l'inventeur
de l'aberration des 35 heures. Au FMI il n'a pas vu venir la
crise de 2008, et n'a pas su prendre les mesures pour empêcher celle de 2011 (10
sept. 2011).
Des
biens immobiliers du ménage Strauss-Kahn-Sinclair.
Le ménage Strauss-Kahn-Sinclair, présenté comme proche du
"peuple de gauche", possède un patrimoine estimé à plus de 55 millions d'euros,
dont un patrimoine immobiler considérable. Un appartement dans le XVIe
arrondissement de Paris de 6 pièces, avec terrasse sur le toit donnant sur le
bois de Boulogne.
- Un 2e appartement à Paris, place des Vosges, de 240 m2,
acheté 4 millions d'euros en 2007, dans lequel depuis d'importants travaux ont
été effectués.
- Un riad (petit palais) à Marrakech, d'une superficie au sol
de 1270 m2, comportant deux patios avec jardin et piscine; acheté 500.000 euros
en 2000, d'importants travaux y ont été effectués depuis; sa
valeur est estimé en 2011 à 3 millions d'euros.
- Une maison à Washington de
280 m2, estimée à 4 millions d'euros.
(source : site L'Express, 10 et 11 mai
2011).
Des 35
heures. Cette mesure, imaginée par Strauss-Kahn, mais
mise en oeuvre par Martine Aubry, votée le 15 décembre 1999, a coûté au budget
de l'Etat 15 milliards d'euros par an, à partir de 2002, en allégement de
charges pour compenser partiellement l'augmentation de 11 % du coût du travail
horaire. Mais ces aides ont été insuffisantes, de sorte que les entreprises ont
été dans l'obligation de geler les salaires et d'obtenir des gains de
productivité, donc d'augmenter la pénibilité et le "stress" du travail (avec des
horaires de travail plus irréguliers et plus difficiles). Or, selon l'Institut
COE-Rexecode, les emplois créés depuis 1999 ne l'ont été que grâce à la
croissance, et non du fait de la réduction du temps de travail. Tout le monde
sait depuis longtemps que le partage imposé du temps de travail ne crée pas
d'emplois. Et la perte de 3 points de parts de marché de la France dans la zone
euro depuis la même année serait largement impurtable aux 35 heures, qui
handicapent les entreprises françaises par rapport à leurs concurrents, et a
poussé certaines d'entre elles à délocaliser leur production. D'après certains analystes, un combre assez important d'entreprises ont
disparu en raison de l'application des lois Aubry (14/12/2009). Petite
comparaison : on travaille en moyenne 1.346 heures par an en France contre 2.390
en Corée du sud (qui n'est plus un pays en voie de développement). En 1980, un
salarié Français coutait 15% moins cher qu'un Américain; aujourd'hui il est 70%
plus cher (23/07/2011).
Absentéisme des enseignants du premier degré.
Selon Le Monde du 2 avril 2009, chaque année,
dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et
8,3 % en ont plus de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours,
ce sont près de 2 millions de jours d'école sans le maître ou la maîtresse.
Lorsqu'on inclut les congés maternité ou de formation, on arrive à une absence
moyenne de 11,1 jours par enseignant et par an (surtout autour de Noël et au
mois de mai). Comme il est difficile de laisser une classe sans maître, il faut
le remplacer. Or, les remplaçants sont encore plus souvent absents que les
enseignants titulaires ! Près de 17,4 jours par an en moyenne. Il y a beaucoup
de "bras cassés". Ils ne sont pas totalement indisponibles, mais ils se mettent
en maladie dès qu'ils n'ont pas l'affectation souhaitée !
Ecole. Autrefois, les
élèves travaillaient 30 heures par semaine et 220 jours par an. Aujourd'hui, 24
h. par semaine et 140 jours par an. En outre, le travail personnel a
considérablement diminué.
Un professeur et syndicaliste (vice-présidente du Snalc-CSEN),
Claire Mazeron a publié en février 2010 un ouvrage dans lequel elle dénonce la
faillite générale du système (L'Education nationale respire-t-elle encore ?
éd. J.-C. Gawewitch). Elle montre comment l'école est minée par le
relativisme, l'égalitarisme scolaire et la dilution des savoirs disciplinaires.
Elle s'insurge contre les postures idélologiques catastrophiques : "Lorsqu'on
refuse d'apprendre aux élèves les plus défavroisés, sous prétexte
d'incompatibilité culturelle et sociale, ou même par refus de transmission d'une
culture de classe, les fondements de la littérature, des sciences ou tout
simplement de l'écriture, on ne prépare pas le grand soir ni le retour de la
gauche au pouvoir, mais l'émeute urbaine" (9 févr. 2010).
Collège unique. L'enseignement
en France a péréclité depuis l'instauration du collège unique par la loi Haby,
sous le présidence de Valéry Giscard d'Estaing, imposant un moule uniforme à
tous, alors que les dons et les capacités des enfants ne sont pas uniformes. Il
faudrait, notamment, recréer des parcours diversifiés, correspondant aux
aptitudes et aux goûts de chaque enfant, relever le niveau d'exigence,
revaloriser les enseignements professionnels et technologiques qui forment à des
métiers utiles et autoriser à nouveau les redoublements (13/12/09).
Des professeurs de l'enseignement
secondaire.Il y a globalement un professeur pour 12
élèves, devant enseigner en moyenne entre 14 et 18 heures par semaine sur 170
jours par an, soit moins de 10 heures hebdomadaires annualisées, sans tenir
compte des absences (largement supérieures à ce qu'elles sont dans le privé).
Selon la Cour des comptes, le ratio français du nombre d'élèves par enseignant
est un des plus faibles de l'OCDE, moyennant quoi les syndicats prétendent que
le désastre de l'enseignement dans ce pays résulte du faible nombre
d'enseignants ! De 1995 à 2010, le nombre d'enseigants a augmenté de 35.000,
alors que le nombre délèves diminuait de 500.000! Alors que 20% d'élèves sont
dans le privé, celui-ci ne compte que 10% des enseignants! - avec des classes
souvent de 38 élèves, donc plus nombreuses que dans l'enseignement public.
Celui-ci s'est tellement dégradé que les candidats à l'enseignement privé
affluent, y compris de musulmans dans des écoles catholiques (au point qu'à la
rentrée 2011, l'enseignement privé, qui a gagné 23.342 élèves tout en perdant
5594 professeurs, a refusé environ 40.000 demandes d'inscriptions). La France
investit 6% de son PIB dans l'éducation, pourcentage supérieur à celui de la
moyenne des pays européens (qui est de 5,5%). (Mis à jour le 5 oct.
2011).
Des effectifs des fonctionnaires.
Lors des innombrables manifestations
organisées par les syndicats, des récriminations récurrentes portent sur le fait
que les fonctionnaires ne seraient pas assez nombreux en France (alors que ce
pays détient le record du monde du nombre de fonctionnaires par rapport au
nombre d'habitants), et qu'ils seraient en constante diminution. Un rapport de
Cour des comptes de décembre 2009 remet les pendules à l'heure. De 1980 à 2008,
on a recruté 14 % d'agents en plus dans la fonction publique d'État, 54 % dans
les hôpitaux et 71 % dans les collectivités locales ! Le cas des hôpitaux
s'explique surtout par les 35 heures. Celui des collectivités est plus
difficilement plaidable. Certes, l'État a transféré aux régions et aux
départements des compétences (lycées, aide sociale…). En revanche, les communes,
où les effectifs ont bondi de 50%, sont l'échelon qui a été le moins
bénéficiaire de transferts de compétences. Les communes auraient même dû réduire
leurs effectifs, pour compenser la hausse de 154% des effectifs des structures
intercommunales, qui donne lieu à de nombreux «doublons». Quant à l'État,
relevons seulement que les effectifs du ministère de l'Agriculture et des
opérateurs dans ce domaine ont doublé, pendant que le poids de ce secteur dans
l'emploi total et la richesse nationale était divisé par deux. Idem à
l'Éducation : + 9% d'agents, + 16% d'enseignants, - 4% d'élèves…(17 déc.
09).
Proportionnellement à sa population, la France compte 24% de
fonctionnaires de plus que l'Allemagne, soit 820 000 emplois publics. Par
rapport à la population active la différence est encore plkus grande: + 44%
(06/06/2011).
Quant aux
collectivités locales (dirigées majoritairement par la
gauche), entre 1998 et 2009 elles ont créé 430.000
emplois supplémentaires, hors transferts de compétence
liés à la décentralisation, pour un coût
cumulé sur la période de 56 milliards d'euros (11/02/2012)
De l'inaction de la municipalité toulousaine.
La municipalité de Toulouse élue en 2008 a décidé
d'augmenter les impôts de 5 % (déc. 2009), en raison de l'accroissement de la
masse salariale due à des embauches intempestives.
En revanche, tous les projets qui étaient en cours sont bloqués,
notamment :
0 La ligne B de métro en direction de Labège-Innopôle
0 La
ligne G du tramway des Arènes à Saint Orens
0 Le grand contournement
autoroutier et ferroviaire de Toulouse
0 Le projet Aerospace Campus à
Montaudran
0 Le transfert et l’agrandissement du Parc des Expositions à
l’extérieur de Toulouse
0 Le projet d’aménagement des berges de la Garonne
(actuellement laissées à l’abandon et aux squats)
0 Le projet de grand jardin
public sur l’île du Ramier
0 Le grand projet d’aménagement urbain à dominante
piétonne du centre-ville (secteur sauvegardé jusqu’à la gare Matabiau et la
Médiathèque)
0 Le site de mémoire vivante de l’Aéropostale à Montaudran
0
Le grand auditorium de musique pour l’orchestre du Capitole
0 Le projet
culturel et scientifique de la prison Saint-Michel
0 Le projet de
restructuration du quartier Matabiau en quartier d’affaires
0 La salle des
musiques actuelles sur l’emplacement du Théâtre des Nouveautés
0 Le théâtre
de plein air du Port Viguerie en contrebas de l’Hôtel Dieu
0 Le projet de
rénovation et de transformation de la Grave, avec grand hall d’expos et centre
de la danse
0 La rénovation de la “Maison Giscard” sur l’art de la terre
cuite toulousaine
0 L’espace Jean Dieauzaide (Lieu Z) à Saint-Cyprien
0 La
Maison des Cultures du Monde au Mirail
L'investissement
annuel de la ville a diminué de 35% de 2009 à 2010,
tandis que l'autofinancement diminuait de 20%, alors qu'explosait
l'endettement. 550 millions d'emprunt sont annoncés pour le
Grand Toulouse entre 2010-2014, alors qu'en 2008 la ville n'avait
aucune dette (30/11/2011).
Quelques faits historiques
toulousains. Sous l’Ancien régime, Toulouse était la
seule métropole régionale où ne résidait pas l’intendant, le Parlement local
s’étant opposé à son installation. Ce Parlement avait été fondé en 1444, le
deuxième après celui de Paris quant à sa date de création et quant à l'étendue
de son territoire (14 départements actuels). Il comptait une centaine de
magistrats.
Les membres du "Commun conseil" (créé au XIIe siècle) furent
désignés par le nom de "capitularii", qui fut par la suite déformé en capitouls,
siégeant au Capitole (qui est toujours le nom de l’hôtel de ville).
La première société par action du monde fut créée à Toulouse au
XIVe siècle pour exploiter le moulin du Bazacle sur la Garonne. Les parts
étaient des "uchaux". Ce moulin était d’une technique de pointe, qui resta
longtemps inégalée.
De l'activité ou de l'inactivité
des employés de la capitale. Un rapport de novembre 2009
de l'inspection générale des services de Paris relève que l'absentéisme
représente en moyenne 20 jours par agent et par an, s'ajoutant aux généreux
congés et aux RTT. Au total, un agent de la capitale travaille moins d'un jour
sur deux dans l'année. En 2001, la mairie de Paris comptait un peu moins de
20.000 agents. Ils sont passés à plus de 50.000 en 2009. Les dépenses de
personnel ont augmenté de 45,7 % depuis que M. Delanoë est maire !
La doctrine
sociale de l’Église. L’Église
s’intéresse concrètement aux hommes, dans le monde tel qu’il est, donc aux
questions économiques et sociales. A partir de
la fin du XIXe siècle, face à l’émergence de nouveaux courants
philosophiques (le libéralisme et le socialisme), et en présence de la
révolution industrielle ainsi que de l’apparition de nouvelles structures
économiques et politiques l’Église, qui « scrute les signes des temps », élabora
un considérable discours social, appelé « doctrine sociale ». Le point de départ
fut l’encyclique Rerum Novarum (des « choses nouvelles » sur la Condition
des ouvriers) de Léon XIII en 1891, qui fut suivie de nombreux autres textes,
dont Mater et Magistra (l’église Mère et éducatrice) de Jean XXIII en
1961 (insistant largement sur la justice) à Populorum progressio de Paul
VI en 1967 (sur le développement des peuples à la lumière du Concile de Vatican
II). Jean-Paul continua dans cette voie : Laborem exercens en 1981
(première encyclique sur le travail, magnifiant celui-ci et confirmant la
priorité du travail par rapport au capital), Sollicitudo rei socialis en
1987 (pour le 20e anniversaire de Populorum Progressio,
relevant que les « structures de péché » sont un obstacle majeur au
développement) et Centesimus annus en 1991 (une vision renouvelée et «
englobante » pour le centenaire de Rerum Novarum). Benoît XVI a complété
cet ensemble par son encyclique Caritate in veritate (l’amour dans la
vérité) en 2009, dans laquelle il élargit le domaine d’application de la vertu
de justice. Chacun de ces textes fut marquant à son époque, faisant prendre
conscience aux hommes de bonne volonté d’injustices, de violations de la dignité
de l’homme, voire de peuples. Certains entraînèrent des évolutions, par exemple
du droit du travail, ou un nouveau regard sur le développement. Tous s’efforcent
d’inspirer des attitudes justes dans le rapport aux biens terrestres et dans les
relations
socio-économiques.
« Experte
en humanité » (Paul VI), l’Église offre dans sa doctrine sociale un ensemble de
principes de réflexion, de critères de jugement et de directives d’action, tout
en laissant aux fidèles laïcs le choix des voies et moyens (et du reste l’Église
ne propose pas de modèle). La doctrine sociale de l’Église est une sagesse qui
actualise l’Évangile. Cet enseignement est à la fois en renouvellement
continuel (pour l’adapter aux changements des conditions historiques et des
événements) et d’une grande continuité, car son objectif et ses
fondements sont
immuables.
Son
objectif est le développement intégral de tous les êtres humains. Par
développement intégral, il faut entendre évidemment que chacun ait accès aux
soins et dispose des moyens de vivre décemment, mais aussi que chacun puisse
bénéficier d’une formation intellectuelle, morale et spirituelle.
Quant
aux fondements, ils peuvent être regroupés en cinq éléments. Les
voici:
La
dignité de la personne humaine, image de Dieu, libre et responsable, d’où
découle des droits et des devoirs.
L’objectif
fondamental que doivent poursuivre les divers acteurs de la vie économique et
sociale est le bien commun. et non pas l’intérêt particulier d’une
personne ou d’un petit groupe. Aujourd’hui, chaque catégorie sociale a tendance
à réclamer avec force, y compris au moyen de la grève, des avantages
particuliers, sans se préoccuper du bien commun. Le marché et l’entreprise ont
un caractère positif, de même que le profit, mais à condition que celui-ci ne
soit pas le seul
but.
Le
principe de solidarité, tant au sein des États qu’entre pays, impose aux
puissants et aux riches d’aider les faibles et les pauvres ; élément de justice,
puisque toutes les nations et tous les êtres humains sont égaux, la solidarité
est indispensable au développement. La solidarité s’étend aux générations
futures, en nous imposant de respecter l’intégrité de la création, œuvre de
Dieu, et donc de leur laisser une planète en bon état. La solidarité signifie «
se sentir tous responsable de tous
».
Selon la
subsidiarité, ni l’État ni aucune autre entité ne doivent jamais se
substituer à l’initiative des individus et des corps intermédiaires. Cela
signifie que chacun doit être laissé libre
d’accomplir ce qu’il est
capable de faire, par exemple la commune plutôt que la région, la région plutôt
que l’État.
Enfin, si la propriété est un droit naturel de l’homme, il
n’est pas absolu, étant tempéré par la recherche du bien commun, la solidarité
et la destination universelle des biens ; selon celle-ci, « la propriété
d’un bien fait de son détenteur un administrateur de la Providence pour le faire
fructifier et en communiquer les bienfaits à autrui, et d’abord à ses proches »
(Catéchisme de l’Église catholique, no 2404).
De
la solidarité dans la doctrine sociale de
l’Église. La solidarité demeure une question centrale
des nations, sur laquelle la doctrine sociale de l’Église, élément de la «
nouvelle évangélisation » tant prônée par Jean-Paul II, a toujours beaucoup
insisté. Au premier chef, la solidarité dans l’Église réunit, sous le nom de
communion, les vivants et les morts, les saints et les pécheurs. De manière plus
temporelle, la solidarité apparaît comme une partie de la vertu de justice
distributive. Alors que la justice commutative traite des obligations
juridiques de personne à personne (sous forme d’équivalence des biens échangés),
la justice distributive règle ce que, dans une recherche du bien commun
et en considérant la dignité égale de tous les hommes ainsi que de la
destination universelle des biens, la communauté doit aux citoyens,
proportionnellement à leurs contributions et à leurs besoins, que ce soit au
sein de la famille, d’une région, d’une nation ou, plus largement encore, entre
les pays. Relèvent de cette justice, au sein de notre pays, toutes les mesures
de redistribution, comme les allocations familiales, les aides au logement, le
RSA, etc. Et, dans les rapports internationaux, toutes les mesures
d’aides et d’assistance aux pays en voie de développement.
Jean-Paul
II avait montré (dans Laborem exercens en 1981) que le travail, étant
pour chacun un devoir et une nécessité, instaure une solidarité entre les
hommes, en visant le bien commun, et parce que chacun occupe une place
indispensable à l’ensemble, que ce soit au sein de l’entreprise mais aussi,
au-delà, des autres entreprises, des administrations et des diverses
collectivités. Dans des encycliques postérieures, dans le droit fil de
Populorum progressio de Paul VI (1967), ce Pontife exposa que cette
solidarité s’étend au plan international. Dans la recherche d’un monde meilleur
de justice et de paix, elle doit battre en brèche les fondements de l’injustice
et de la violence, non par la violence ou par la lutte des classes, mais par le
dialogue et la concertation. Et cette solidarité renouvelée doit désormais être
planétaire : le bien commun mondial appelle une nouvelle solidarité sans
frontière. Elle suppose des engagements concrets : le partage des techniques et
de la prospérité, le respect des Droits de l’homme, la prévention des conflits,
ainsi que le dialogue serein entre les civilisations et les religions.
L’objectif est d’allier l’humanisation à la
mondialisation.
Revenant
sur la doctrine sociale dans Caritate in veritate (l’amour dans la
vérité) en 2009, Benoît XVI englobe dans l’exigence de la solidarité de
nombreuses thématiques primordiales pour l’avenir de l’humanité, la primauté de
l’homme sur le capital, le profit et la finance, la dignité des travailleurs et
des immigrés, la gestion des ressources naturelles, la protection de
l’environnement, la responsabilité sociale des entreprises, la redistribution
mondiale des richesses, l’aide au développement, mais aussi le fait que la
technique doit rester la servante de l’homme et soumise au jugement moral. Cela
est particulièrement frappant en matière de bioéthique, où tout ce qui est
actuellement possible n’est pas moralement admissible, allant contre la nature
de l’homme. Enfin, selon le Souverain Pontife, le développement intégral doit
comprendre une croissance spirituelle, et pas seulement matérielle. « Il n’y a
pas de développement plénier et de bien commun universel sans bien spirituel et
moral des personnes considérées dans l’intégrité de leur âme et de leur corps
».
L’Église
insiste sur la capacité créatrice des hommes, libres et responsables, leur
capacité d’agir et de modifier le cours des choses. Nous sommes tous des
coopérateurs de Dieu, en continuant en quelque sorte la création du
monde, qui n’est pas achevée. Ainsi, face à la morosité et au pessimisme
ambiants, l’Église est optimiste et fait confiance aux êtres humains et surtout
à la jeunesse, qui est son avenir. Elle ne croit pas à la fatalité ; elle estime
que même les crises sont une occasion de remise en cause et de discernement,
permettant d’élaborer de nouveaux projets, permettant d’améliorer le
monde.
DES « PRIMAIRES » EN DEPIT DE LA
CONSTITUTION
Joël-Benoît
d’ONORIO
Professeur des
Universités
Passe
encore que les gens de gauche se gargarisent de leurs « primaires », belle
opération de propagande audiovisuelle infligée au pays « ad nauseam ».
Mais que la droite succombe aux supposées vertus de la formule est étonnant. Il
est déjà surprenant qu’aucune autorité de l’Etat n’ait soulevé l’objection
d’inconstitutionnalité à l’encontre de cette procédure. Le ministre de
l’Intérieur l’a certes implicitement signalée, le soir du « premier tour », mais
c’était bien tard. Et le Président de la République l’a subrepticement évoquée
ensuite, mais c’était bien peu.
Car, si
ces « primaires » sont effectivement contraires à l’esprit de la Ve République, elles sont aussi et surtout
contraires à la lettre même de notre Constitution dont l’article 3 proclame que
le suffrage « est toujours universel, égal et secret ». Or, en l’espèce,
il s’est agi d’un véritable vol de la démocratie, aggravé d’un viol de la
Constitution dans la mesure où le principe intangible du secret du vote a été
outrancièrement transgressé puisque, aussi bien en allant voter qu’en
s’abstenant, les citoyens ont été contraints de dévoiler leurs opinions
politiques. Nonobstant l’aval – purement technique et nullement constitutionnel
– de la CNIL, ce système est intrinsèquement pervers car, si chacun reste libre
d’afficher ses préférences en allant aux urnes, il en est résulté que ceux qui
n’en ont rien fait ont été néanmoins catalogués, à leur corps défendant, en
subissant un véritable « outing » politique !
On pourrait
rétorquer qu’on n’avait pas à respecter la Constitution à la lettre puisque ce
vote n’avait rien d’officiel. Mais raison de plus pour ne pas permettre un usage
privé des listes électorales! Or, c’est bien ce qui s’est passé en mobilisant
l’ensemble des Français pour régler une affaire interne à un parti incapable de
désigner tout seul son candidat à l’élection présidentielle. Pour ce faire, le
Parti socialiste – comme tout autre parti – avait certes le droit de choisir une
méthode à sa convenance (à pile ou face, à la courte paille, etc.) mais, s’il
tenait absolument à un vote, il eût fallu que ce fût uniquement à partir de ses
propres listes de militants et sympathisants, comme en 2007. D’ailleurs, le
recours au « suffrage universel » n’était même pas une garantie puisque, si on
en croit le nombre (invérifiable, si tant est qu’il soit simplement fiable…) de
votants et de membres du parti, le candidat des socialistes aura été choisi par
une écrasante majorité d’électeurs extérieurs au parti où, de surcroît, il
semblerait que se soit glissé un nombre non négligeable d’adversaires politiques
souhaitant favoriser un candidat moins dangereux pour leur propre favori lors de
la véritable élection de 2012… Il y aurait largement motif à frustration pour
les postulants éliminés qui pourraient légitimement se plaindre d’avoir été
victimes d’une conjuration d’infiltrés…
Toutes les
assurances sur le respect du secret du vote sont illusoires car, avant de
détruire les listes émargées, rien n’empêche d’y relever des noms significatifs
dans un sens ou dans l’autre. Désormais, les municipalités pourront savoir à
quoi s’en tenir sur les opinions de certains de leurs employés, collaborateurs
ou fournisseurs…
On a fait fi aussi de l’égalité et de l’universalité du
suffrage, ce qui est pour le moins paradoxal de la part d’un parti républicain
se disant de gauche mais qui, en exigeant un euro pour pouvoir
voter, a rétabli le suffrage censitaire… que l’on croyait pourtant
définitivement aboli en France depuis 1848 ! Mais que font les haut-parleurs des
droits de l’homme « opposés-à-toutes-les-discriminations » ?...
En outre,
quasiment personne n’a fustigé les appels à une « VIe République », c’est-à-dire à un
bouleversement des fondements mêmes de notre régime politique. Pourtant, ce
subtil équilibre constitutionnel dont le général de Gaulle a doté la France a
amplement fait la preuve de sa pertinence démocratique et de son efficacité
institutionnelle. Obsession d’un politicien infatué et sentencieux, cette idée
saugrenue a été en partie reprise par les deux finalistes socialistes, ce qui
montre que plus d’un demi-siècle n’a pas suffi à certains pour accepter et
comprendre la Ve République. En réalité, la pseudo « VIe République » n’est qu’un maquillage
grossier de la IVe dont les
nostalgiques ont fait des petits.
Cet
aspect du débat, totalement occulté, est bien plus important et déterminant pour
l’avenir de la France que le concept abscons et factice de « démondialisation »
sur lequel on a inutilement concentré les tirs. L’emballement fiévreux pour la
prétendue panacée des « primaires » a fait peu de cas des principes fondamentaux
de nos droits et libertés qui ont été enfreints dans une indifférence générale
et un silence déconcertant. Il est vrai que les Constitutions, elles, peuvent
être violées sans qu’elles crient.
Cet article a été
publié par Le Figaro du 16 octobre
2011
P.S. : Le titre officiel de
« Primaires citoyennes » est lui-même anticonstitutionnel puisque
« citoyen, citoyenne » sont des substantifs et non des adjectifs qui n’existent
pas tels quels en français où l’adjectif correspondant est « civique ». Or, la
Constitution dit que « La langue de la République est le
français »…
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